Hyperphagie boulimique

Une Fiche MedG Maladie et Grand Syndrome
Fiche non-relue par un tiers.

Psychiatrie – Nutrition
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 69

Dernières mises à jour
– Août 2019 : création de la fiche (Vincent)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CNUP 2e édition 2016 – item 69 (référentiel de psychiatrie)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
– A) Histoire naturelle
– B) Complication
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement

1) Généralité 1A

Déf : l’hyperphagie boulimique, ou « binge-eating disorder » est une pathologie psychiatrique du groupe des troubles des conduites alimentaires.

La physiopathologie est différente de celle des boulimies, assez proche de celle des addictions, d’où son isolation comme un trouble à part entière dans le DSM-5.

Epidémiologie
– Prévalence vie entière = 3-5 %
– Sex-ratio féminin 2:1

Comorbidités
– Obésité +++ (30-50 % des obèses souffriraient d’une hyperphagie boulimique)
– Troubles bipolaires, trouble dépressif caractérisé
– Trouble anxieux, phobie sociale, TAG
– Troubles addictifs : moins fréquents que dans la boulimie
– Troubles du contrôle des impulsions (auto-mutilations, kleptomanie…)


2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Boulimie sans conduite compensatoire

A ) Clinique

> Terrain – traits associés

Symptômes anxio-dépressifs
Impulsivité et difficultés dans la gestion des émotions
Dysfonction sexuelle

> Accès hyperphagique

La crise débute par un phénomène de « craving », avec sensation de faim compulsive et irrépressible. L’accès s’accompagne d’une souffrance psychique importante.

> Distorsions cognitives

Bonne conscience du trouble (bon insight)
« Illusion de contrôle », avec comportement rigide d’hypercontrôle, alternant avec des phases de transgression et de compulsions
Confusion entre les signaux émotionnels, d’anxiété et de faim
Renforcement négatif lié à la culpabilité

Critères diagnostiques (DSM-5)

A) Survenue d’épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée. C’est-à-dire :
– prises alimentaires largement supérieures à la moyenne, par exemple en moins de 2h
– associées à une impression de perte de contrôle des quantités ingérées ou de la possibilité de s’arrêter

B) Ces épisodes sont associés avec au moins 3 des éléments suivants :
– manger beaucoup plus rapidement que la normale
– manger jusqu’à éprouver une sensation pénible de distension abdominale
– manger de grandes quantités de nourriture en l’absence d’une sensation physique de faim
– manger seul parce que l’on est gêné de la quantité de nourriture que l’on absorbe
– se sentir dégoûté de soi-même, déprimé ou très coupable après avoir mangé

C) Détresse marquée en lien avec l’existence de cette hyperphagie

D) Les épisodes d’hyperphagie se produisent au moins 1 fois par semaine pendant au moins 3 mois consécutifs

E) Le trouble n’est pas associé à l’utilisation récurrente de comportements compensatoires inappropriés comme c’est le cas dans des épisodes de boulimie et ne survient pas exclusivement au cours de la boulimie ou de l’anorexie mentale.

B ) Paraclinique

Le diagnostic positif d’anorexie mentale est clinique. Les examens complémentaires éliminent des diagnostics différentiels ou documentent des complications et signes de gravité (cf. bilan).

C ) Diagnostic différentiel

> Pathologies non-psychiatriques
– Certaines tumeurs cérébrales et formes d’épilepsie
– Syndrome de Klein Levin (hypersomnie périodique + hyperphagie)
– Syndrome de Klüver-Bucy (agnosie visuelle, hyperoralité, hypersexualité et hyperphagie)
– Obésité métabolique ou génétique

> Pathologies psychiatriques
– Boulimie (conduites compensatoires!)
– Episode dépressif caractérisé et troubles bipolaires
– Trouble de la personnalité borderline ou évitante-dépendante


3) Evolution 1A

A) Histoire naturelle

Le trouble s’installe généralement dans l’enfance, un antécédent de traumatisme ou abus sexuel est fréquent. A l’inverse de l’anorexie mentale et de la boulimie, les régimes sont souvent secondaires au début des troubles.

Le risque de mortalité par suicide est plus faible que dans les autres TCA, mais non-nul.

B) Complications

Digestives
– Stéatose hépatique
– Mauvais état nutritionnel, dénutrition
– Halitose
– RGO
– Ballonnements et douleurs abdominales
– Alternances diarrhée-constipation…

Endocriniennes : hypo- ou infertilité

Toutes les complications de l’obésité sont observables.


4) PEC 1A

A ) Bilan initial

Le bilan est très proche de celui de la boulimie (non-développé dans le référentiel de psychiatrie). Pour mémoire :

Bilan devant une boulimie
Interrogatoire et clinique
– ATCD, histoire pondérale, évaluation des comorbidités et de l’environnement social, familial
– Calcul de l’IMC, évaluation du stade pubertaire chez l’adolescent
– Constantes : FC, pression artérielle, température
– Examen clinique complet psychiatrique et non-psychiatrique à la recherche de complications
Biologie
– NFS, plaquettes
– Ionogramme avec bilan phospho-calcique, urée, créatinine, DFG
– Bilan hépatique : ASAT, ALAT, PAL, TP
– Albumine, préalbumine
– CRP
– ± TSH si doûte avec une hyperthyroïdie
– ± toxiques urinaires et sanguins au moindre doûte
Imagerie et autres
– ECG (troubles du rythme, signes d’hypokaliémie sévère, QT long…)
– Ostéodensitométrie osseuse
– ± Imagerie cérébrale à discuter

Les indications d’hospitalisation sont rares, principalement guidées par les complications de l’obésité.

B ) Traitement

PEC psychothérapeutique
PEC nutritionnelle +++
PEC pharmacologique non indiquée en 1ère intention




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