Crise fébrile

NeuroPédiatrie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 341 et ECNi 103


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Sommaire

1) Généralité 1A

Déf 1B : la crise  fébrile (ou crise convulsive hyperthermiques CCH ou convulsion fébrile1A) correspond à l’apparition occasionnelle de clonies lors d’épisode fébrile chez le jeune enfant (6 mois à 5 ans) ayant un développement psychomoteur normal et en dehors de toute atteinte du SNC (infectieuse ou autre).

Physiopathologie : le phénomène est lié à une susceptibilité génétique âge-dépendante à la fièvre. Toute convulsion n’est pas forcément épileptique, mais l’évolution vers une maladie épileptique est possible.

Epidémiologie 1B : les crises fébriles concernent 2-5% des enfants, le plus souvent âgés de 1 à 3 ans

Etiologies
– fièvre virale (95 %)
– autre cause de fièvre de l’enfant 0

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
CF simple : crise tonico-clonique au décours d’une fièvre
CF complexe : durée > 15 min, âge < 1 an, convulsions asymétriques ou répétition rapprochée de l’épisode, déficit post-critique

A ) Clinique

Anamnèse 
– ± ATCD familiaux
– Typiquement dans les 24h après l’installation de la fièvre, lors de l’acmé ou de la défervescence thermique

Examen physique

> Convulsions fébriles « simples »

Crises bilatérales, cloniques ou tonicocloniques 1A, voire tonique pure ou atonique 1B, durant < 15 minutes
Pas de répétition au cours d’un même épisode fébrile
Pas de signe de localisation critique ou post-critique

> Convulsions fébriles « compliqués » (ou « complexes »1B)

On parle de convulsion fébrile compliquée lorsqu’il existe un critère de gravité, parmi les suivants :
– Age < 1 an (souvent ATCD familiaux d’épilepsie)
– Convulsions asymétriques ou unilatérales (à début localisé 1B)
– Durée ≥ 15 minutes (ou > 1 épisode en 24h 1B)
– En salves au cours d’un même épisode
– Avec déficit post-critique d’intensité variable
– Avec ATCD neurologique ou examen neuro anormal 1B

B ) Paraclinique

Le diagnostic de convulsion fébrile est purement clinique 0

C ) Diagnostics différentiels 1B

Infection neuro-méningée +++ ou autre cause pédiatrique de convulsion

Frissons : secousses moins amples et rapides en cas d’ascension thermique ou de décharge bactérienne

Trémulations : tremblements fins des extrémités disparaissant à l’immobilisation forcée

Myoclonies du sommeil : survenant à l’endormissement

Spasmes du sanglot : séquence pleurs / apnée / cyanose en cas de frustration, de colère ou de peur, généralement entre 6 mois et 3 ans (rare après 5 ans)

Syncopes vagales convulsivantes : perte de connaissance puis secousses des 4 membres au décours d’un traumatisme ou d’une contrariété

Mouvements anormaux (d’origine médicamenteuse ++)

Autres malaises : changement de teint brusque avec rupture de contact et hypotonie, sans mouvements anormaux

3) Evolution 1A

Durée de la crise : variable, on ne parle de crise complexe qu’après 15 minutes mais la crise a déjà plus de chances de durer que de s’arrêter spontanément après 5 minutes, et une durée > 10 minutes est considérée comme un FdR de crise prolongée1B. Le risque de développer ultérieurement une épilepsie de la face interne du lobe temporal serait directement corrélé à la durée de la convulsion fébrile1A.

Risque de récidive de la crise fébrile 1B  : après une 1ère crise est de 20-30%. Il dépend des FdR suivants :
– Première crise fébrile avant 15 mois
– ATCD familial au premier degré
– Fièvre < 38.5°C lors de la première crise
– Crise précoce dans l’histoire de la maladie fébrile
=> 0 FdR : 10%, 1 FdR : 25%, 2 FdR : 50%, 3 FdR : 80% 

Risque d’évolution vers une maladie épileptique : variable
– 2,4% dans les crises fébriles simples
– Jusqu’à 50 % en présence de crise fébrile complexe avec nombreux critères de gravité
– L’existence d’un retard psychomoteur est aussi corrélé à un plus grande fréquence d’évolution en épilepsie 1B

4) PEC 1A

A ) Bilan

Aucun bilan n’est nécessaire dans les formes simples.

La présence d’un seul critère de gravité impose un bilan neurologique 1B
EEG : au plus tard dans la semaine suivant la crise
Ponction lombaire : systématique avant 6 mois ou en cas de crise >15min, focale ou avec déficit post-critique.
Examen neuroradiologique (TDM cérébral) : en l’absence d’amélioration des troubles de la conscience ou du déficit neurologique en 30 minutes
± Bilan biologique (systématique avant 6 mois, si point d’appel après) : ionogramme avrec calcémie, glycémie, NFS-plaquettes (notamment si déshydratation, diarrhée glairo-sanglante, diabète…)

B ) Traitement

L’administration d’antipyrétiques en cas de fièvre ≥ 38°C est la principale mesure préventive.

Un traitement anti-épileptique est indiqué
– Forme simple : ssi 3 épisodes
– Forme complexe : traitement prolongé au moins 2 ans après la dernière crise
– Convulsion fébrile prolongée : diazepam intrarectal (0,5 mg/kg)

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2 réflexions au sujet de « Crise fébrile »

  1. Attention : le CEN mentionne l’action préventive des antipyrétiques (ce qui semble logique). Mais le CNPU précise (chapitre Fièvre aiguë) que l’objectif du traitement ne doit pas être la prévention des crises fébriles.

    Le mémo HAS sur la fièvre de l’enfant (2016) est également très explicite : « Il n’existe aucun traitement préventif des convulsions fébriles ». Source : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016-10/fiche_memo_-_prise_en_charge_de_la_fievre_chez_lenfant.pdf

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