Addictions : Définitions et Généralités

Psy
Fiche réalisée selon le plan MGS
Items ECNi 73, ECNi 74, ECNi 76, ECNi 77


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Sommaire

1) Généralité 1

  • Définitions

Addiction« Processus par lequel un comportement, pouvant permettre à la fois une production de plaisir et d’écarter ou d’atténuer un malaise interne, est employé d’une façon caractérisée par l’impossibilité répétée de contrôler ce comportement et sa poursuite en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives »

Non usage : Absence de consommation de substances psychoactives.

Usage simpleConsommation usuelle d’une substance sans caractère pathologique. Il est modulable en fonction de l’environnement, des besoins ou envies, des effets négatifs, de la disponibilité de la substance. L’usage simple est définit uniquement pour l’alcool.

Mésusage : Consommation exposant à des risques (usage à risque) et/ou des dommages (usage nocif) et/ou une dépendance. Tout usage de substance psychoactive (sauf alcool et médicament) est un mésusage.

> Usage à risque : Le niveau de consommation expose à des risques de complications aiguës ou chroniques, lesquelles ne sont pas encore présentes (elles ne le seront peut-être jamais).
⇒ L’usage à risque correspond à un facteur de risque plus qu’à un trouble, ce n’est pas un diagnostic CIM-10 contrairement aux deux autres mésusages.

> Usage nocif : Consommation répétée à l’origine de dommages sociaux ou médicaux  pour le sujet ou son entourage.

> Dépendance : Impossibilité de s’abstenir de consommer (perte de contrôle). 

  • Types d’addiction

 Addictions liées à l’usage de substances psychoactives :
Tabac
Alcool
– Drogues : cocaine, cannabis, opiacés, amphétamine, kétamine, GHB/GHL, cathinone, substances hallucinogènes
– Médicaments psychotropes
– Dopage

Addictions comportementales :
Jeu pathologique
Achats compulsifs
Addiction sexuelle
Addiction aux jeux vidéo sur internet
Addiction à l’exercice physique

Note :  Les troubles du comportement alimentaire peuvent être considérés comme des addictions comportementales.

2) Diagnostic 1

  • Symptômes communs

De manière générale, on retrouve 2 groupes de symptômes participant à tout trouble addictif, auxquels s’ajoutent des symptômes pharmacologiques propres aux troubles liés à l’usage de substances.

Symptômes comportementaux :
– Perte de contrôle progressive
– Impossibilité croissante d’arrêter/ de réduire le comportement
– Envie irrépressible de répéter le comportement (craving)

Répercussions sociales et/ou médicales :
– Social : isolement, marginalisation, stigmatisation, perte d’emploi, séparation, problèmes financiers etc.
– Médical : Selon le trouble.

Symptômes pharmacologiques : (uniquement dans les troubles liés à l’usage de substances)
– Tolérance : Perte d’effets à même dose et nécessité d’augmenter les doses pour obtenir le même effet.
– Sevrage : Selon la classe pharmacologique.

  • Critères diagnostics

Le diagnostic est posé selon des critères précis. Il existe 3 différents cadres nosologiques utilisés par le collège de Psychiatrie :
– les critères d’Aviel Goodman : utilisé pour définir les achats compulsifs et les addictions sexuelles, aux jeux vidéo sur internet et à l’exercice physique
– le CIM-10 : utilisé pour définir la dépendance aux substances psychoactives
– le DSM-5 : utilisé pour définir le jeu pathologique

Critères d’Aviel Goodman :

Aviel Goodman a proposé des critères diagnostiques généraux concernant les addictions (1990). Il faut réunir durablement (pendant ≥ 1 mois ou de façon répété pendant une longue période) les 4 critères principaux (A, B, C, D) et 5 des 9 critères secondaires (E)

A. Impossibilité de résister à l’impulsion de s’engager dans le comportement ;
B. Tension croissante avant d’initier le comportement ;
C. Plaisir ou soulagement au moment de l’action ;
D. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement ;
E. Critères secondaire (≥ 5/9)
– Préoccupation fréquente pour le comportement ou l’activité qui prépare à celui-ci ;
– Engagement plus intense ou plus long que prévu dans ce comportement ;
– Efforts répétés pour réduire ou arrêter ;
– Temps considérable passé à réaliser ce comportement ;
– Réduction des activités sociales, professionnelles, familiales du fait du comportement ;
– L’engagement dans ce comportement empêche de remplir des obligations sociales, familiales, professionnelles ;
– Poursuite malgré les problèmes sociaux ;
– Tolérance marquée ;
– Agitation ou irritabilité s’il est impossible de mettre en œuvre ou de réduire le comportement.

 

Critère de dépendance à une substance psychoactive CIM-10 2 :

Le diagnostic est retenu si ≥ 3 critères CIM-10 sont présents simultanément au cours de la dernière année (dans le cas de l’addiction au tabac, il faut 3 critères simultanés durant ≥ 1 mois, cf. fiche addiction au tabac)

1- Désir puissant ou compulsif d’utiliser une substance psychoactive ;
2- Difficulté à contrôler l’utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation ou niveaux d’utilisation) ;
3- Syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête la consommation d’une substance psychoactive, comme en témoigne la survenue d’un syndrome de sevrage caractéristique de la substance ou l’utilisation de la même substance (ou d’une substance apparentée) pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage ;
4- Mise en évidence d’une tolérance aux effets de la substance psychoactive : le sujet a besoin d’une quantité plus importante de la substance pour obtenir l’effet désiré ;
5- Abandon progressif d’autres sources de plaisir et d’intérêt au profit de l’utilisation de la substance psychoactive, et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer, ou récupérer de ses effets ;
6- Poursuite de  la consommation de la substance malgré la survenue des conséquences manifestement nocive. On doit s’efforcer de préciser si le sujet était au courant, ou s’il aurait dû être au courant, de la nature et de la gravité des conséquences nocives.

Critères DSM-5 pour le jeu pathologique => cf. fiche « jeu pathologique »

3) PEC 1

A) Objectifs

3 principes :
laisser au maximum le sujet fixer lui-même ses objectifs (afin de maintenir au maximum le lien thérapeutique avec lui)
– atteindre un arrêt durable du mésusage, soit un non-usage (terme à préférer à « abstinence », connoté moralement) ou un usage simple pour l’alcool.
– la réduction partielle de consommation (stratégie qui vise à réduire les dommages médicaux et sociaux d’un mésusage), constitue une étape dans le parcours de soins du patient.

B ) Structures de prévention :

 En milieu scolaire, professionnel, festif etc.

CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) : équipes pluridisciplinaires, PEC des troubles liés à l’usage de substances et des addictions comportementales.
CAARUD (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues): PEC des troubles liés aux substances illicites
CJC (Consultations jeunes consommateurs) : PEC des mineurs ou jeunes adultes majeurs pour les troubles liés à l’usage de substance ou des addictions comportementales

C ) Structures de PEC hospitalière :

– Consultations d’addictologie
– ELSA (Equipes hospitalières de liaison et de soins en addictologie)
– Structures d’hospitalisation de niveau I, II ou III
– SSRA (Soins de suite et de réadaptation addictologique)

Structures de proximité (niveau I) Structures de recours (niveau II) Structures hospitalo-universitaires (niveau III)
Possibilité de sevrages simples

Consultation addictologie + ELSA ± lits d’hospitalisation

Possibilité de sevrages et soins résidentiels complexes

Consultation addictologie + ELSA + HDJ et hospitalisation résidentielle

Centre régional de ressources et de formation, lieu de recherche

 

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