Classification et diagnostic des troubles mentaux

Psychiatrie
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item ECNi 59


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Sources

I) Classification des troubles mentaux 1

La nosographie psychiatrique distingue les troubles mentaux suivant :

 

Catégorie Sous-catégorie
Troubles de la personnalité Psychotiques : paranoïaque, schizoïde, schizotypique
Emotionnelles : antisociale, borderline, histrionique, narcissique
Anxieuses : évitante, dépendante, obsessionnelle-compulsive
Troubles du neurodéveloppement Troubles du spectre de l’autisme
TDAH et apparentés
Troubles des acquisitions (communication, coordinations motrices) et des apprentissages (dyslexie, dyscalculie)
Troubles du développement intellectuel
Troubles psychotiques (altération du contact à la réalité) Schizophrénie et formes limites 1,5%
Trouble délirant persistant
Troubles de l’humeur (perturbation de l’humeur avec modifications cognitives et physiologiques) Trouble bipolaire 1,5%
Trouble dépressif caractérisé 10%
Troubles anxieux (anxiété excessive et perturbations comportementales associées) Trouble anxieux généralisé 8%
Trouble panique et agoraphobie
Troubles phobiques 15%
Trouble stress post-traumatique (TSPT)
Trouble de l’adaptation
TOC et apparentés Trouble obsessionnel compulsif (TOC)
Troubles somatomorphes (signes physiques prédominants avec détresse ou handicap significatif) Trouble de somatisation
Trouble de conversion
Trouble douloureux
Hypochondrie
Dysmorphophobies
Troubles dissociatifs (perturbation / discontinuité dans l’intégration de la conscience, mémoire, identité, émotions, perception, représentation du corps, contrôle moteur et du comportement) Dépersonnalisation, déréalisation
Amnésies dissociatives avec ou sans fugue
Addictions Troubles liés à l’usage d’une substance :
– Alcool 10%
– Amphétamines
– Cannabis
– Cathinones
– Cocaïne
– GHB / GHL
– Hallucinogènes
– Kétamine
– Médicaments
– Opiacés
– Tabac
Addictions comportementales :
– Achats compulsifs
– Addiction à l’exercice physique
– Addiction aux jeux vidéo sur internet
– Addiction sexuelle
– Jeu pathologique

X% : prévalence des troubles mentaux. Au total , la prévalence est de 30% (vie entière)

Remarque : il existe 2 grands systèmes nosographiques :
– CIM-10 (OMS), utilisé pour la cotation des actes hospitaliers
– DSM-V (APA), référence en recherche psychiatrique

II) Diagnostic 1

A ) Domaine de l’examen clinique psychiatrique

  • Présentation

– Apparence : allure extravagante, incurie
– Mimique : hyper, hypo, a, dysmimique
– Activité psychomotrice : excessive, diminuée, inadaptée

  • Langage et pensée

– Dynamique : logorrhée, tachyphémie-psychie / bradyphémie-psychie, mutisme
– Forme : atteinte phonétique, lexicale ou syntaxique, incohérences, diffluence, discontinuités
– Contenu : idées délirantes, phobiques ou suicidaires, obsessions, réviviscences…

  • Perception

– Hallucinations : intrapsychiques (perte de l’intimité) ou sensorielles
– Illusions = perceptions sensorielles déformées
– Augmentation / diminution de la perception sensorielle
– Déréalisation, dépersonnalisation

  • Attention et mémoire

– Attention diminuée (hypoprosexie, distractibilité) ou augmentée (hyperprosexie, hypervigilance)
– Mémoire épisodique : amnénie, paramnésie
– Mémoire de travail : oubli, erreur, perte

  • Affectivité

– Emotions : intensifiées, diminuées, discordantes, anhédonie
– Humeur : hyper, hypo, athymie, labilité, athymhormie (= athymie + aboulie)

  • Fonctions psychologiques

– Sommeil : insomnie, hypersomnolence, cauchemars, suffocations nocturnes, somnambulisme
– Alimentation : anorexie, hyperphagie
– Sexualité : baisse ou augmentation du désir / de l’excitation
– Signes neurovégétatifs sympathiques

  • Comportement

– Personnel : évitement et compulsions, suicidaire
– Interpersonnel : inhibé (clinophilie, asocialité), désinhibé (ludisme, impulsivité), inadapté

  • Jugement et conscience du trouble

– Logique inappropriée (jusqu’au rationalisme morbide), indécision
– Insight = conscience de la maladie (= gnosie 0)

Bilan de l’examen clinique 0 : en Allemagne, l’examen aboutit à un résultat structuré comportant systématiquement les notions suivantes :
1 – vigilance : quantitative (éveillé, comateux…) et qualitative (confus,..)
2 – Orientation : temporelle, spatial, au situation et à sa personne
3 – Affectivité : Emotion et humeur
4 – Dynamique motrice : quantitative et qualitative
5 – Pensée : forme et contenu
6 – Perception : quantitative et qualitative
7 – Fonction cognitive : mémoire épisodique, mémoire de travail et attention
8 – Capacité de jugement
9 – Risque suicidaire

B ) Diagnostic du trouble mental

4 critères sont indispensables pour diagnostiquer un trouble mental :
– critères sémiologique : signes regroupés en syndrome
– critères d’évolution temporelle (rupture ou critère de durée)
– critères fonctionnels : répercussion psychologique et/ou social
– élimination d’un diagnostic différentiel (psychiatrique ou non psychiatrique)

Note :
– un syndrome psychiatrique n’implique donc pas systématiquement un trouble mental (par exemple syndrome dépressif sur maladie de Parkinson).
– un trouble mental est donc responsable d’un handicap physique (mais pas mental)

Le diagnostic est assortie d’une délimitation en 4 étapes :
– Catégorie nosographique. Ex : trouble psychotique
– Type de trouble dans la catégorie. Ex : trouble schizophrénique
– ± Sous-type de trouble (forme clinique). Ex : trouble schizophrénique de type paranoïde
– Recherche de comorbidités (psychiatrique ou non)

Outil utilisable pour le diagnostic : Le MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview) : entretien structuré, débutant par des items de dépistage et complété par des items de diagnostic si un dépistage est positif. Les items correspondent aux grandes catégories de troubles psychiatriques (sauf les troubles somatomorphes et dissociatifs)

 

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