Syndromes canalaires et compressions nerveuses posturales

Neurologie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 93


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Sommaire


1) Généralité 1A

Déf : les syndromes canalaires sont liées à des compressions des troncs nerveux périphériques dans des zones de cheminement du nerf anatomiquement étroites. On leur rattache les compressions dites posturales survenant dans des zones où le nerf est superficiel, vulnérable à une compression externe. Il s’agit d’une mononeuropathie (atteinte tronculaire)

Physiopathologie :
– initial : bloc de conduction secondaire à la compression.
– formes sévères et prolongées : dégénérescence axonale.

FdR : la sensibilité à la compression est accentué par :
– diabète
– hypersensibilité héréditaire à la pression (= neuropathie tomaculaire)

Principaux syndromes :  Selon le tronc nerveux atteint, les causes à évoquer et le traitement sont différents. Les principaux syndromes font donc l’objet d’une fiche dédiée.

SYNDROMES CANALAIRES ET COMPRESSIONS POSTURALES
Au membre supérieur
Nerf médian : syndrome du canal carpien
– Nerf ulnaire : au coude ou au poignet (syndrome de la loge de Guyon) 1B 
Nerf radial dans la gouttière humérale
– Nerf supra-scapulaire 1B
Au membre inférieur
Nerf cutané latéral de la cuisse : méralgie paresthésique
Nerf fibulaire commun
Nerf tibial postérieur : syndrome du canal tarsien 1B
Nerf digital : maladie de Morton 1B
Nerf pudendal : syndrome d’Alcock 1B
Nerf sciatique : syndrome du canal infrapiriforme = syndrome du pyramidal 1C

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Syndrome neurogène périphérique systématisé à 1 territoire tronculaire ENMG : bloc de conduction ± dégénérescence axonale

A ) Clinique

Topographie : atteinte tronculaire systématisée, dans un territoire ne dépassant pas la main ou le pied

Atteinte sensitivo-motrice du syndrome neurogène périphérique0, variable selon le nerf atteint et la vitesse d’installation.
– Compression aiguë : prédominance motrice indolore
– Compression chronique : prédominance sensitive, voire sensitive pure

Remarques : formes atypiques devant conduire à remettre le diagnostic en cause :
– atteinte motrice pure
– atteinte aigüe sensitivomotrice douloureuse (vascularite)

± Amyotrophie en cas d’atteinte axonale évoluée

B ) Paraclinique

ENMG (non systématique 1B) : signes neurogènes dans le territoire atteint, précisant la topographie tronculaire
– Signes d’atteinte démyélinisante0 : ralentissement ou bloc de conduction
– ± Signes de dégénérescence axonale : diminution de la réponse motrice ou sensitive en aval du site lésionnel

Imagerie : « le plus souvent inutiles » 1a

C ) Diagnostic différentiel 1A

Radiculopathies : le territoire atteint dépasse la main ou le pied

Atteinte tronculaire des vascularites : aiguë, sensitivo-motrice et douloureuse

SLA et neuronopathies motrices : atteinte motrice pure

3) PEC 0

PEC initiale souvent médicale (antalgique, kiné, infiltration…), puis si échec décompression chirurgicale

En cas de récidive ou d’atteinte multiple, rechercher une hypersensibilité héréditaire à la pression0

Une réflexion au sujet de « Syndromes canalaires et compressions nerveuses posturales »

  1. Il n’est pas précisé dans le ref. de neuro 2 détails qui nous parraissent évidents :
    – que le signes à l’ENMG « bloc de conduction » soit du à une atteinte demyélinisante.
    – que le syndrome clinique est celui d’un syndrome neurogène périphérique.

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