Néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM2)

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EndocrinoOncologie
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1) Généralité 1A

Déf : les NEM2 impliquent toujours la survenue d’un cancer médullaire de la thyroïde. Il en existe 3 formes principales

Forme Cancer et signes associés Incidence dans cette forme
NEM2A (60%) Cancer médullaire thyroïdien 100 %
Phéochromocytome 60 %
Hyperparathyroïdie 5-20 %
Notalgie paresthésique 0 20 %
NEM2B (5%) Cancer médullaire thyroïdien 100 %
Phéochromocytome
Morphotype marfanoïde
Neuromes sous-muqueux
Ganglioneuromatose digestive
50 %
FMTC (Familiar medullary thyroïd carcinoma, 35%) Cancer médullaire thyroïdien isolé, survenue + tardive (40 ans 0) 100 %

Physiopathologie : mutations germinales activatrices du proto-oncogène RET, codant un récepteur à activité tyrosine-kinase qui relaie des signaux de croissance et de différentiation dans la crête neurale.

L’âge de début des signes (vers 10 ans pour une NEM2A, 40 ans pour un FMTC) et le pronostic sont très influencés par le génotype.

2) Diagnostic 1A

A ) Bilan

Une mutation du gène RET est recherchée devant toute découverte de cancer médullaire de la thyroïde ou de phéochromocytome.

Le bilan recherche, selon le point d’appel initial, d’autres atteintes pouvant s’intégrer dans une NEM2. Une enquête familiale (oncogénétique) est organisée chez les apparentés.

B ) Traitement

PEC des néoplasies et troubles endocriniens associés

Thyroïdectomie prophylactique : l’âge de réalisation dépend du type de mutation

Critères de Duke

Cardio – Infectieux
Item ECNi 149


Critères de Duke version 2015

Critères de Duke révisés – ESC 2015

80 critères de Duck

Critère de Duke (revue médicale suisse, 2012)

La dernière traduction française que nous avons trouvé date de 2012 (issue de la Revue Médicale Suisse) :

! 3 nouveautés dans la version de l’ESC 2015 (n’apparaissant pas ici) !
– Lésion paravalvulaire vue au scanner = critère majeur
– Activité anormale vue à la TEP au 18-FDG ou à la scintigraphie aux leucocytes marqués (dans le cadre d’une EI sur prothèse) = critère majeur
– Identification à l’imagerie d’événements emboliques ou d’anévrismes mycotiques récents sans expression clinique = critère mineur

Psychostimulants

Psy – Thérapeutique
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Item ECNi 72


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A ) Généralités 1

Définition : Les psychostimulants sont des molécules qui stimulent la vigilance. Ils sont prescrits pour améliorer l’attention et réduire la somnolence diurne excessive.
Deux molécules psychostimulantes sont disponibles en France :
– le méthylphénidate
– le modafinil.

Mécanisme d’action : Le méthylphénidate est un inhibiteur de la recapture de la dopamine et dans une moindre mesure la noradrénaline. Le modafinil à un mécanisme d’action qui n’est pas connu avec certitude, mais il augmente la transmission dopaminergique.
Les psychostimulants possèdent à des degrés divers les propriétés suivantes :
– stimulation de l’attention
– amélioration de la vigilance/difficultés d’endormissement
– effet anorexigène
– stimulation du système cardiovasculaire.

Principales molécules : Le méthylphénidate existe sous deux formes
– une forme à libération immédiate (Ritaline®) d’une durée d’action d’environ 3 h
– des formes à libération prolongée (Ritaline LP®, Quasym LP®, Concerta LP®, Medikinet LP®), d’une durée d’action comprise entre 6 et 10 heures
Le modafinil est commercialisé sous le nom Modiodal®

B ) Modalités de prescription 1

  • Indications

Méthylphénidate
– traitement du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’enfant de plus de 6 ans (prescription possible chez l’adulte hors AMM)
– traitement de deuxième ligne de la somnolence dans la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique en cas d’échec du modafinil

Modafinil : traitement de première intention de la somnolence dans la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique.

  • Contre-indications

Idem pour les deux molécules :
– grossesse et de l’allaitement
– valvulopathies
– insuffisance cardiaque
– troubles du rythme cardiaque non contrôlés
– hypertension artérielle modérée à sévère non contrôlée
– hypersensibilité

  • Bilan pré-thérapeutique

Dépistage d’une pathologie cardiovasculaire = ECG, Echographie cardiaque

  • Règles de prescription

Méthylphénidate
– Toutes les prescriptions (prescription initiale hospitalière et les prescriptions de renouvellement) sont réalisées sur des ordonnances sécurisées
– La posologie et la durée doivent être inscrites en toutes lettres
– Les coordonnées de la pharmacie doivent être inscrites sur l’ordonnance
– La durée maximale de chaque ordonnance est de 28 jours
– Une ordonnance par un médecin exerçant en milieu hospitalier doit être réalisée : lors de la première prescription ; à chaque modification de doses ; au moins une fois par an.

Modafinil
– Toutes les prescriptions (prescriptions hospitalières et les prescriptions de renouvellement) sont réalisées sur des ordonnances de médicament d’exception
– La durée maximale de chaque ordonnance est de 6 mois
– Une ordonnance par un médecin exerçant en services spécialisés en neurologie ou en centres du sommeil doit être réalisée : lors de la première prescription, à chaque modification de doses, au moins une fois par an.
– La délivrance du traitement par la pharmacie d’officine est pour une durée de 1 mois

  • Durée du traitement

– Le traitement par méthylphénidate peut être poursuivi tant que le retentissement du TDAH le justifie
– Chez l’enfant, le méthylphénidate peut être arrêté durant les vacances scolaires et les week-ends
– La narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique étant des maladies chroniques, le modafinil est en général prescrit au long cours

C ) Modalités de surveillance 1

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance

  • Effets indésirables

Méthylphénidate
– diminution de l’appétit
– difficultés d’endormissement ;
– douleurs abdominales, nausées ou céphalées ;
– augmentation modérée de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle; palpitations (rarement).

Modafinil
– Généralement bien toléré
– Effets indésirables proches du méthylphénidate
– Réactions cutanées rares mais graves (syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique, éruption médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémique : syndrome DRESS)

Thymorégulateurs

Psy – Thérapeutique
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A ) Généralités 1

Définition : Les thymorégulateurs sont des stabilisateurs de l’humeur dont l’action clinique principale est la diminution de la fréquence, de la durée et de l’intensité des épisodes thymiques (maniaque ou dépressif). Ils représentent une classe pharmacologique assez restreinte qui comprend :
– les sels de lithium
– les anti-épileptiques
– plusieurs antipsychotiques de deuxième génération (aripiprazole, olanzapine, risperidone, quetiapine).

Mécanisme d’action : Il est encore mal connu
–  modifications de l’équilibre hydroélectrique et de l’équilibre membranaire
–  modifications des activités enzymatiques
–  modifications du signal intracellulaire
–  modifications directes sur certains neuromédiateurs (dont les systèmes sérotoninergique, noradrénergique et GABAergique)

Principales molécules :
– Lithium (traitement de référence) : Teralithe® 250 mg à libération immédiate ou 400 mg à libération prolongée ;
– anti-épileptique : valproate, valpromide (Depakote®, Depamide®), carbamazépine (Tegretol®), lamotrigine (Lamictal®) ;
– antipsychotique 2e génération : olanzapine (Zyprexa®), rispéridone (Risperdal®), aripiprazole (Abilify®), quetiapine (Xeroquel®)

B ) Modalités de prescription 1

  • Indications

– traitement curatif de l’épisode maniaque (sels de lithiums, valpromide, valproate, les antipsychotiques atypiques)
– traitement curatif de l’épisode dépressif (sels de lithium, lamotrigine, quetiapine)
– traitement préventif de la récidive (sels de lithium, carbamazépine, valpromide, valproate, lamotrigine, les antipsychotiques atypiques sauf la risperidone)

Remarque :  La clozapine (Leponex®) peut être employée dans le cas très spécifique de trouble schizo-affectif pour le traitement préventif des récidives.

  • Contre-indications  
CLASSES Absolues Relatives
Lithium Ins rén. même modérée (DFG < 85)
Déplétion hydro-sodée, hypoNA+, régime sans sel ou peu salé
Coronaropathie sévère
Association aux diurétiques
Ins. cardiaque instable
Allaitement
HTA
Épilepsie
Hypothyroïdie
Grossesse (T1) => risque de cardiopathie congénitale d’Ebstein
Carbamazépine Hypersensibilité connue
Troubles de la conduction cardiaque (bloc auriculoventriculaire)
Porphyrie aiguë intermittente
Antécédent d’aplasie médullaire
Association aux IMAO
Allaitement
Grossesse
Insuffisance hépatique sévère
Glaucome à angle fermé
Adénome de prostate
Valproate, Valpromide Hypersensibilité connue
Hépatite aiguë
Hépatite chronique
Antécédent personnel ou familial d’hépatite sévère
Porphyrie hépatique
Association à la lamotrigine
Allaitement
Femme en âge de procréer
Grossesse
Lamotrigine Hypersensibilité connue
Antécédents de syndrome de Stevens-Johnson ou de syndrome de Lyell avec la Lamotrigine.
Antécédents d’allergie ou d’éruptions cutanées avec d’autres antiépileptiques

 

Les CI des antipsychotiques sont détaillés dans la fiche Antipsychotiques

  • Règles de prescription

Le choix de la molécule se fera en fonction :
– du terrain : existence de contre-indications, d’une grossesse, interactions médicamenteuses, etc.
– de la polarité de l’épisode : maniaque ou dépressif
– de la forme clinique du trouble dont souffre le patient et selon la polarité prédominante des récidives
– Le Lithium +++ chez  patient suicidaire ou avec antécédent de tentative de suicide (seul thymorégulateur efficace dans la prévention du suicide)

  • Bilan pré-thérapeutique
Lithium Anti-épileptiques
Bilan clinique Examen clinique complet faisant le point sur les comorbidités et les traitements en cours pour rechercher des contre-indications et les interactions médicamenteuses possibles Examen clinique complet faisant le point sur les comorbidités et les traitements en cours pour rechercher des contre-indications et les interactions médicamenteuses possibles
Bilan paraclinique NFS-plaquettes
Glycémie à jeun
Ionogramme sanguin
Créatininémie, urémie, clairance de la créatinine, protéinurie, glycosurie
Calcémie
Bilan thyroïdien (TSH)
βHCG (femme en âge de procréer)
ECG
NFS-plaquettes
Bilan hépatique, TP
βHCG chez une femme en âge de procréer
  • Durée du traitement

Au long cours afin d’éviter les récidives.

