Dénutrition chez la personne âgée

Gériatrie
Fiche réalisée selon le plan MGS
item 250


Dernières mises à jour
– Avril 2019 : Relecture + mise à jour avec le référentiel des enseignants de Gériatrie CNEG 4e édition 2018 – ajout des généralités et de l’évolution – mise à jour du traitement – ajout du suivi et de la prévention – autres petites modifications (Beriel)
– 10 Novembre 2013 : création de la fiche (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CNEG 4e édition 2018 – item 250 (Référentiel des enseignants de Gériatrie, édition 2010 disponible en ligne)
2 : Stratégie de PEC en cas de dénutrition dénutrition énergétique chez la personne âgée / (RCP de l’HAS, avril 2007. Synthèse)

1) Généralités 2

Déf : La dénutrition protéino-énergétique est une situation résultant d’un déséquilibre entre les apports et les besoins de l’organisme conduisant à des pertes tissulaires ayant des conséquences fonctionnelles délétères.

Epidémiologie 1
– Prévalence de 4 – 10% : personnes âgées résidants à domicile
– Prévalence 15 – 40% : personnes âgées vivants dans une institution
– Prévalence 30 – 70 % : personnes âgées hospitalisées

Situations à risque de dénutrition
– indépendantes de l’âge : cancers ; défaillances d’organe sévères et chroniques ; pathologies à l’origine de maldigestion et/ou de malabsorption ; alcoolisme chronique ; pathologies infectieuses et/ou inflammatoires chroniques ; toutes les situations susceptibles d’entraîner une diminution des apports alimentaires et/ou une augmentation énergétique.

– liées à l’âge :

Situations Exemples
Psycho-socio-environnementales  Isolement social ; Deuil ; Difficultés financières ; Maltraitance ; Hospitalisation ; Changement des habitudes de vie (entrée en institution) 
Toute affection aiguë ou décompensation d’une pathologie chronique Douleur ; Pathologie infectieuse ; Fracture entraînant une impotence fonctionnelle ; Intervention chirurgicale ; Constipation sévère ; Escarres
Traitement médicamenteux au long cours Polymédication ; médicaments entraînant une sécheresse buccale/une dysgueusie/ des troubles digestifs/ une anorexie/ une somnolence etc ; Corticothérapie au long cours
Troubles bucco-dentaires Troubles de la mastication ; mauvais état dentaire ; Appareillage mal adaptée ; Sécheresse buccale ; Candidose oropharyngée ; Dysgueusie 
Troubles de la déglutition Pathologie ORL ; Pathologie neurologique dégénérative ou vasculaire
Régimes restrictifs Sans sel ; Amaigrissant ; Diabétique ; Hypocholestérolémiant ; Sans résidu au long cours
Dépendance pour les actes de la vie quotidienne Dépendance pour l’alimentation ; Dépendance pour la mobilité
Syndromes démentiels et autres troubles neurologiques Maladie d’Alzheimer ; Autres démences ; Syndrome confusionnel ; Troubles de al vigilance ; Syndrome Parkinsonien 
Troubles psychiatriques  Syndromes dépressifs ;Troubles du comportement

2) Diagnostic 2

Clinique Paraclinique
Perte de poids
Score MNA (Mini Nutrional Assessment)
Albuminémie < 35 g/L

A ) Clinique

  • Dépistage

Outils :
– Rechercher des situations à risque de dénutrition
– Estimer les apports alimentaires
– Mesurer régulièrement le poids et calculer l’IMC
=> Utilisation du MNA (Mini Nutritionnal Assessment)

Fréquence :
– 1 fois/an en ville
– 1 fois/mois en institution
– lors de chaque hospitalisation

  • Critères diagnostiques

Dénutrition modérée 
– Perte de poids > 10% en 6 mois ou 5% en 1 mois
– IMC < 21
– Score MNA < 17/30

Dénutrition sévère 
– Perte de poids > 15% en 6 mois ou 10% en 1 mois
– IMC < 18

La présence d’un seul critère suffit !

