Trouble anxieux généralisé

Psy
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 64


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Sommaire

1) Généralité 1

Déf : le trouble anxieux généralisé (TAG), parfois appelé « maladie des inquiétudes » est un trouble anxieux évoluant pendant ≥ 6 mois.

Physiopathologie : le TAG est d’origine multifactorielle avec des facteurs génétiques (tempérament anxieux, sensibilité au stress) et environnementaux (pression professionnelle, stress divers). Les mécanismes cognitifs impliquent des interprétations erronées avec attribution d’un caractère dangereux et menaçant aux stimuli sans danger objectif (« alerte émotionnelle anormale ») ; et une forme « d’intolérance à l’incertitude » participant aux inquiétudes et aux comportements d’évitement.

Epidémiologie :
– Prévalence vie entière de 5 %
– Prédominance féminine (sex-ratio 2:1)
– Début à tout âge, le plus souvent vers 35-45 ans
– Trouble anxieux du sujet âgé le plus fréquent

2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Anxiété excessive, difficile à contrôler durant ≥ 6 mois
Signes physiques et perturbation des fonctions physiologiques
Souffrance significative / retentissement socio-professionnelle
Absence d’effets d’une substance ou d’une autre pathologie

A ) Clinique

Symptômes :
anxiété ++ , caractérisée ici par une appréhension continue, sans élément déclencheur, et marquée par des inquiétudes et ruminations diverses portant sur au moins 2 thèmes. L’anxiété est excessive (non justifiée par des éléments réels) et non contrôlable.
+/- signes d’hypervigilance : sursaut au moindre bruit / surprise

Signes physiques : variés, souvent seul motif de consultation !
– troubles de l’appétit et du sommeil
– myalgies, céphalées
– symptômes digestifs, hyperactivité végétative
– asthénie…

  •  Critères DSM-5 du trouble anxieux généralisé

A. Anxiété et soucis excessifs (attente avec appréhension) survenant la plupart du temps durant au moins 6 mois concernant un certain nombre d’événements ou d’activités (travail / performances scolaires).

B. La personne éprouve de la difficulté à contrôler cette préoccupation.

C. L’anxiété et les soucis sont associés à ≥ trois des six symptômes suivants (dont au moins certains symptômes présents la plupart du temps durant les 6 derniers mois) :
– Agitation ou sensation d’être survolté ou à bout
– Fatigabilité
– Difficultés de concentration ou trous de la mémoire
– Irritabilité
– Tension musculaire
– Perturbation du sommeil (difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu agité et non satisfaisant)

D. L’anxiété, les soucis ou les symptômes physiques entraînent une détresse ou une altération cliniquement significatives du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

E. La perturbation n’est pas imputable aux effets physiologiques d’une substance (par exemple substance donnant lieu à abus, médicament) ou d’une autre affection médicale (par exemple hyperthyroïdie).

F. La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble mental. 

B ) Paraclinique

Le diagnostic de TAG est clinique.

C ) Diagnostic différentiel

Pathologies non-psychiatriques
– Cardiovasculaires : SCA, HTA, troubles du rythme…
– Respiratoires : asthme…
– Neurologiques : épilepsie, SEP, crise migraineuse, AIT…
– Endocriniennes : hypoglycémie, diabète, dysthyroïdie, phéochromocytome, hyperthyroïdie, syndrome de Cushing, hypoparathyroïdie…

Prise de substance psychoactive
– Amphétamines, cocaïne, hallucinogènes, cannabis…
– Syndrome de sevrage (alcool, BZD, opiacés…)

Pathologies psychiatriques : autres troubles anxieux +++
– Stress post-traumatique et trouble de l’adaptation avec anxiété (stress « réactionnel »)
– Trouble panique
– Trouble obsessionnel compulsif
– Hypochondrie (mais composante hypochondriaque fréquente dans le TAG)
– Trouble dépressif caractérisé (peut être un différentiel, ou se surajouter à un TAG constitué)
– Anorexie mentale (peur de prendre du poid), anxiété de séparation, …

3) Evolution 1

A) Histoire naturelle

L’évolution du TAG est chronique, avec de possibles fluctuations (atténuation sur quelques semaines ou moins, puis nouveaux épisodes).
Lien étroit avec les autres troubles anxieux et l’épisode dépressif caractérisé.

B) Complications

– Episode dépressif caractérisé
– Suicide
– Troubles addictifs

4) PEC 1

A ) Bilan

Recherche de comordibités
– Autres troubles anxieux : phobie sociale, trouble panique
– Troubles de la personnalité ‘anxieux’ : personnalité dépendante et évitante
– Troubles addictifs
– Episode dépressif caractérisé

Evaluation du risque suicidaire ++

B ) Traitement

Traitement ambulatoire sauf cas exceptionnel de phase très aiguë (comorbidité dépressive ++)

  • Mesures générales

Education thérapeutique
– Arrêt des excitants : café, tabac, alcool…
– Equilibre alimentaire, activité physique, règles de sommeil
– Techniques de relaxation
– Information sur les risques liés aux anxiolytiques

Psychothérapie : TCC +++, parfois thérapie psychanalytique ou familiale selon la demande du patient et les facteurs psychologiques associés.

PEC des comorbidités et complications

  • Traitement pharmacologique

> Traitement de fond
Indication : formes sévères et invalidantes, avec échec des mesures générales et indépendamment de l’existence ou non d’un trouble dépressif caractérisé.
Molécule : ISRS en 1ère intention, Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNA) en 2e intention
Posologie : idem trouble dépressif caractérisé, avec faible dose initiale. Durée 6-12mois

> Traitement ponctuel
Indication : manifestations anxieuses intenses et invalidantes et/ou en attendant l’efficacité du traitement de fond
Molécules : BZD ou hydroxyzine
Posologie : utilisation ponctuelle, maximum 12 semaines

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3 réflexions au sujet de « Trouble anxieux généralisé »

  1. Les signes et symptômes de l’anxiété peuvent être présents en dehors de toute pathologie. Ils peuvent devenir pathologiques du fait de leur intensité, de leur retentissement et de leur mauvais contrôle. Ils sont alors inscrits dans l’un de ces 2 cadres
    – Signes ou symptômes dans presque toutes les pathologies psychiatriques
    – Diagnostic spécifique des troubles anxieux (voir item 64)

  2. En allemagne, la prégabaline fait également partie des médicaments de première intention (uniquement pour le TAG, pas pour les autres troubles phobiques !)

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