C ) Modalités de surveillance 1

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance 

  • Effets indésirables

> Lithium
Neuropsychiques : Tremblements (fréquents), signes extrapyramidaux
Endocriniens : Prise de poids, Hypothyroïdie, Goitre, Hypercalcémie, Hyperparathyroïdie
Rénaux : Syndrome polyuropolydipsique, Syndrome néphrotique (Glomérulonéphrite extra-membraneuse), Néphropathie tubulo-interstitielle
Digestifs : Nausée, Disgueusie, Diarrhée, Gastralgie
Cardiovasculaires : Troubles de la conduction, Troubles de la repolarisation, Myocardites
Hématologiques : Hyperleucocytose avec lymphopénie
Dermatologiques : Acné, Psoriasis, Alopécie, Rash cutané, Prurit

> Carbamazépine
Neuropsychiques : Confusion, Somnolence, Vertige, Ataxie, Céphalées
Digestifs : Nausée, Vomissement
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Hématologiques : Cytopénies diverses voire pancytopénie
Dermatologique : Rash cutané, Syndrome de Lyell
Neurovégétatifs : Effets anticholinergiques, Constipation, Sécheresse buccale, Trouble de l’accommodation
Métaboliques : Hyponatrémie, Prise de poids

> Valproate / Valpromide
Neuropsychiques : Confusion (voir encéphalopathie avec hyperamoniémie), Somnolence, Tremblement, Signes extrapyramidaux, Hypotonie
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Digestifs : Nausée, vomissement, diarrhée
Hématologiques : Hypofibrinogénémie, Cytopénies
Dermatologiques : Alopécie
Métaboliques : Hyponatrémie

> Lamotrigine
Neuropsychiques : Agressivité, irritabilité, Céphalées, Somnolence
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Hématologiques : Cytopénies diverses voire pancytopénie
Dermatologique : éruptions cutanées bénignes et transitoires, très rarement : éruptions cutanées graves (syndrome de Stevens-Johnson et syndrome de Lyell)
Neurovégétatifs : Diplopie, vision floue
Digestifs : Nausées, vomissements, diarrhée, sécheresse buccale
Rhumathologiques : Arthalgies

> Antipsychotique : ch fiche spé

  • Suivi
Lithium anti-épileptiques
Eléments de suivi Clinique
Lithiémie
Bilans rénal et thyroïdien tous les 6 mois
Calcémie et ECG tous les ans
Clinique
Contrôles réguliers NFS, plaquettes,
bilan hépatique complet (dont le TP)
Dosage possible pour surveiller la dose efficace tous les mois pendant les 6 premiers mois, puis tous les 6 mois

Hypnotiques

Psy – Thérapeutique
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A ) Généralités 1

Définition : Les traitements hypnotiques sont des traitements psychotropes ayant la possibilité d’induire le sommeil. Il existe deux classes d’hypnotiques :
– les hypnotiques benzodiazépiniques
– les hypnotiques apparentés ou médicament dit « en Z »

Mécanisme d’action : Les hypnotiques sont proches des anxiolytiques, ils favorisent l’endormissement en réduisant les manifestations anxieuses le soir au coucher. Les apparentés benzodiazépiniques ne sont agonistes que d’un sous type du récepteur aux benzodiazépines : la sous unité alpha 1 du récepteur GABA-A. Par cette affinité sélective, l’effet inducteur du sommeil serait plus spécifique, et les effets anxiolytiques, sédatifs, antiépileptiques, myorelaxants et amnésiants de ces molécules seraient moindres.

Principales molécules :

> Les hypnotiques de type benzodiazépines
– le Lormétazépam – NOCTAMIDE®,
– le Loprazolam – HAVLANE®.
Ils entrainent une diminution de la latence d’apparition du sommeil et privilégient les stades de sommeil lent superficiel au détriment des stades de sommeil lent et profond et de sommeil paradoxal.

> Les deux molécules hypnotiques de types « médicaments en Z »
– le Zolpidem – STILNOX®
– le Zopiclone – IMOVANE®.
Ils entrainent une diminution de la latence d’apparition du sommeil avec une action hypnotique plus spécifique et respectent mieux l’architecture du sommeil que les benzodiazépines. Demi-vie du zolpidem < zopiclone.

B ) Modalités de prescription 1

  • Indications

Insomnie aigue transitoire : sur une courte période (de quelques jours à 2 ou 3 semaines)

  • Contre-indications

Le zolpidem et le zopiclone sont contre-indiqué dans les situation suivantes :
– grossesse et allaitement
– < 15 ans
– insuffisance respiratoire sévère, hépatique et rénale
– myasthénie
– intolérance génétique au galactose
– hypersensibilité
– patient souffrant de plainte d’insomnie avec un syndrome d’apnées obstructives du sommeil non traité par PPC.

Les CI des benzodiazepines sont détaillés dans la fiche Anxiolytique

  • Règles de prescription

– Ne pas associer deux hypnotiques ou un hypnotique et un anxiolytique
– Ne pas initier une prescription d’hypnotique, sans respecter les posologies recommandées
– Le traitement sera prescrit à la dose minimale efficace
– Il convient de veiller à la durée de prescription (limitée à 4 semaines)
– L’arrêt doit toujours être anticipé avant le début du traitement
– Posologies plus faibles chez personnes âgées. De même ils doivent éviter un coucher trop tôt.

  • Durée du traitement

La durée de prescription est limitée à 4 semaines (non renouvelable)

C ) Modalités de surveillance 1

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

On retrouve les mêmes effets indésirables que pour les anxiolytiques benzodiazépines

Quelques particularités :
– risque de dépendance particulier pour les hypnotiques
– risque dépresseur respiratoire chez les patients souffrant de syndrome d’apnées obstructives du sommeil non traité par PPC
– EI particulier du Zopiclone : goût amer dans la bouche le matin
– EI particulier du Zolpidem : hallucinations hypnagogiques

Anxiolytiques (benzodiazépines et apparentés)

Psy – Thérapeutique
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1) Les benzodiazépines 1

A ) Généralités

Définition : Les benzodiazépines constituent la classe principale des anxiolytiques lesquels sont indiqués en cas de manifestations anxieuses intenses et invalidantes

Mécanisme d’action :  Les benzodiazépines facilitent la transmission GABAergique et permettent donc de diminuer l’hyperexcitabilité neuronale associée à l’anxiété.
Cette propriété leur confère des effets :
– anxiolytiques
– sédatifs
– anti-épileptiques
– myorelaxants 
– amnésiants
– orexigènes

Principales molécules :
– oxazépam (Seresta®)
– lorazépam (Temesta®) – anxiolytique ++0
– alprazolam (Xanax®)
– bromazépam (Lexomil®)
– clobazam (Urbanyl®)
– diazépam (Valium®) – sédatif et myorelaxant ++0
– clorazépate dipotassique (Tranxene®)
– prazépam (Lysanxia®)
– clotiazépam (Veratran®)
– loflazépate d’éthyle (Victan®)
– nordazépam (Nordaz®)

B ) Modalités de prescription

  • Indications

– traitement symptomatique des manifestations anxieuses intenses et/ou invalidantes ;
– traitement préventif dans le cadre du sevrage en alcool : prévention du syndrome de sevrage (delirium tremens) ;
– traitement des crises épileptiques et des épilepsies (partielles ou généralisées).

  • Contre-indications

Absolues
– Hypersensibilité connue
– Insuffisance respiratoire sévère
– Insuffisance hépatique sévère
– Syndrome d’apnées obstructives du sommeil (non traité par pression positive continue PPC)
– Myasthénie

Relatives
– Grossesse et allaitement
– Insuffisance rénale
– Insuffisance hépatique (préférer l’oxazepam dans ce cas)
– Antécédent de troubles addictifs
– Antécédent de réaction paradoxale

  • Durée de traitement

– 4 à 12 semaines (incluant la période de sevrage)
– Réévaluation régulière de la prescription : pas d’arrêt brutal après un traitement de plusieurs semaines.

Règles de prescription des benzodiazépines 2

« – Evaluer la situation du patient : rechercher et prendre en charge spécifiquement une dépression ou un autre trouble psychiatrique à l’origine des manifestations anxieuses, rechercher une origine somatique (hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, phéochromocytome, hypoglycémie…) ou toxique (caféine, stimulants, alcool, drogues…) des symptômes anxieux, confirmer la nécessité du traitement par benzodiazépine anxiolytique.

Limiter la prescription à 12 semaines. Dans l’anxiété et l’insomnie, les benzodiazépines ont montré leur efficacité sur des durées brèves de traitement. Elles perdent leur intérêt thérapeutique en cas de traitement prolongé qui, dans la plupart des cas, devient injustifié alors qu’en parallèle les effets indésirables persistent.