B ) Paraclinique

Dénutrition modérée
– Albuminémie < 30 g/L
– Pré-albuminémie 1 : < 0,2 g/L

Dénutrition sévère 
Albuinémie < 30 g/L

N.B : Tenir compte de l’état inflammatoire dans l’interprétation des résultats !

3) Evolution 1

A) Histoire naturelle

En absence de prise en charge, la dénutrition du sujet âgé évolue vers les complications.

B) Complications

– Morbimortalité
– Aggravation de la sarcopénie
– Immunodépression
– Escarres
– Déshydratation
– Déficit en micronutriment

4) PEC 2

A ) Bilan initial 1

BILAN 
Interrogatoire : recherche de comorbidités, traitement en cours, dépendance ; étude du contexte socio-environnemental ; recherche des situations à risque en vue de leur modification et de l’organisation de la surveillance  (dans la limite du possible)

B) Traitement

  • Objectif

– Apport énergétique : 30 – 40 kcal/kg/j
– Apport protéique : 1,2 – 1,5 g de protéine/kg/j

  • Moyens

-Nutrition orale ( conseils nutritionnels ; aide à la prise alimentaire ; alimentation enrichie ; compléments nutritionnels oraux )
– Nutrition entérale
– Nutrition parentérale

  • Stratégie de PEC nutritionnelle

Selon le stade de dénutrition et les apports spontanés

Apports spontanés Statut nutritionnel normal Dénutrition Dénutrition sévère
Normaux Surveillance Conseils diététiques 
Alimentation enrichie  Réévaluation à 1 mois
Conseils diététiques
Alimentation enrichie + CNO
Réévaluation à 15 jours
Apports diminués mais > 50% des apports habituels   Conseils diététiques
Alimentation enrichie 
Réévaluation à 1 mois

Conseils diététiques

Alimentation enrichie
Réévaluation à 15 jours Si échec :  CNO

Conseils diététiques
Alimentation enrichie + CNO 
Réévaluation à 1 semaines 
Si échec :  Nutrition entérale
Apports diminués ++ (< 50% apports habituels) Conseils diététiques
Alimentation enrichie
Réévaluation à 1 semaine 
Si échec : CNO

Alimentation enrichie + CNO 
Réévaluation à 1 semaine 
Si échec : NE

Conseils diététiques
Alimentation enrichie et NE d’emblée 
Réévaluation à 1 semaine

Evaluation du :
– poids
– statut nutritionnel
– tolérance et observance du traitement
– évolution des pathologies sous-jacentes
– estimation des apports alimentaires spontanés

  • Traitement associé

Médicaments adjuvants  (alpha- cétoglutarate d’ornithine)
– limite le catabolisme protéique musculaire
– doit s’accompagner d’un apport protéino-énergétique suffisant
– son utilisation isolée n’est pas recommandée

Micronutriments
administration de calcium et de vitamine D ( 800- 1000 UI/j) 1

Activité physique 1  
– L’activité physique permet de potentialiser l’effet du programme de renutrition et d’améliorer l’autonomie
– Envisager l’encadrement par un kinésithérapeute

C) Suivi

Paramètres de suivi
Poids : 1 fois/semaine (pèse-personne adaptée à la mobilité du malade)
Apports alimentaires : lors de chaque réévaluation (méthode simplifiée «semi quantitative» ou calcul précis des ingesta sur 3 jours ou au moins sur 24h)
Albuminémie : 1 fois/ mois (sauf si valeur initiale normale)

D) Prévention 1

– Activité physique : à adapter aux possibilités du sujet âgé.
– Hygiène buccodentaire : permet de préserver les capacités de mastication et favorisent une alimentation diversifiée et suffisante.




Une réflexion au sujet de « Dénutrition chez la personne âgée »

  1. La prévention de la dénutrition des personnes âgées figure dans les objectifs des actions de santé publique du PNNS ainsi que dans le plan national ” Bien vieillir “

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