Jeu pathologique

Psy
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 77


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Sommaire

1) Généralité 1

Déf : Le jeu pathologique ou jeu d’argent pathologique est une addiction comportementale où le sujet use des jeux de hasard et d’argent (JHA) de façon incontrôlée, en connaissance des effets néfastes de ce comportement.

Physiopathologie : La physiopathologie est la même pour tous les types d’addictions comportementales. (Cf. Fiche addiction aux jeux vidéo sur internet)

Epidémiologie : donnés françaises,
– 3/4 des 15-75 ans ont déjà joué à un JHA, 1ère expérience le plus souvent entre 18 et 30 ans
– 0,8% des dépenses annuelles des ménages
– Jeux de loterie « en dur » > jeux en ligne (poker, paris sportifs)

Facteurs de risques : Les facteurs de risques sont identiques pour les différents types d’addictions comportementales. (Cf. Fiche addiction aux jeux vidéo sur internet)

2) Diagnostic

Le diagnostic d’addiction repose sur les critères DSM-5. 

Clinique Paraclinique
Interrogatoire

A ) Clinique

Comme pour toute addiction, on retrouve :
– des symptômes comportementaux
– une répercussion sociale et/ou médical

Critères du jeu pathologique DSM-5 :

Critères diagnostiques :
A) Présence de ≥ 4 des 9 critères suivants sur une période de 12 mois
1. Besoins de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteinte l’état d’excitation désiré
2. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction / d’arrêt
3. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu
4. Préoccupation par le jeu (remémoration d’expériences passées, prévision des prochaines tentatives, problèmes financiers)
5. Joue pour échapper aux difficultés ou soulager une humeur dysphorique (impuissance, culpabilité, anxiété, dépression)
6. Après avoir perdu de l’argent, retourne souvent jouer pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »)
7. Ment pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu
8. Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi, des possibilités d’étude ou de carrière pour le jeu
9. Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu
B) La pratique du jeu n’est pas expliquée par un épisode maniaque

Interprétation : jeu pathologique,
– Léger : 4 ou 5 critères
– Modéré : 6 ou 7 critères
– Sévère : 8 ou 9 critères

B ) Paraclinique 1

Pas d’examen paraclinique nécessaire au diagnostic positif.

C ) Diagnostic différentiel

– Pratique simple de JHA, jeu social / récréatif voire jeu professionnel (poker)
– Jeu excessif survenant uniquement lors d’un épisode maniaque ou hypomaniaque
– Troubles cognitifs type dysexécutif

3) Evolution 1

  • Description du parcours du joueur typique en 3 phases (Custer, 1984) :

1Phase de gain : jeu agréable et rentable (± « big win » initial = gros gain)
2-Phase de perte : auquel le joueur répond par un « chasing » = tentative de “se refaire” ; apparition des conséquences négatives financières en particulier
3-Phase de désespoir : fort risque d’épisode dépressif / risque suicidaire

  • Critères de rémission selon le DSM-5 :

– Début de rémission : critères absents depuis 3 à 12 mois
– Rémission prolongée / persistante : critères absents depuis ≥ 12 mois

4) PEC 1

A ) Bilan

Bilan de la dépendance : histoire, parcours de soins, co-dépendances

Bilan des complications psychiatriques ou non (en particulier évaluation systématique du risque suicidaire qui peut être élevé même sans épisode dépressif caractérisé)

B ) Traitement

1 joueur pathologique sur 5 serait demandeur de soins. Les soins restent difficilement suivis, avec un taux d’abandon élevé (15 à 50%). La PEC est multidimensionnelle (bio-psycho-sociale)

  • Objectifs :

– Arrêt total de tout comportement de jeu,
– Retour durable à une pratique contrôlée de jeu
– laisser le choix de son objectif au patient (jeu contrôlé ou absence totale de jeu)

  • Principes de prise en charge :

Psychothérapie : entretiens motivationnels et TCC, associations

Pharmacothérapie : pas de médicament avec AMM dans cette indication, mais certaines molécules réduiraient significativement les symptômes (niveau de preuve faible)

Accompagnement social :
– Accompagnement bancaire (plafonner les paiements en bars-tabac, plafonds hebdomadaires…)
– Mesures d’interdiction de jeu : démarche volontaire auprès des opérateurs de jeu (temporaire ou définitive) ou du ministère de l’intérieur
– Mesures de protection des biens : sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle
⇒ PEC des comorbidités psychiatriques ou non, et accompagnement de l’entourage

C ) Prévention

Prévention primaire :  Information et éducation des joueurs. Ces principes de prévention doivent idéalement impliquer les responsables de casinos, salles de jeux, ou sites de jeux en ligne.

Prévention secondaire : Formation de personnel spécialisé (psychologues) ou non spécialisé (croupiers, personnel de salle…) pouvant repérer directement les individus ayant des comportements évocateurs de jeu d’argent pathologique

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