Débuter par les doses les plus faibles adaptées à la situation clinique.

Ne pas associer plusieurs benzodiazépines anxiolytiques ou hypnotiques.

Dès l’instauration d’un traitement par benzodiazépine, expliquer au patient : la durée brève du traitement, ses modalités d’arrêt, les risques associés : sédation, dépendance, interaction avec l’alcool, risque de la conduite automobile

En complément du traitement par benzodiazépine : expliquer et vérifier le respect des règles hygiéno-diététiques, proposer une prise en charge psychologique adaptée.

Ne pas reconduire une prescription sans réévaluation régulière de sa nécessité.

Arrêter progressivement le traitement. »

C ) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

Il s’agit de trouble neuro-psychiatrique :
sédation : somnolence diurne, asthénie, sensation vertigineuse, altération de la vigilance (potentialisée par les consommations d’alcool)
altérations cognitives : altération de la mémoire et des capacités de réaction (confusion possible chez le sujet âgé)
perturbations du comportement : effet désinhibiteur (favorisés par les consommations d’alcool)
réactions paradoxales : agitation et agressivité (favorisées par les consommations d’alcool)
actes automatiques amnésiques : chez les patients impulsifs pouvant avoir des conséquences médico-légales
dépendance : c’est le principal effet indésirable avec la survenue d’un syndrome de sevrage à l’arrêt du traitement. Une benzodiazépine de demi-vie courte, une posologie élevée, des antécédents de dépendance, une escalade des doses et un traitement prolongé en sont les principaux facteurs de risque
rebond de l’anxiété : à l’arrêt du traitement, réapparition de symptômes anxieux plus intenses qu’à l’initiation du traitement diminuant en quelques jours.

2) Les non benzodiazépines 1

Classes et molécules Particularités Contre-indications absolues
Antihistaminique
Hydroxyzine(Atarax®)
Anxiolyse moins importante qu’avec les benzo
Efficacité rapide dès la première prise
Pas de risque de dépendance
Effets anticholinergiques
(sécheresse buccale, risque de rétention aigue d’urine, etc.)
Allongement du QT
Hypersensibilité connue
Stade précoce de la grossesse
Glaucome à angle fermé
Adénome prostatique
QT long
β-bloquants
Propranolol (Avlocardyl®)
Effet anxiolytique
Traitement des manifestations
physiques de l’anxiété, de manière transitoire
BPCO et asthme
Ins. card. non contrôlée
Choc cardiogénique
BAV 2 et 3 non appareillés
Angor de Prinzmetal
Maladie du sinus
Bradycardie
Phénomène de Raynaud
Phéochromocytome
Hypotension artérielle
Hypersensibilité connue
Ins. hépatique sévère
Hypoglycémie récidivante
Buspirone (Buspar®)
Effet principal : anxiolyse
Action retardée (après une
semaine de traitement)
Anxiolyse moins importante
qu’avec les benzo
Pas de risque de dépendance
Hypersensibilité connue
Association à un IMAO

Etifoxine (Stresam®)
Anxiolyse moins importante
qu’avec les benzo
État de choc
Ins hép. ou rén. sévère
Myasthénie
Grossesse et allaitement

Antidépresseurs

Psy – Thérapeutique
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A ) Généralités 1

Définition : Les antidépresseurs sont des psychotropes indiqués dans le traitement des épisodes dépressifs caractérisés (EDC).

Classification : On distingue
– les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)
– les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRSNA)
– les imipraminiques (ou tricycliques)
– les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO)
– les « autres antidépresseurs » (de mécanisme pharmacologique différent).

Mécanisme d’action le principal mécanisme d’action pour tous est l’augmentation des concentrations intra-synaptiques des monoamines (sérotonine, noradrénaline ou dopamine). Il existe de plus des mécanismes propres à chaque classe :

Classe Mécanisme d’action
ISRS Inhibition de la recapture pré-synaptique de la sérotonine.
ISRSNA Inhibition de la recapture pré-synaptique de la sérotonine
et de la noradrénaline.
Imipraminiques Inhibition de la recapture pré-synaptique des monoamines
(sérotonine, noradrénaline, dopamine).
IMAO Inhibition des monoamines oxydases (et donc du catabolisme des monoamines).
Autres Variés :
α2bloquants présynaptiques : augmentation de la libération synaptique de
noradrénaline et sérotonine (mirtazapine, miansérine),
ou possiblement modulateurs glutamatergiques (tianeptine),
ou agonistes mélatoninergiques et antagoniste 5HT2c (agomélatine).

RemarqueÀ côté de ce mode d’action, les antidépresseurs ont, de manière variable, d’autres effets sur la neurotransmission :
– antihistaminiques provoquant la sédation et la prise de poids
– alpha-adrénolytiques provoquant une sédation, des hypotensions, des effets indésirables sexuels (trouble de l’érection, de l’éjaculation)
– anticholinergiques donnant des effets atropiniques

Principales molécules :
– ISRS : Escitalopram, Sertraline, Paroxétine
– ISRSNA : Venlafaxine
– Imipraminiques : Amitriptyline, clomipramine
– IMAO  : Moclobémide
– Autres : Mirtazapine, Tianeptine, Agomélatine

B ) Modalités de prescription 1

  • Indications :

Troubles de l’humeur
Épisode dépressif caractérisé : initiation et phase de consolidation
– Trouble dépressif récurrent : phase de maintenance avec pour but la prévention des récidives.

Troubles anxieux MG
Trouble panique
Trouble anxieux généralisé
Trouble stress post-traumatique (2e intention)
TOC 

Autres 
– Douleurs neuropathiques (imipraminiques et ISRSNA)
– Céphalées rebelles et migraines (imipraminiques et IMAO)
– Certains troubles du sommeil (narcolepsie avec cataplexie, énurésie …)

 Remarque :
– Il est recommandé en première intention de prescrire un ISRS ou un ISRSNA. La prescription d’un imipraminique ou d’un IMAO se fera en troisième ou même quatrième intention.
– Dans le cadre d’un épisode dépressif caractérisé dans un trouble bipolaire : le traitement doit être assuré en première intention par un thymorégulateur et jamais par
un antidépresseur seul (uniquement sous couverture d’un thymorégulateur)

  • Contre indications
Classes Absolues Relatives
ISRS / ISRSNA IMAO
Hypersensibilité
Grossesse
Allaitement
Ins. Hep.
Ins. Ren
Imipraminiques Glaucome à angle fermé
Adénome de prostate
Infarctus récent
Angor instable
IC déc.
TdR
IMAO
Hypersensibilité
Grossesse
Allaitement
Epilepsie
Ins. Hep.
Ins. Ren.
> 75 ans
Démence
IMAO HTA
Phéo
AVC
Hypersensibilité
Polynévrites
Grossesse
Allaitement
Autres IMAO
Hypersensibilité
Ins. Hep (agomelatine)
Grossesse
Allaitement
Ins. Hep.
Ins. Ren
  • Prescription initiale

Bilan pré-thérapeutique
– ISRS et ISRSNA : pas de bilan paraclinique systématique. Selon la situation, on pourra prescrire une natrémie (sujet âgé), un ECG ou un bilan hépatique (duloxétine++)
– Imipraminiques et IMAO : ECG, bilan ophtalmologique, bilan rénal, bilan hépatique, EEG si antécédent d’épilepsie
– Agomélatine : bilan hépatique.

Posologie
– Le traitement doit être débuté à faible posologie et augmenté progressivement
– Dans le traitement du trouble obsessionnel compulsif, la posologie utilisée peut être plus élevée que dans le traitement de l’épisode dépressif.
– Chez le sujet âgé, la posologie initiale doit être la moitié de celle utilisée chez l’adulte et les doses progressivement augmentées

  • Durée du traitement

– Après un premier épisode dépressif caractérisé, la durée de traitement recommandée est d’au moins 6 mois après rémission des symptômes
– En cas de trouble dépressif récurent et/ou de trouble anxieux, le traitement est indiqué pour une durée plus longue
– Au delà de deux épisode dépressif caractérisé, il est recommandé de maintenir le traitement antidépresseur au long cours (au moins deux ans)

  • Arrêt du traitement

Les posologies seront diminuées progressivement pour éviter la survenue d’un syndrome d’arrêt aux antidépresseurs (se manifeste généralement dans la semaine suivant l’arrêt et dure moins d’une semaine) : anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, sensations vertigineuses, troubles neurosensoriels, et syndrome pseudo-grippal.
– Pour un traitement de moins d’un an : sur quelques semaines ;
– Pour un traitement de plus d’un an : sur quelques mois.

