Maladie des griffes du chat

Infectiologie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 169


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Sommaire

1) Généralité  1A

Déf : Zoonose due à un bacille gram négatif : Bartonella henselae. La maladie des griffes du chat est encore appelée Bartonellose à Bartonella henselae ou encore lymphogranulomatose bénigne d’inoculation.

Physiopathologie 0La bactérie est souvent localisée au niveau des macrophages dans les ganglions lymphatiques. L’adénopathie est donc le siège d’une réaction inflammatoire avec granulome épithélioïde sans nécrose caséeuse 1. L’existence d’une bactériémie justifie la recherche d’une localisation au niveau de l’endocarde (chez patient avec valvulopathie++)

Transmission : Le vecteur de transmission est une puce ! La contamination se fait :
– par la griffure ou la morsure d’un chat contaminé
– par la piqûre d’une puce

Epidémiologie 2 : données françaises,
– Prévalence : 6,6 (1,8 – 9,3) cas / 100.000 habitants
– Pic d’incidence : 30-50 ans 2 / concerne l’enfant dans 80% des cas 1B
– 75% des cas surviennent en période froide
– Sex-Ratio Homme/Femme : 3/2

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Adénopathies
± Lésion primaire d’inoculation
Sérologie

A ) Clinique

  • Anamnèse

Notion de contage avec des chatons ++
Notion de piqure de puces, morsure ou griffure de chat 
Incubation 
2-3 semaines

  • Examen physique

Forme typique : 90% des cas (enfants et adultes jeunes ++)
– Adénopathie : unique ou multiples (unilatérale, cervicale ou axillaire > épitrochléenne ou inguinale) ferme, mobile, inflammatoire, souvent douloureuse, parfois en voie de fistulisation
– Lésion primaire d’inoculation dans le territoire drainé par l’adénopathie (50% des cas) : papule rouge indolore évoluant en vésicule et/ou pustule puis croûte régressive 1B
– Signes généraux (50%)fébricule, asthénie, céphalées, douleurs abdominales…

Formes atypiques

Endocardite à hémoculture négative (en cas de valvulopathie)

Forme ophtalmique 1B (10%, enfants ++ 1A)
– Syndrome oculoglandulaire de Parinaud : conjonctivite unilatérale non purulente, douloureuse avec chémosis et oedème palpébral + ADP prétragienne
– Rétinite

Formes hématologiques 1B : anémie hémolytique, purpura thrombopénique

Formes tumorales 1B : masse parotidienne ou mammaire

Formes hépatospléniques 1B : petites zones hypoéchogènes à l’écho abdo

Autres formes 0
– Neurologiques : encéphalite, myélite, paralysie faciale, neuropathies périphériques
– Ostéo-articulaires : ostéolyse vertébrale en particulier, arthralgie, arthrite
– Dermatologiques : érythème noueux, rash maculeux / maculopapuleux, urticaire

B ) Paraclinique

Sérologie (systématique) en première intention (mais > 20% de faux négatifs)

En cas de séro négative et de doute diagnostique, PCR sur biopsie/exérèse ganglionnaire (ou sur prélèvement sanguin en cas de suspicion d’endocardite), voire culture sur ces prélèvements.

3) Evolution 2

Bon pronostic chez les immunocompétents avec une résolution spontanée dans 90% des cas.

4) PEC 1A

A ) Traitement

Antibiothérapie : Azithromycine pendant 5 jours (rifampicine ou doxycycline 2e intention 1B)
« Chez l’immunocompétent, l’intérêt d’une antibiothérapie est discuté, car l’évolution est spontanément favorable » 1A

PEC chirurgicale : suppuration du pus voire exérèse ganglionnaire

B ) Prévention 0

Prévention primaire 
– Traitement du chat infecté par les puces
– Eviction des contacts avec les chats chez l’immunodéprimé

Prévention secondaire 
– PEC précoce de la maladie.

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