Urticaire chronique spontanée

Dermato
Fiche réalisée selon le plan MGS


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Sommaire


1) Généralité 0 

  • Définition

Urticaire évoluant depuis plus de 6 semaines, soit de manière quasi-quotidien (u. chronique), soit >3 poussées avec interval libre (u. récidivant).

L’urticaire chronique spontané est la forme d’urticaire chronique la plus commune. C’est une pathologie due à la fragilité des mastocytes cutanés, entrainant la libération d’histamine. Elle est multifactorielle
– facteur génétique
– facteur environnementaux (=stimuli)
– facteurs immunologique

  • Simuli = Causes sous-jacentes

Les différents stimuli décrit sont :
– Stress, fatigue
– Infection, dont la toxocarose.
– Aliments et médicaments histamino-libérateurs
– Thyroïdite

Le plus souvent, le stimuli n’est pas identifié (UCS de cause inconnu).

 2) Diagnostic 0 

CliniqueParaclinique
Urticaire superficielle ou profonde
Absence de signes généraux
-

A ) Clinique

Terrain : souvent terrain atopique ou auto-immun

Formes cliniques :

– urticaire superficielle : éruption cutanée prurigineuse, faites de lésions migratrices et fugaces (<24h, souvent <1h) sous forme de papules érythémateuses. Apparition souvent brutale et disparition sans laisser de traces. Prurit intense.

– angio-oedème (= urticaire profonde) : Oedeme hypodermique réalisant une tuméfaction ferme mal limitée et douloureuse. Touche préférentiellement les paupières, lèvres, extrémités, souvent de manière symétrique.

– formes particulières
>Urticaire annulaire : lésions polycycliques d’extension centrifuge avec guérison centrale
>Urticaire ecchymotique chez l’enfant

Il n’existe souvent aucun signe systémique !

B) Paraclinique

Aucun examen complémentaire n’est utile, et ne permet de confirmer le diagnostic.

C) Différentiel

Autre cause d’urticaire chronique (cf fiche OD devant un UC)
– urticaire bradykinique
– vascularite urticairienne
– syndrome auto-inflammatoire
– allergie de contact répété (latex, produit cosmétique)

DD Angio-oedèmes récidivants isolés
– Infections de contiguité (dentaires, sinusiennes)
– Œdème systémique (syndrome néphrotique, insuff cardiaque), syndrome cave supérieur

3) Evolution 0

Toujours bonne évolution, avec bonne sensibilité aux anti-histaminique et guérison après quelques années

4) PEC 

A ) Bilan 0

  • Bilan de gravité

Recherche de signes évoquant une complication aigüe grave de l’urticaire :  l’anaphylaxie 

Cette complication ne concerne jamais l’UCS et doivent faire revoir le diagnostic.

  • Recherches de causes sous-jacentes

Clinique 0 : On notera
– Origine alimentaire : troubles dyspéptique post-prandiaux
– Origine médicamenteuse : Angio-œdème récidivant de la lèvre ou sphère ORL
– Eventuel signe de thyroïdite, contexte de toxocarose…

Paraclinique 1,2 :
En l’absence de signe d’orientation clinique, bilan seulement en cas d’échec du traitement anti-H1 (après 4-8 semaines) :

Bilan étio devant une urticaire chronique, en cas d'échec des anti-H1
- NFS, CRP, VS
- Anticorps anti-TPO (+ TSH si positif )
Remarque : le bilan est le plus souvent négatif et ne doit pas être répéter ! 1

B ) Traitement 1

(Voir la fiche thérapeutique sur les anti-H1)

En première ligne
– Monothérapie AntiH1 2nde génération pendant minimum 3 mois puis à arrêter progressivement
– soutient psy

En cas d’échec du traitement après 4-8 semaines :
– Changement d’antiH1 OU
– Bithérapie : ajout antiH1 1ère génération

Nouvel échec du traitement à 8 semaines
– Doxépine, antiH2, antileucotriène à discuter

  • Remarques

Place des corticoïdes systémiques : Pas de corticoïdes systémiques dans le traitement des exacerbations d’urticaire chronique même si œdème du visage associé car risque d’induire une corticodépendance  3

Causes d’echec des anti-H1 : En cas d’échec des anti-H1, on recherchera  0
– défaut d’observance
– prise intermittente de corticoïdes, responsable d’une corticodépendance
– consommation excessive d’AINS, caféine, alcool
– infiltrat cellulaire dermique (par une biopsie cutanée)

Reco européennes : On notera que les recommandations françaises et européennes pour la prise en charge de l’urticaire chronique résistante aux antiH1 diffèrent légèrement 2,4

urticaire chronique résistante

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Fiche réalisée par C. Surinach, CCA en dermatologie à Nîmes, et relue par :
– T. Higel, interne de médecine générale (2 déc. 2014)
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Une réflexion au sujet de « Urticaire chronique spontanée »

  1. On notera que la définition de l’urticaire chronique spontanée tel que présentée ici est assez nouvelle. Les données sont issues majoritairement de journaux de dermatologie. Le référentiel des enseignants n’a malheureusement toujours pas pris cela en compte : sans doute pour la prochaine actualisation ?

    D’autre part, il n’est pas clair si les « stimuli alimentaires et médicamenteux » sont les aliments et médicaments histamino-libérateurs, ou d’autres aliments

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