C ) Modalités de surveillance 1

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

ISRS/ISRSNA
– Effets cardiaques : Allongement du QT
– Effets digestifs : nausées, vomissement, diarrhée, douleurs digestives, constipation,
parfois sécheresse buccale, hépatotoxicité (en particuliers avec la duloxétine)
– Effets neurologiques : tremblements, signes extra pyramidaux, irritabilité, céphalées
– Troubles sexuels : Baisse du désir ou de l’excitation sexuelle, trouble de l’orgasme
– Syndrome sérotoninergique (rare mais grave)
– Hypertension artérielle (en particulier pour les ISRSNA)

Imipraminiques
– Effets anticholinergiques centraux : confusions, plainte du sommeil
– Effets anticholinergiques périphériques : bouche sèche, troubles de l’accommodation, constipation, rétention d’urines…
– Effets antihistaminiques : sédation, somnolence diurne, prise de poids
– Effets adrénolytiques périphériques : Hypotension orthostatique
– Effets neurologiques : Tremblements, dysarthrie, Crise épileptique à dose élevée
– Effets neurovégétatifs : sueurs nocturnes, troubles sexuels, trouble de la conduction et de la repolarisation
– Effets allergiques et toxiques : agranulocytose, hépatites toxiques

IMAO
– Crise hypertensive +++ : risque de décès par hémorragie cérébrale ou méningée
– Signes anticholinergiques : sueurs, tremblements, bouche sèche, possible hypotension artérielle paradoxale
– Hépatotoxicité
– Polynévrite et névrite optique
– Risque d’interaction avec les aliments riches en tyramine et de nombreux médicaments comme les ISRS

Autres
– Prise de poids (miansérine, mirtazapine)
– Addiction (tianeptine)
– Hépatotoxicité (agomélatine)
– Agranulocytose rare pour la miansérine

Antipsychotiques (neuroleptiques)

Psy – Thérapeutique
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item ECNi 72


Dernières mises à jour
Sources

 

A ) Généralités 1

Définition : (Delay et Deniker) : Les psychotropes regroupent l’« ensemble des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle qui ont un tropisme ‘psychologique’, c’est-à-dire susceptible de modifier l’activité mentale, sans préjuger du type de cette modification »

Les principaux psychotropes utilisés en psychiatrie sont :
Antipsychotiques : traités dans cette fiche
Antidépresseurs
Thymorégulateurs
Anxiolytiques
Hypnotiques
Psychostimulants

Principales molécules d’antipsychotiques :
– neuroleptique typique ou antipsychotique de 1ère génération : cyamémazine, halopéridol, pipampérone…
– neuroleptique atypique ou antipsychotique de 2e génération : loxapine, olanzapine, clozapine, quetiapine, risperidone, aripiprazol…

Mécanisme d’action :
– antagoniste des récepteurs dopaminergique D2 (tous)
– antagoniste des récepteurs sérotoninergiques 5HT2A (2e génération)
– blocage des récepteurs adrénergiques, cholinergiques et histaminergiques (entraine les effets secondaires indésirables)

B ) Modalités de prescription 1

  • Indications

Troubles psychotiques ++
– épisode psychotique bref
schizophrénie et trouble schizo-affectif
trouble délirant persistant

Trouble de l’humeur (seulement certains de la 2e génération)
Episode maniaque sévère
Episode dépressif caractérisé avec caractéristiques psychotiques
– Episode mixte avec excitation / anxiété importante
– Traitement préventif des rechutes du trouble bipolaire

Autres
– Anxiété de l’adulte si échec des thérapeutiques habituelles (ex : cyamémazine)
TOC résistant, trouble dépressif résistant, insomnies résistances, tics de la maladie de Gilles de la Tourette

  • Contre-indications

Absolue, pour une molécule incriminée
– Sd malin des neuroleptiques
– Allongement du QT
– Hypersensibilité
– Autres CI spécifique à certaines molécules (glaucome, porphyrie…)

Relative
– Epilepsie (surtout clozapine)
– arythmie, angor, hypotension orthostatique
– maladie de Parkinson (préférer alors la clozapine)
– Insuff. cardiaque, respiratoire, hépatique, rénale…
– Grossesse et allaitement
– Diabète (olanzapine et clozapine)
– Sevrage à l’alcool, aux barbituriques ou aux benzodiazépines
– Intoxication aux hallucinogènes MG

  • Prescription initiale

Bilan pré-thérapeutique
– NFS, iono, créat, bilan hépatique, glycémie, bilan lipidique, prolactinémie, β-hCG
– ECG
– ± EEG si ATCD de crise ou médicament à haut risque épileptogène (clozapine)

Posologie
– Faible dose, augmenter rapidement
– Monothérapie à privilégier
– Oral ou IM (forme retard++)

Durée du traitement
– Arrêt ≥ 1 an après un 1er épisode psychotique bref, ≥ 5 ans après une rechute
– Diminution progressive (max -10% par mois)
– Suivi 12-24 mois après arrêt

C ) Modalités de surveillance 1

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance

  • Effets indésirables

Psychiatriques
– indifférence psychomotrice,
– épisode dépressif caractérisé post-psychotique
– sédation, confusion

Neuro
– dystonies, syndrome parkinsonien, syndrome hyperkinétique, dyskinésies tardives (surtout avec 1e génération)
– crise épileptique (clozapine)
– AVC
Syndrome malin des neuroleptiques ++

Autres
– Endocrino-métaboliques : prise de poids, troubles lipidiques, diabète, hyperprolactinémie
– Végétatifs et cardiovasculaire : effet anticholinergique, adrénolytique (hypoTA orthostatique), troubles du rythme par allongement du QT
– Hépatite cholestasique
– Allergie et agranulocytose (clozapine ++)

  • Suivi

Clinique
– Efficacité du traitement
– Complications

Bio
– FdR CV : glycémie, pression artérielle, bilan lipidique
– pour la clozapine : NFS hebdomadaire pendant 18 semaine puis 1x/mois

Prescription et surveillance des psychotropes

Psychiatrie
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item ECNi 72


Dernières mises à jour
Sources

1) Antipsychotiques (Neuroleptiques) 1

A) Généralités

Définition : (Delay et Deniker) : Les psychotropes, « ensemble des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle qui ont un tropisme ‘psychologique’, c’est-à-dire susceptible de modifier l’activité mentale, sans préjuger du type de cette modification »

Les principaux psychotropes utilisés en psychiatrie sont :
– Antipsychotiques
– Antidépresseurs
– Thymorégulateurs
– Anxiolytiques
– Hypnotiques
– Psychostimulants

Principales molécules d’antipsychotiques : 
– neuroleptique typique ou antipsychotique de 1ère génération : cyamémazine, halopéridol, pipampérone…
– neuroleptique atypique ou antipsychotique de 2e génération : loxapine, olanzapine, clozapine, quetiapine, risperidone, aripiprazol…

Mécanisme d’action :
– antagoniste des récepteurs dopaminergique D2 (tous)
– antagoniste des récepteurs sérotoninergiques 5HT2A (2e génération)
– blocage des récepteurs adrénergiques, cholinergiques et histaminergiques (entraine les effets secondaires indésirables)

B) Modalités de prescription

  • Indications

Troubles psychotiques ++
– épisode psychotique bref
– schizophrénie et trouble schizo-affectif
– trouble délirant persistant

Trouble de l’humeur (seulement certains de la 2e génération)
– Episode maniaque sévère
– Episode dépressif caractérisé avec caractéristiques psychotiques
– Episode mixte avec excitation / anxiété importante
– Traitement préventif des rechutes du trouble bipolaire

Autre :
– Anxiété de l’adulte si échec des thérapeutiques habituelles (ex : cyamémazine)
– TOC résistant, trouble dépressif résistant, insomnies résistances, tics de la maladie de Gilles de la Tourette

  • Contre-indications

Absolue, pour une molécule incriminée
– Sd malin des neuroleptiques
– Allongement du QT
– Hypersensibilité
– Autres CI spécifique à certaines molécules (glaucome, porphyrie…)

Relative
– Epilepsie (surtout clozapine)
– arythmie, angor, hypotension orthostatique
– maladie de Parkinson (préférer alors la clozapine)
– Insuff. Cardiaque, respiratoire, hépatique, rénale…
– Grossesse et allaitement
– Diabète (olanzapine et clozapine)
– Sevrage à l’alcool, aux barbituriques ou aux benzodiazépines

  • Prescription initiale

Bilan pré-thérapeutique
– NFS, iono, créat, bilan hépatique, glycémie, bilan lipidique, prolactinémie, β-hCG
– ECG
– ± EEG si ATCD de crise ou médicament à haut risque épileptogène (clozapine)

Posologie
– Faible dose, augmenter rapidement
– Monothérapie à privilégier
– Oral ou IM (forme retard++)

  • Durée du traitement

– Arrêt ≥ 1 an après un 1er épisode psychotique bref, ≥ 5 ans après une rechute
– Diminution progressive (max -10% par mois)
– Suivi 12-24 mois après arrêt

C) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance

  • Effets indésirables

Psychiatrique 
– indifférence psychomotrice,
– épisode dépressif caractérisé post-psychotique
– sédation, confusion

Neuro 
– distonies, syndrome parkinsonien, syndrome hyperkinétique, dyskinésies tardives (surtout avec 1e génération)
– crise épileptique (clozapine)
– AVC
– Syndrome malin des neuroleptiques ++

Autres 
– Endocrino-métaboliques : prise de poids, troubles lipidiques, diabète, hyperprolactinémie
– Végétatifs et cardiovasculaire : effet anticholinergique, adrénolytique (hypoTA orthostatique), troubles du rythme par allongement du QT
– Hépatite cholestasique
– Allergie et agranulocytose (clozapine ++)

  • Suivi

Clinique
– Efficacité du traitement
– Complications

Bio
– FdR CV : glycémie, pression artérielle, bilan lipidique
– pour la clozapine : NFS hebdomadaire pendant 18 semaine puis 1x/mois

2) Antidépresseurs 1

A ) Généralité

Définition : Les antidépresseurs sont des psychotropes indiqués dans le traitement des épisodes dépressifs caractérisés (EDC).

Classification : On distingue,
– les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS),
– les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRSNA),
– les imipraminiques (ou tricycliques),
– les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO),
– les « autres antidépresseurs » (de mécanisme pharmacologique différent).

Mécanisme d’action le principal mécanisme d’action pour tous est l’augmentation des concentrations intra synaptiques des monoamines (sérotonine, noradrénaline ou dopamine). Il existe de plus des mécanismes propres à chaque classe :

Classe Mécanisme d’action
ISRS Inhibition de la recapture pré-synaptique de la sérotonine.
ISRSNA Inhibition de la recapture pré-synaptique de la sérotonine
et de la noradrénaline.
Imipraminiques Inhibition de la recapture pré-synaptique des monoamines
(sérotonine, noradrénaline, dopamine).
IMAO Inhibition des monoamines oxydases (et donc du catabolisme des monoamines).
Autres Variés :
α2bloquants pré-synaptiques : augmentation de la libération synaptique de
noradrénaline et sérotonine (mirtazapine, miansérine),
ou possiblement modulateurs glutamatergiques (tianeptine),
ou agonistes mélatoninergiques et antagoniste 5HT2c (agomélatine).

