Syndrome de Lynch

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Oncologie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi x


Dernières mises à jour
Fév. 2019 : création de la fiche (Vincent)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CDU-HGE 4e édition 2018 – item 298 (référentiel des enseignants d’HGE – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2015)
2 : Principales recommandations de PEC des patients porteurs d’une mutation d’un gène MMR (INCa, 2009)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) PEC

1) Généralité 1A

Déf : le syndrome de Lynch, ou syndrome HNPCC (hereditary non-polyposis colorectal cancer), est une affection génétique touchant l’un des gènes du système MMR (mismatch repair), à l’origine de formes familiales de cancers, et notamment 3% des cancers colo-rectaux.

Physiopathologie : il existe initialement une mutation constitutionnelle sur un allèle d’un des gènes du système MMR impliqué dans la correction des mésappariements de l’ADN (MLH1, MSH2, plus rarement PMS2 et MSH6), de transmission autosomique dominante.

La survenue d’un événement somatique sur le second allèle du gène conduit à une instabilité génétique au niveau des microsatellites (= phénotype MSI, microsatellite instability), générant des mutations sur l’ensemble du génome et favorisant la transformation maligne de la cellule.

2) Diagnostic 1A

Clinique / Paraclinique
Critères de Bethesda (clinique + phénotype MSI)
Confirmation génétique : mutation constit. gène MMR

A ) Clinique

  • Spectre tumoral du syndrome de Lynch

On distingue le spectre étroit (atteintes les plus fréquentes) et le spectre large (variétés plus rares associées). Le diagnostic de ces affections est développé dans des fiches spécifiques.

Spectre étroit du syndrome de Lynch
Cancer colorectal : risque cumulé de 40-70% chez l’homme, 20-50% chez la femme ; fréquemment développé à partir de petits adénomes plans ou de polypes festonnés, principalement du côlon droit
Cancer de l’endomètre : risque cumulé de 40%
– Cancer des voies urinaires supérieures
– Cancer de l’intestin grêle

Spectre large du syndrome de Lynch
Cancer de l’estomac
Cancer des voies biliaires (cholangiocarcinome ++)
Cancer ovarien (endométrioïde ++)
Glioblastome
– Tumeurs cutanées : adénome sébacé, kératoacanthomes (bénignes), carcinome sébacé (maligne)

  • Critères pour suspecter un HNPCC

Critères d’Amsterdam II (historiques)
– ≥ 3 sujets atteints de cancer du spectre HNPCC étroit dont un uni aux deux autres au 1er degré
– ≥ 1 cancer diagnostiqué avant l’âge de 50 ans
– ≥ 2 générations successives concernées
– Exclusion d’une polypose familiale

Critères de Bethesda révisés (actuels)
– Patient avec un CCR diagnostiqué avant l’âge de 50 ans
– Patient avec un CCR avec une instabilité microsatellitaire et/ou une perte d’expression des protéines MMR en immuno-histochimie avant l’âge de 60 ans
– Patient avec 2 cancers synchrones ou métachrones appartenant au spectre HNPCC large quel que soit l’âge
– Patient avec un CCR et deux apparentés ou plus du 1er ou du 2e degré avec un cancer du spectre HNPCC large quel que soit l’âge
– Patient avec un CCR et un apparenté du 1er degré avec un cancer du spectre HNPCC large diagnostiqué avant 50 ans

B ) Paraclinique

Données histologiques
– Phénotype MSI de l’ADN tumoral : constant dans le Lynch, 15% des CCR sporadiques
– Recherche d’une inactivation d’un gène du système MMR par anticorps spécifiques par immuno-histochimie

Confirmation génétique : recherche de mutation constitutionnelle d’un gène du système MMR

C ) Diagnostic différentiel

Formes sporadiques des tumeurs appartenant au spectre du syndrome de Lynch : l’expression du phénotype MSI peut être liée à une inactivation acquise (liée au vieillissement) du gène MLH1, le plus souvent par hyperméthylation de son promoteur.

3) PEC

Consultation en onco-génétique, dépistage des apparentés 0

Surveillance des sujets porteurs 2

CCR : risque très élevé, chromoendoscopie tous les 2 ans à partir de l’âge de 20 ans. La chirurgie prophylactique sur côlon sain n’est pas recommandée.

Cancer endométrial : échographie endovaginale tous les 2 ans à partir de l’âge de 30 ans + prélèvement gynécologique. L’hystérectomie avec ovariectomie prophylactique peut être envisagée après accomplissement du projet parental.

Cancer de l’estomac : endoscopie haute associée à la 1ère coloscopie à la recherche d’une infection à H. Pylori, puis éradication le cas échéant.

Autres : pas de modalités consensuelles de surveillance systématique 2, surveillance clinique régulière au minimum 0.

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