Infection urinaire (IU) masculine et prostatite

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InfectieuxUrologie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 157


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Sommaire

1) Généralité 1A

Définitions :

IU masculine : inflammation symptomatique de la muqueuse urétrale/vésicale (on ne parle pas de cystite chez l’homme).

Prostatite : inflammation du parenchyme prostatique. Toute IU masculine est considérée comme présentant une prostatite associée, sauf de rares cas où un test invasif élimine formellement la prostatite.

Note : seuls les aspects spécifiques des IU masculines sont développés dans cette fiche, voir IU chez la femme hors-grossesse pour les généralités. Un tableau récapitulatif de PEC est disponible à cette adresse.

Epidémiologie : 20 à 50% des hommes connaîtront un épisode d’IU au cours de leur vie. La pathologie prostatique augmente la fréquence des IU masculines après 50 ans.

2) Diagnostic 1A

Clinico-biologique Paraclinique
Fièvre + signes urinaires BU + ECBU

A ) Clinique

Anamnèse : rechercher une uropathie sous-jacente +++
– Fièvre élevée, sueurs et frissons
– Pollakiurie
– Dysurie, brûlures mictionnelles
– Douleurs pelviennes indépendantes de la miction

Examen physique : le toucher rectal retrouve souvent une grosse prostate, régulière et très douloureuse.

Note : les formes atypiques / paucisymptomatiques sont fréquentes, penser à rechercher une IU devant toute fièvre inexpliquée chez l’homme, même jeune.

B ) Paraclinique

BU + ECBU systématiques

± Hémocultures ssi fièvre

3) Evolution 1A

Rétention aiguë d’urine (RAU) : à rechercher cliniquement de façon systématique !

Prostatite chronique : poussées subaiguës, fibrose et nodules prostatiques pouvant compliquer la pénétration des antibiotiques.

Abcès prostatique généralement régressif sous ATBthérapie adaptée

Epididymite, orchyépididymite

Sepsis / choc septique

4) PEC 1A

A ) Bilan

Critères d’hospitalisation (idem PNA + RAU et immunodépression)
– Forme grave (sepsis/choc septique et indication de drainage hors sondage simple)
– Forme hyperalgique
– Décompensation de comorbidité
– Doute diagnostique
– Difficultés de traitement par voie orale, d’observance, précarité
– RAU
– Immunodépression profonde

Indications à l’échographie des voies urinaires en urgence (< 24h)
– Douleur lombaire
– Suspicion de RAU
– ATCD de lithiase urinaire
– Sepsis

Bilan étiologique à la recherche d’une uropathie sous-jacente dès le 2e épisode, ou si une anomalie des voies urinaires est suspectée (notamment après 50 ans)
– Echographie avec mesure du résidu post-mictionnel
– Consultation d’urologie
– ± débitmétrie

B ) Traitement

  • Mesures générales

Cf. IU chez la femme (antalgiques, hydratation…)

  • ATBthérapie

Différée et adaptée à l’ATBgramme si possible, une ATBthérapie probabiliste sera introduite (indépendamment des critères d’hospitalisation) dans ces situations :

Situation ATB probabiliste
Forme à risque (fièvre, mauvaise tolérance des SFU, RAU ou immunodépression) Idem PNA à risque
(FQ ou C3G)
Forme sévère (sepsis / choc septique, indication au drainage) Idem PNA grave
(C3G + aminoside) ou carbapénème + aminoside si FdR d’EBLSE

* FdR de PNA grave à EBLSE (E. Coli producteur de β-lactamase à spectre étendu)
– {Sepsis ou indication de drainage} + {colonisation ou IU à EBLSE dans les 6 mois}
– OU Choc septique + 1 parmi
.ATCD de colonisation ou IU à EBLSE dans les 6 mois
.ATCD de traitement par pénicilline + inhibiteur / C2G / C3G / FQ dans les 6 mois
.ATCD d’hospitalisation dans les 3 mois
.Voyage récent en zone d’endémie EBLSE
.Vie en établissement

Une fois la sensibilité du germe documentée, on privilégie les antibiotiques qui ont une bonne diffusion prostatique, les fluoroquinolones 1ère intention ou le cotrimoxazole. Viennent ensuite l’amoxicilline et les C3G parentérales, un avis spécialisé peut être utile à ce stade.

La durée de traitement est de 14j (21j à discuter en cas d’uropathie ou d’immunodépression profonde, pour une molécule autre que les FQ ou le cotrimoxazole)

ATB adaptée en cas d’infection à EBLSE : par ordre de préférence
– FQ
– Cotrimoxazole
– Augmentin ou Pipéra-raxo ou C3G
– Témocilline ou céfoxitine ou aminoside
– Ertapénème

  • PEC des complications

RAU : drainage des urines +++ (sondage urétral, cathétérisme sus-pubien) et α-bloquants en symptomatique

Abcès prostatique : discuter le drainage chirurgical en cas d’évolution défavorable malgré une ATBthérapie adaptée

C ) Suivi

Réévaluation clinique à J3 et adaptation du traitement à l’ATBgramme

Si évolution défavorable à 72h de traitement (persistance de la fièvre, apparition de signes de gravité), ECBU + imagerie (IRM prostatique ou échographie endorectale hors de la phase aiguë, uroscanner plus sensible pour une lésion non-prostatique)

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Une réflexion au sujet de « Infection urinaire (IU) masculine et prostatite »

  1. Une revue systématique de littérature sur le sujet vient d’être publiée sur Cochrane :
    Interventions non pharmacologiques pour le traitement de la prostatite chronique/du syndrome douloureux pelvien chronique
    Conclusion des auteurs :
    « Certaines de ces interventions peuvent réduire les symptômes de prostatite pour un nombre non négligeable de patients sans incidence accrue d’événements indésirables. Les qualité des preuves était généralement faible.[…]« 

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