Remarque : À côté de ce mode d’action, les antidépresseurs ont, de manière variable, d’autres effets sur la neurotransmission :
–  antihistaminiques provoquant la sédation et la prise de poids ;
– alpha-adrénolytiques provoquant une sédation, des hypotensions, des effets indésirables sexuels (trouble de l’érection, de l’éjaculation) ;
– anticholinergiques donnant des effets atropiniques

Principales molécules :

– ISRS : Escitalopram, Sertraline, Paroxétine
– ISRSNA : Venlafaxine
– Imipraminiques : Amitriptyline, clomipramine
– IMAO  : Moclobémide
– Autres : Mirtazapine, Tianeptine, Agomélatine

B ) Modalités de prescription

  • Indications

Troubles de l’humeur
Épisode dépressif caractérisé : initiation et phase de consolidation  ;
– Trouble dépressif récurrent : phase de maintenance avec pour but la prévention des récidives.
Troubles anxieux 

Autres indications 
– Douleurs neuropathiques (imipraminiques et ISRSNA) ;
– Céphalées rebelles et migraines (imipraminiques et IMAO) ;
– Certains troubles du sommeil (narcolepsie avec cataplexie, énurésie …)
Remarque :
– Il est recommandé en première intention de prescrire un ISRS, un ISRSNA. La prescription d’un imipraminique ou d’un IMAO se fera en troisième ou même quatrième intention.
– Dans le cadre d’un épisode dépressif caractérisé dans un trouble bipolaire : le traitement doit être assuré en première intention par un thymorégulateur et jamais par
un antidépresseur seul (uniquement sous couverture d’un thymorégulateur)

  • Contre indications
ISRS / ISRSNA Imipraminiques IMAO Autres
Contre-indications absolues Association aux IMAO
Hypersensibilité connue
Glaucome à angle fermé
Adénome de prostate
Infarctus récent et Coronaropathie non stabilisée
 nsuffisance cardiaque décompensée
Trouble du rythme cardiaque
Association aux IMAO
Hypersensibilité connue
HTA
Phéochromocytome
AVC
Hypersensibilité connue
Polynévrites
Association aux IMAO
Hypersensibilité connue
Contre indications
relatives
Grossesse et allaitement(usage possible en fonction du rapport bénéfice risque)
Insuffisance hépatique et rénale (ajustement des
posologies)
Grossesse et allaitement(usage possible en fonction du rapport bénéfice risque)
Crise épileptique (abaissement du seuil épileptogène)
Insuffisance hépatique et
rénale (ajustement des posologies)
Âge supérieur à 75 ans
Trouble démentiel
Grossesse et allaitement
(on préfère cependant les
tricycliques et les ISRS)
Alimentation riche en tryptophane et tyramine (fromage fermenté, sauce
soja, hareng en Saumur, bière, vin…)
Grossesse et allaitement
(usage possible en fonction du rapport bénéfice risque)
Insuffisance hépatique(CI absolue
pour agomélatine) et rénale(ajustement des
posologies)
  • Prescription initiale

Bilan pré-thérapeutique :

– ISRS et ISRSNA : pas de bilan paraclinique systématique. Le bilan est toutefois à adapter selon les situations cliniques comme la surveillance de la natrémie chez le sujet âgé avec, l’ECG en cas d’antécédents cardiologiques, ou le bilan hépatique lors de la prescription de la duloxétine ;
– Imipraminiques et IMAO : ECG, bilan ophtalmologique, bilan rénal, bilan hépatique, EEG si antécédent d’épilepsie ;
– Agomélatine : bilan hépatique.

Posologie :

– Le traitement doit être débuté à faible posologie et augmenté progressivement
– Dans le traitement du trouble obsessionnel compulsif, la posologie utilisée peut être plus élevée que dans le traitement de l’épisode dépressif.
– Chez le sujet âgé, la posologie initiale doit être la moitié de celle utilisée chez l’adulte et les doses progressivement augmentées

  • Durée du traitement

– Après un premier épisode dépressif caractérisé, la durée de traitement recommandée est d’au moins 6 mois après rémission des symptômes ;
– En cas de trouble dépressif récurent et/ou de trouble anxieux, le traitement est indiqué pour une durée plus longue

– Au delà de deux épisode dépressif caractérisé, il est recommandé de maintenir le traitement antidépresseur au long cours (au moins deux ans) ;
– Pour un traitement de moins d’un an l’arrêt se fera en quelques semaines et en quelques mois pour un traitement de plus d’un an ;

Remarque :
– Les posologies seront diminuées progressivement pour éviter la survenue d’un syndrome d’arrêt aux antidépresseurs (se manifeste généralement dans la semaine suivant l’arrêt et dure moins d’une semaine)
– Syndrome d’arrêt aux antidépresseurs : anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, sensations vertigineuses, troubles neurosensoriels, et syndrome pseudo-grippal.

C ) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

ISRS/ISRSNA

Effets cardiaques : Allongement du QT sur l’ECG et donc risque de tachycardie ventriculaire
Effets digestifs : nausées, vomissement, diarrhée, douleurs digestives, constipation,
parfois sécheresse buccale, hépatotoxicité (en particuliers avec la duloxétine)
Effets neurologiques : tremblements, signes extra pyramidaux, irritabilité, céphalées
Troubles sexuels : Baisse du désir ou de l’excitation sexuelle, trouble de l’orgasme
Syndrome sérotoninergique : (rare mais grave) : Non spécifique, nécessité d’un bilan étiologique
– signes digestifs (nausées, diarrhée )
– signes neurologiques (syndrome confusionnel, agitation, tremblements, myoclonies, rigidité musculaire, hyperréflexie, troubles de la coordination, mydriase, akathisie, hallucinations) ;
– signes neurovégétatifs (tachycardie, tachypnée, dyspnée, fièvre, sudation, hyper ou hypotension artérielle). Il existe un risque de choc, de coma, de rhabdomyolyse ou de CIVD.
– effets métaboliques : Hyponatrémie par sécrétion inappropriée d’ADH (surtout chez le sujet âgé) Hypertension artérielle (en particulier pour les ISRSNA)

Imipraminiques
– Effets anticholinergiques centraux : confusions, plainte du sommeil
– Effets anticholinergiques périphériques : bouche sèche, troubles de l’accommodation, constipation, rétention d’urines…
– Effets antihistaminiques : sédation, somnolence diurne, prise de poids
– Effets adrénolytiques périphériques : Hypotension orthostatique
– Effets neurologiques : Tremblements, dysarthrie, Crise épileptique à dose élevée
– Effets neurovégétatifs : sueurs nocturnes, troubles sexuels, trouble de la conduction et de la repolarisation
– Effets allergiques et toxiques : agranulocytose, hépatites toxiques

IMAO
– Crise hypertensive +++ : risque de décès par hémorragie cérébrale ou méningée
– Signes anticholinergiques : sueurs, tremblements, bouche sèche, possible hypotension artérielle paradoxale
– Hépatotoxicité
– Polynévrite et névrite optique
– Risque d’interaction avec les aliments riches en tyramine et de nombreux médicaments comme les ISRS

Autres
– Prise de poids (miansérine, mirtazapine)
– Addiction (tianeptine)
– Hépatotoxicité (agomélatine)
– Agranulocytose rare pour la miansérine

3) Anxiolytiques 1

Définition : Les traitements médicamenteux anxiolytiques sont indiqués en cas de manifestations anxieuses intenses et invalidantes.
On distingue plusieurs classes de médicaments anxiolytiques :
– les benzodiazépines,
– les anxiolytiques non-benzodiazépines.

   3-1) Les benzodiazépines

A) Généralités

Définition : Les benzodiazépines constituent la classe principale des anxiolytiques

Mécanisme d’action :  Les benzodiazépines facilitent la transmission GABAergique et permettent donc de diminuer l’hyperexcitabilité neuronale associée à l’anxiété.
Cette propriété leur confère des effets :
– anxiolytiques
– sédatifs
– anti-épileptiques
– myorelaxants 
– amnésiants
– orexigènes

Principales molécules :
– oxazépam (Seresta®)
– lorazépam (Temesta®) – anxiolytique ++0
– alprazolam (Xanax®)
– bromazépam (Lexomil®)
– clobazam (Urbanyl®)
– diazépam (Valium®) – sédatif et myorelaxant ++0
– clorazépate dipotassique (Tranxene®)
– prazépam (Lysanxia®)
– clotiazépam (Veratran®)
– loflazépate d’éthyle (Victan®)
– nordazépam (Nordaz®

B) Modalités de prescription

  • Indication

– traitement symptomatique des manifestations anxieuses intenses et/ou invalidantes ;
– traitement préventif dans le cadre du sevrage en alcool : prévention du syndrome de sevrage (delirium tremens) ;
– traitement des crises épileptiques et des épilepsies (partielles ou généralisées).

  • Contre-indications

Absolues
– Hypersensibilité connue
– Insuffisance respiratoire sévère
– Insuffisance hépatique sévère
– Syndrome d’apnées obstructives du sommeil (non traité par pression positive continue PPC)
– Myasthénie

Relatives
– Grossesse et allaitement
– Insuffisance rénale
– Insuffisance hépatique (préférer l’oxazepam dans ce cas)
– Antécédent de troubles addictifs
– Antécédent de réaction paradoxale

  • Durée de traitement

– 4 à 12 semaines (incluant la période de sevrage) ;
– Réévaluation régulière de la prescription : pas d’arrêt brutal après un traitement de plusieurs semaines.

  • Règles de prescription 2

Evaluer la situation du patient : rechercher et prendre en charge spécifiquement une dépression ou un autre trouble psychiatrique à l’origine des manifestations anxieuses, rechercher une origine somatique (hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, phéochromocytome, hypoglycémie…) ou toxique (caféine, stimulants, alcool, drogues…) des symptômes anxieux, confirmer la nécessité du traitement par benzodiazépine anxiolytique.
Limiter la prescription à 12 semaines. Dans l’anxiété et l’insomnie, les benzodiazépines ont montré leur efficacité sur des durées brèves de traitement. Elles perdent leur intérêt thérapeutique en cas de traitement prolongé qui, dans la plupart des cas, devient injustifié alors qu’en parallèle les effets indésirables persistent.
Débuter par les doses les plus faibles adaptées à la situation clinique.
Ne pas associer plusieurs benzodiazépines anxiolytiques ou hypnotiques.
Dès l’instauration d’un traitement par benzodiazépine, expliquer au patient : la durée brève du traitement, ses modalités d’arrêt, les risques associés : sédation, dépendance, interaction avec l’alcool, risque de la conduite automobile
En complément du traitement par benzodiazépine : expliquer et vérifier le respect des règles hygiéno-diététiques, proposer une prise en charge psychologique adaptée.
Ne pas reconduire une prescription sans réévaluation régulière de sa nécessité. – Arrêter progressivement le traitement.

C) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

– sédation : somnolence diurne, asthénie, sensation vertigineuse, altération de la vigilance (potentialisée par les consommations d’alcool)
– altérations cognitives : altération de la mémoire et des capacités de réaction (confusion possible chez le sujet âgé)
– perturbations du comportement : effet désinhibiteur (favorisés par les consommations d’alcool)
– réactions paradoxales : agitation et agressivité (favorisées par les consommations d’alcool)
– actes automatiques amnésiques : chez les patients impulsifs pouvant avoir des conséquences médico-légales
– dépendance : c’est le principal effet indésirable avec la survenue d’un syndrome de sevrage à l’arrêt du traitement. Une benzodiazépine de demi-vie courte, une posologie élevée, des antécédents de dépendance, une escalade des doses et un traitement prolongé en sont les principaux facteurs de risque
– rebond de l’anxiété : à l’arrêt du traitement, réapparition de symptômes anxieux plus intenses qu’à l’initiation du traitement diminuant en quelques jours.

   3-2) Les non benzodiazépines

Classes et molécules Molécules Particularités Contre-indications absolues
Antihistaminique Hydroxyzine(Atarax®) Anxiolyse moins importante qu’avec les benzodiazépines
Efficacité rapide dès la première prise
Pas de risque de dépendance
Effets anticholinergiques
(sécheresse buccale, risque de rétention aigue d’urine, etc.)
Allongement de l’intervalle QT
Hypersensibilité connue
Stade précoce de la grossesse
Glaucome à angle fermé
Adénome prostatique
QT long
β-bloquants Propranolol (Avlocardyl®) Effet anxiolytique lié à un
effet périphérique
Traitement des manifestations
physiques de l’anxiété associées aux états émotionnels, de manière transitoire
Bronchopneumopathie chronique obstructive et asthme
Insuffisance cardiaque non contrôlée
Choc cardiogénique
BAV 2 et 3 non appareillés
Angor de Prinzmetal
Maladie du sinus
Bradycardie (< 45-50 battements par minute)
Phénomène de Raynaud et troubles artériels périphériques
Phéochromocytome
Hypotension artérielle
Hypersensibilité connue
Insuffisance hépatique sévère
Prédisposition à l’hypoglycémie
Autres anxiolytiques non
benzodiazépiniques
Buspirone (Buspar®) Effet principal : anxiolyse
Action retardée (après une
semaine de traitement)
Anxiolyse moins importante
qu’avec les benzodiazépines
Pas de risque de dépendance
Hypersensibilité connue
Association à un IMAO
Autres anxiolytiques non
benzodiazépiniques
Etifoxine (Stresam®) Anxiolyse moins importante
qu’avec les benzodiazépines
État de choc
Insuffisance hépatique ou rénale sévère
Myasthénie
Grossesse et allaitement

 

4) Hypnotiques 1

A ) Généralités

Définition : Les traitements hypnotiques sont des traitements psychotropes ayant la possibilité d’induire le sommeil. Il existe deux classes d’hypnotiques :
* les hypnotiques benzodiazépiniques ;
* les hypnotiques apparentés ou médicament dit « en Z ».

Mécanisme d’action : Ces molécules sont proches des anxiolytiques qui par leurs propriétés anxiolytiques et sédatives sont parfois utilisées pour favoriser l’endormissement en réduisant les manifestations anxieuses le soir au coucher, en particulier dans les symptômes d’insomnie de troubles psychiatrique. Les hypnotiques apparentés benzodiazépiniques ne sont agonistes que d’un sous type du récepteur aux benzodiazépines : la sous unité alpha 1 du récepteur GABA-A. Par cette affinité sélective, l’effet inducteur du sommeil serait plus spécifique, et les effets anxiolytiques, sédatifs, antiépileptiques, myorelaxants et amnésiants de ces molécules seraient moindres.

Principales molécules :
⇒ Les hypnotiques de type benzodiazépines :
– le Lormétazépam – NOCTAMIDE®,
– le Loprazolam – HAVLANE®.
Ils entrainent une diminution de la latence d’apparition du sommeil et privilégient les stades de sommeil lent superficiel au détriment des stades de sommeil lent et profond et de sommeil paradoxal.
⇒ Les deux molécules hypnotiques de types « médicaments en Z » :
– le Zolpidem – STILNOX®,
– le Zopiclone – IMOVANE®.
Ils entrainent une diminution de la latence d’apparition du sommeil avec une action hypnotique plus spécifique et respectent mieux l’architecture du sommeil que les benzodiazépines. Demi-vie du zolpidem < zopiclone.

B ) Modalités de prescription

  • Indications

– Insomnie aigue transitoire : sur une courte période (de quelques jours à 2 ou 3 semaines)

  • Contre-indications

Le zolpidem et le zopiclone sont contre-indiqué dans les situation suivantes :
– grossesse et allaitement
– enfant de moins de 15 ans
– insuffisance respiratoire sévère
– insuffisance hépatique
– insuffisance rénale
– myasthénie
– intolérance génétique au galactose
– hypersensibilité
– patient souffrant de plainte d’insomnie avec un syndrome d’apnées obstructives du sommeil non traité par PPC.

  • Règles de prescription

– Ne pas associer deux hypnotiques ou un hypnotique et un anxiolytique ;
– Ne pas initier une prescription d’hypnotique, sans respecter les posologies recommandées.
– Le traitement sera prescrit à la dose minimale efficace ;
– Il convient de veiller à la durée de prescription (limitée à 4 semaines) ;
– L’arrêt doit toujours être anticipé avant le début du traitement.
– Posologies plus faibles chez personnes âgées. De même ils doivent éviter un coucher trop tôt.

  • Durée du traitement

La durée de prescription est limitée à 4 semaines (non renouvelable).

C) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance.

  • Effets indésirables

– idem anxiolytiques benzodiazépines
– risque de dépendance particulier pour les hypnotiques
– risque dépresseur respiratoire chez les patients souffrant de syndrome d’apnées obstructives du sommeil non traité par PPC
– Zopiclone : un goût amer dans la bouche le matin
– Zolpidem : hallucinations hypnagogiques

5) Thymorégulateurs 1

A) Généralités

Définition : Les thymorégulateurs sont des stabilisateurs de l’humeur dont l’action clinique principale est la diminution de la fréquence, de la durée et de l’intensité des épisodes thymiques (maniaque ou dépressif). Ils représentent une classe pharmacologique assez restreinte qui comprend :
– les sels de lithium
– les anti-épileptiques
– plusieurs antipsychotiques de deuxième génération (aripiprazole, olanzapine, risperidone, quetiapine).

Mécanisme d’action : encore mal connu
–  modifications de l’équilibre hydroélectrique et de l’équilibre membranaire
–  modifications des activités enzymatiques
–  modifications du signal intracellulaire
–  modifications directes sur certains neuromédiateurs (dont les systèmes sérotoninergique, noradrénergique et GABAergique)

Principales molécules : 

– Lithium (traitement de référence) : Teralithe® 250 mg à libération immédiate ou 400 mg à libération prolongée ;
– anti-épileptique : valproate, valpromide (Depakote®, Depamide®), carbamazépine (Tegretol®), lamotrigine (Lamictal®) ;
– antipsychotique 2e génération : olanzapine (Zyprexa®), rispéridone (Risperdal®), aripiprazole (Abilify®), quetiapine (Xeroquel®)

B) Modalités de prescription

  • Indications

– traitement curatif de l’épisode maniaque (sels de lithiums, valpromide, valproate, les antipsychotiques atypiques)
– traitement curatif de l’épisode dépressif (sels de lithium, lamotrigine, quetiapine)
– traitement préventif de la récidive (sels de lithium, carbamazépine, valpromide, valproate, lamotrigine, les antipsychotiques atypiques sauf la risperidone)
Remarque :  La clozapine (Leponex®) peut être employée dans le cas très spécifique de trouble schizo-affectif pour le traitement préventif des récidives.

  • Contre-indications  

> Lithium
Absolues 
– Insuffisance rénale même modérée (clairance de la créatinine < 85 mL/minute)
– Déplétion hydro-sodée, hyponatrémie
– Régime sans sel ou peu salé
– Coronaropathie sévère
– Association aux diurétiques
– Insuffisance cardiaque instable
– Allaitement

Relatives
– HTA
– Épilepsie
– Hypothyroïdie
– Grossesse avec risque de cardiopathie congénitale d’Ebstein (1er trimestre)

> Carbamazépine
Absolues 
– Hypersensibilité connue
– Troubles de la conduction cardiaque (bloc auriculoventriculaire)
– Antécédent de porphyrie aiguë intermittente
– Antécédent d’aplasie médullaire
– Association aux IMAO

Relatives
– Allaitement
– Grossesse
– Insuffisance hépatique sévère
– Glaucome à angle fermé
– Adénome de prostate

> Valproate, Valpromide
Absolues 
– Hypersensibilité connue
– Hépatite aiguë
– Hépatite chronique
– Antécédent personnel ou familial d’hépatite sévère
– Porphyrie hépatique

Relatives
– Association à la Lamotrigine
– Allaitement
– Femme en âge de procréer
– Grossesse

> Lamotrigine
Absolues
– Hypersensibilité connue
– Antécédents de syndrome de Stevens-Johnson ou de syndrome de Lyell avec la Lamotrigine.

Relatives
– Antécédents d’allergie ou d’éruptions cutanées avec d’autres antiépileptiques

  • Règles de prescription

Le choix de la molécule se fera en fonction :
– du terrain : existence de contre-indications, d’une grossesse, interactions médicamenteuses, etc.
– de la polarité de l’épisode : maniaque ou dépressif
– de la forme clinique du trouble dont souffre le patient et selon la polarité prédominante des récidives
– Le Lithium +++ chez  patient suicidaire ou avec antécédent de tentative de suicide(seul thymorégulateur efficace dans la prévention du suicide)

  • Bilan pré-thérapeutique
Lithium Anti-épileptiques
Bilan clinique Examen clinique complet faisant le point sur les comorbidités et les traitements en cours pour rechercher des contre-indications et les interactions médicamenteuses possibles Examen clinique complet faisant le point sur les comorbidités et les traitements en cours pour rechercher des contre-indications et les interactions médicamenteuses possibles
Bilan paraclinique NFS-plaquettes
Glycémie à jeun
Ionogramme sanguin
Créatininémie, urémie, clairance de la créatinine, protéinurie, glycosurie
Calcémie
Bilan thyroïdien (TSH)
βHCG (femme en âge de procréer)
ECG
NFS-plaquettes
Bilan hépatique, TP
βHCG chez une femme en âge de procréer
  • Durée du traitement

La durée du traitement par thymorégulateur sera  au long cours afin d’éviter les récidives.

C) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance 

  • Effets indésirables

> Lithium
Neuropsychiques : Tremblements (fréquents), signes extrapyramidaux
Endocriniens : Prise de poids, Hypothyroïdie, Goitre, Hypercalcémie, Hyperparathyroïdie
Rénaux : Syndrome polyuropolydipsique, Syndrome néphrotique (Glomérulonéphrite extra-membraneuse), Néphropathie tubulo-interstitielle
Digestifs : Nausée, Disgueusie, Diarrhée, Gastralgie
Cardiovasculaires : Troubles de la conduction, Troubles de la repolarisation, Myocardites
Hématologiques : Hyperleucocytose avec lymphopénie
Dermatologiques : Acné, Psoriasis, Alopécie, Rash cutané, Prurit

> Carbamazépine
Neuropsychiques : Confusion, Somnolence, Vertige, Ataxie, Céphalées
Digestifs : Nausée, Vomissement
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Hématologiques : Cytopénies diverses voire pancytopénie
Dermatologique : Rash cutané, Syndrome de Lyell
Neurovégétatifs : Effets anticholinergiques, Constipation, Sécheresse buccale, Trouble de l’accommodation
Métaboliques : Hyponatrémie, Prise de poids

> Valproate / Valpromide
Neuropsychiques : Confusion (voir encéphalopathie avec hyperamoniémie), Somnolence, Tremblement, Signes extrapyramidaux, Hypotonie
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Digestifs : Nausée, vomissement, diarrhée
Hématologiques : Hypofibrinogénémie, Cytopénies
Dermatologiques : Alopécie
Métaboliques : Hyponatrémie

> Lamotrigine
Neuropsychiques : Agressivité, irritabilité, Céphalées, Somnolence
Hépatiques : Hépatite médicamenteuse
Hématologiques : Cytopénies diverses voire pancytopénie
Dermatologique : éruptions cutanées bénignes et transitoires, très rarement : éruptions cutanées graves (syndrome de Stevens-Johnson et syndrome de Lyell)
Neurovégétatifs : Diplopie, vision floue
Digestifs : Nausées, vomissements, diarrhée, sécheresse buccale
Rhumathologiques : Arthalgies

  • Suivi
Lithium anti-épileptiques
Eléments de suivi Clinique
Lithiémie
Bilans rénal et thyroïdien tous les 6 mois
Calcémie et ECG tous les ans
Clinique
Contrôles réguliers NFS, plaquettes,
bilan hépatique complet (dont le TP)
Dosage possible pour surveiller la dose efficace tous les mois pendant les 6 premiers mois, puis tous les 6 mois

 

6) Psychostimulants 1

A) Généralités

Définition : Les psychostimulants sont des molécules qui stimulent la vigilance. Les psychostimulants sont prescrits pour améliorer l’attention et réduire la somnolence diurne excessive.
Deux molécules psychostimulantes sont disponibles en France :
– le méthylphénidate
– le modafinil.

Mécanisme d’action : Le méthylphénidate est un inhibiteur de la recapture de la dopamine et dans une moindre mesure la noradrénaline. Le modafinil à un mécanisme d’action qui n’est pas connu avec certitude, mais il augmente la transmission dopaminergique.
Les psychostimulants possèdent à des degrés divers les propriétés suivantes :
– stimulation de l’attention
– amélioration de la vigilance/difficultés d’endormissement
– effet anorexigène
– stimulation du système cardiovasculaire.

Principales molécules : Le méthylphénidate existe sous deux formes
– une forme à libération immédiate (Ritaline®) d’une durée d’action d’environ 3 h
– des formes à libération prolongée (Ritaline LP®, Quasym LP®, Concerta LP®, Medikinet LP®), d’une durée d’action comprise entre 6 et 10 heures
Le modafinil est commercialisé sous le nom Modiodal®

B) Modalités de prescription

  • Indications

> Le méthylphénidate
– traitement du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’enfant de plus de 6 ans (prescription possible chez l’adulte hors AMM)
– traitement de deuxième ligne de la somnolence dans la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique en cas d’échec du modafinil

> Le modafinil : traitement de première intention de la somnolence dans la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique.

  • Contre-indications

Idem pour les deux molécules :
– les psychostimulants ne sont pas recommandés au cours de la grossesse et de l’allaitement
– valvulopathies
– insuffisance cardiaque
– troubles du rythme cardiaque non contrôlés
– hypertension artérielle modérée à sévère non contrôlée
– hypersensibilité

  • Bilan pré-thérapeutique

Le bilan pré-thérapeutique a pour but principal de dépister une pathologie cardiovasculaire ( Consultation cardiologie, ECG, Echographie cardiaque etc.)

  • Règles de prescription

> Le méthylphénidate
– Toutes les prescriptions (prescription initiale hospitalière et les prescriptions de renouvellement) sont réalisées sur des ordonnances sécurisées
– La posologie et la durée doivent être inscrites en toutes lettres
– Les coordonnées de la pharmacie doivent être inscrites sur l’ordonnance
– La durée maximale de chaque ordonnance est de 28 jours
– Une ordonnance par un médecin exerçant en milieu hospitalier doit être réalisée : lors de la première prescription ; à chaque modification de doses ; au moins une fois par an.

> Le modafinil
– Toutes les prescriptions (prescriptions hospitalières et les prescriptions de renouvellement) sont réalisées sur des ordonnances de médicament d’exception
– La durée maximale de chaque ordonnance est de 6 mois
– Une ordonnance par un médecin exerçant en services spécialisés en neurologie ou en centres du sommeil doit être réalisée : lors de la première prescription, à chaque modification de doses, au moins une fois par an.
– La délivrance du traitement par la pharmacie d’officine est pour une durée de 1 mois

  • Durée du traitement

– Le traitement par méthylphénidate peut être poursuivi tant que le retentissement du TDAH le justifie
– Chez l’enfant, le méthylphénidate peut être arrêté durant les vacances scolaires et les week-ends
– La narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique étant des maladies chroniques, le modafinil est en général prescrit au long cours

C) Modalités de surveillance

Surveillance de l’efficacité et de la tolérance

  • Effets indésirables

> Le méthylphénidate
– diminution de l’appétit
– difficultés d’endormissement ;
– douleurs abdominales, nausées ou céphalées ;
– augmentation modérée de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle; palpitations (rarement).

> Le modafinil
– Généralement bien toléré
– Effets indésirables proches du méthylphénidate
– Réactions cutanées graves (syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique
toxique, éruption médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémique : syndrome DRESS) : rarement

Les nerfs crâniens

Neuro


Dernières mises à jour
Sources

1) Le nerf olfactif (I) 1

Nerf sensitif 0. Il intervient dans l’olfaction.
Ce n’est pas à proprement parlé un nerf cranien (pas de gaine de Schwann) mais une évagination du cerveau.

  • Sémiologie

Une atteinte du nerf olfactif retrouve : 
– Une diminution (hyposmie) ou une perte (anosmie) de l’odorat 
– Rarement une exagération de la perception des odeurs (hyperosmie) 0
– Des hallucinations olfactives 0
– une altération du goût des aliments (seule est préservée la sapidité : perception du sucré, du salé, de l’amer et de l’acide)

  • Etiologies

– Altération de la muqueuse nasale (rhinite, etc.)
– Traumatismes crâniens
– Tumeur de l’étage antérieur (méningiome olfactif 0)
– Anosmie congénitale 0

  • Exploration

Qualitatif : sujet les yeux fermés, présenter devant chaque narine séparément (en bouchant l’autre) de petits flacons contenant des substances odorantes (lavande, ail, menthe…) ; Eviter les substances irritantes (éther, ammoniac) qui risquent de stimuler d’autres terminaisons nerveuses que celles du nerf olfactif.

Quantitatif : Olfactométrie 0

2) Le nerf optique (II) 1

 Nerf sensitif 0. Il intervient dans la vision.
Ce n’est pas à proprement parlé un nerf crânien (pas de gaine de Schwann) mais une évagination du cerveau.

  • Sémiologie

Une atteinte du nerf optique retrouve :
– Acuité visuelle : diminution de l’acuité visuelle (amblyopie), absence de toute perception lumineuse (amaurose) ; trouble de la perception de couleurs (dyschromatopsie)
– Champ visuelle : perte de la vision dans un hémichamp ( hémianopsie) ; lacunes affectant le champ visuel central (scotomes)

  • Etiologies0

– Causes infectieuses, tumorales, traumatiques, iatrogènes.

  • Exploration :

– acuité visuelle : Echelle de Monnoyer (vision de loin); Echelle de Parinaud (vision de près)
– champ visuel : On l’étudie au lit du malade grâce aux doigts de l’examinateur ou à des boules. Cet examen peut être complété par une étude campimétrique grâce à l’utilisation de différents appareils (appareil de Goldman) 0

3) Les nerfs oculomoteurs (III, IV et VI) 1

Ils sont tous les trois des nerfs moteurs. Innervent les muscles de l’œil.

  • Sémiologie

Une atteinte de ces nerfs est à l’origine de paralysies oculomotrices (ou ophtalmoplégies). On distingue :
– Ophtalmoplégie nucléaires (atteinte des noyaux oculomoteurs) ou tronculaires (atteinte du tronc nerveux)
– Ophtalmoplégie supra-nucléaires (atteinte des centres de commande oculomotrice)
– Ophtalmoplégie internucléaires (atteinte du faisceau longitudinal médian)

Atteintes nucléaires et tronculaires :

⇒ L’atteinte du noyau ou du tronc du III :
– un strabisme externe (déviation du globe oculaire en abduction);
– Une impossibilité ou limitation des mouvements oculaires en adduction, en haut et en bas;
– Un ptosis (chute de la paupière supérieure)
– Une mydriase (dilatation de la pupille : le III comporte un contingent végétatif, parasympathique), qui peut être réactive à la lumière, ou aréactive

⇒ L’atteinte du noyau ou du tronc du VI :
– Un strabisme interne (déviation de l’œil en adduction)
– Impossibilité ou limitation des mouvements oculaires en abduction

‍⇒ L’atteinte du noyau ou du tronc du IV :
– limitation des mouvements oculaires vers le bas lorsque l’œil est en adduction
– +/- inclinaison compensatoire de la tête vers l’épaule du côté sain, parfois douloureuse : « torticolis oculaire »)

Atteintes supra-nucléaires :

– Les paralysies de la latéralité
– Les paralysies de la verticalité (Syndrome de Parinaud)

Atteintes internucléaires :

– Déconjugaison des yeux dans le regard latéral : l’œil en abduction est animé d’un nystagmus, tandis que l’autre œil ne passe pas la ligne médiane (atteinte du faisceau longitudinal médian)
– les globes oculaires peuvent converger (témoigne de l’intégrité du noyau du III)

  • Exploration

– Examen clinique minutieux 0
– Test de LANCASTER

4) Le Nerf trijumeau (V) 1

Nerf moteur et sensitif. C’est le nerf de la sensibilité de la face et de la mastication.

  • Sémiologie

Une atteinte de ce nerf retrouve :
Des douleurs ++ (névralgie du trijumeau ou névralgie faciale) :
. fulgurante, d’une intensité atroce survenant en salve de quelques secondes par décharge électrique
. déclenchée par la parole, la mastication, le brossage des dents ou le simple contact par effleurement d’une zone gâchette (le sourcil pour le V-l, le pli naso-génien pour le V-2, le menton pour le V-3)
– Des paresthésies, une hypoesthésie ou une anesthésie
– Une bouche oblique ovalaire (déficit de la contraction massétérine et de la diduction)

  • Exploration :

– Exploration de la sensibilité en faisant reconnaître au patient les yeux fermés, la nature de l’objet doux ou piquant qui le touche ( Toucher le haut du sourcil, la joue, la mandibule avec l’objet)
– Exploration de la motricité en appréciant le tonus de masséter à la contraction de celui-ci.

5) Le nerf facial (VII) 1

Le nerfs facial proprement dit est un nerf moteur. Il est accompagné par un nerf sensitivo-sensoriel, le nerf intermédiaire de Wrisberg (VII bis).

  • Sémiologie

Un déficit du nerf facial retrouve :

La paralysie faciale périphérique :
–  asymétrie de la face au repos ( côté atteint : effacement des rides du front ; élargissement de la fente palpébrale ; effacement du pli naso-génien ; chute de la commissure labiale.) Mais parfois paralysie bilatérale
–  lors des mouvements volontaires : Occlusion incomplète de l’œil avec le signe de Charles Bell ; le signe des cils de Souques ; la bouche attirée vers le côté sain lorsque ouverte ; la langue tirée dévie vers le côté paralysé ; le patient ne peut ni souffler ni siffler ; dysarthrie avec écoulement salivaire

Hémispasme facial après régression de la paralysie ou parfois en dehors de toute paralysie ( blépharospasme et mouvements d’attraction de la commissure des lèvres)

  • Etiologies  0

– Lésions vasculaires, tumorales, infectieuses
– Traumatismes
– Maladies générales : sarcoïdose, sclérose en plaque, polyradiculonévrite aiguë, périartérite noueuse

  • Exploration

Examen clinique minutieux 0

6) Le nerf cochléovestibulaire (VIII) 1

Nerf sensitif. Il intervient dans l’audition et l’équilibre.

  • Sémiologie

Une atteinte du nerf cochléaire retrouve :
– Une surdité ou hypoacousie, dite de perception (par opposition à la surdité de transmission, par atteinte de l’oreille moyenne)
– Des acouphènes

Une atteinte du nerf vestibulaire retrouve :
– Un vertige accompagné nausées et vomissements
– Des troubles de l’équilibre ( signe de Romberg labyrinthe, parfois station debout impossible)
– Des troubles de la marche (démarche  ébrieuse, marche aveugle  »en étoile » ; parfois marche impossible )
– Un nystagmus

  • Etiologies  0

– Lésions tumorales, infectieuses, vasculaires
– Traumatismes

  • Exploration  

– Audiogramme et potentiels évoqués auditifs
– Epreuve de marche et de station debout

7) Les nerfs glossopharyngien (IX), vague (X) et spinal (XI) 1

Mixtes, nerfs de la déglutition et de la phonation (Nerf spinal purement moteur). Le nerf vague intervient dans la régulation des fonctions cardiaques, digestives, et endocriniennes. 0

  • Sémiologie

Signes communs :
– troubles de la déglutition
– troubles de la phonation : voix nasonnée
– signe du rideau : déplacement vers le haut et le côté sain de la paroi postérieure du pharynx lorsque le patient prononce la lettre « A »
– abolition du réflexe du voile

Un atteinte isolée du nerf :
– IX retrouve :  douleur unilatérale paroxystique de la loge amygdalienne provoquée par les mouvements de déglutition.
– X retrouve une voix bitonale; Irritation digestive; troubles de la cardiomodération.
– XI retrouve : faiblesse de la rotation de la tête vers le côté sain (mieux appréciée lors du mouvement contrarié) et faiblesse de l’élévation de l’épaule.

  • Etiologies  0

– Atteintes du trou déchiré postérieur ++

  • Exploration

– Examen clinique minutieux 0

8) Le nerf hypoglosse (XII) 1

C’est le nerf moteur de la langue.

  • Sémiologie

Une atteinte de ce nerf retrouve :
– une déviation de la langue vers le côté paralysé, lors de la protraction , vers le côté sain quand elle est dans la bouche.
– une amyotrophie de l’hémi langue et des fasciculations en cas d’atteintes sévères.

  • Etiologies  0

– atteintes du bulbe
– atteintes de la base du crâne

  • Exploration  0

Examen clinique minutieux.

9) Synthèse 0

Nom Nature Rôle
I Nerf Olfactif Sensitif Perception des odeurs
II Nerf optique Sensitif Vision
III Nerf oculomoteur commun Moteur Innerve le releveur de la paupière supérieure, les muscles oculomoteurs sauf le droit externe  et le grand oblique, le constricteur de l’iris et la partie annulaire du muscle ciliaire
IV Nerf trochléaire Moteur Innervation du grand oblique
V Nerf trijumeau Mixte Sensibilité de la face et mastication
VI Nerf abducens Moteur Innervation du muscle droit externe
VII Nerf facial Moteur ( le VII bis est mixte) Motricité faciale
VIII Nerf cochléovestibulaire Sensitif Audition et Equilibre
IX Nerf glossopharyngien Mixte Déglutition et phonation
X Nerf vague Mixte Cardiomodérateur; hypotenseur; régulation de l’activité de certaines glandes (digestives, thyroïde, pancréas, surrénale) ; Déglutition et phonation
XI Nerf spinal Moteur Déglutition et phonation
XII Nerf hypoglosse Moteur Fonction motrice de la langue