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Maladie de Gaucher

Déficit en bêta-glucosidase acide, Déficit en glucocérébrosidase

Fiche MGS
Une Fiche MedG Maladie et Grand Syndrome
X Fiche non-relue par un tiers, créée le 15/06/21.

Dernières mises à jour
– Juin 2021 : création de la fiche (Beriel)
Sources utilisées dans cette fiche
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
2 :  Maladie de Gaucher (Guide maladie chr. – HAS, 2015)
3Maladie de Gaucher (Fiche de synthèse – Orphanet, 2012)

1) Généralités 2

Déf : la maladie de Gaucher (MG) est une maladie de surcharge lysosomale à transmission autosomique récessive. 

Pathogénie 
– Due à un déficit en glucocérébrosidase (ou glucosylcéramidase ou glucosidase acide) ou exceptionnellement en son activateur, la saposine C ;
–  La glucocérébrosidase permet d’hydrolyser le glucosylcéramide issu de la dégradation des membranes cellulaires des éléments figurés du sang (sphingolipides) en céramide et glucose. 
– Dans la MG, le glucosylcéramide non dégradé est essentiellement accumulé dans les lysosomes des macrophages qui adoptent une morphologie caractéristique (cellules de Gaucher).

Épidémiologie  
Prévalence moyenne de la MG : 1/60000 dans la population générale 
– Peut atteindre 1/1000 (population juive ashkénaze)
– Parfois estimée à 1/136000 (population française)

Etiologie : transmission autosomique récessive

2) Diagnostic 2

Clinique Paraclinique
Hépatosplénomégalie +
manifestations variables selon le type 
Mesure de l’activité de la glucocérébrosidase 
Recherche des mutations du gène de la glucocérébrosidase

A ) Clinique

Formes cliniques par ordre décroissant de fréquence

  • Type 1

Terrain
– Forme la plus fréquente (95% des cas)
– Age médian des premiers symptômes = 15 ans (0-77 ans)
– Age médian du diagnostic = 22 ans (0-84 ans)

Clinique
Organomégalie
– Splénomégalie (fréquente) parfois très importante et symptomatique
– hépatomégalie 

Cytopénies symptomatiques :
– Thrombopénies : hémorragies (épistaxis rapportées depuis l’enfance, gingivorragies, hématomes spontanés, pétéchies ou antécédents d’hémorragies lors de traumatismes par ex)
– Anémie 

Atteinte osseuse 
– Parfois silencieuse : déformations des fémurs en flacon d’Erlenmeyer, déminéralisation osseuse 
– Parfois à l’origine de douleurs aiguës (infarctus, ostéonécrose, fractures spontanées ou traumatiques) et/ou chroniques ± invalidantes 

Asthénie : fréquente

Manifestations rares
– Cutanées : pigmentation brun-jaune prédominant sur le visage et les tibias 
– Oculaires : opacités cornéennes, amincissement de la rétine 
– Salivaires : diminution de sécrétion salivaire 
– Cardiaques : péricardite (parfois hémorragique voire constrictive), infiltrat myocardique, calcifications valvulaires 
– Pulmonaires : toux, dyspnée liées à une pneumopathie interstitielle, à un syndrome restrictif secondaire aux déformations du rachis, ou à une hypertension artérielle pulmonaire 
– Gastro-intestinales : varices œsophagiennes, entéropathie exsudative, adénopathies mésentériques, hyperplasie lymphoïde iléale, hémorragie digestive, infiltration colique 
– Biliaires : lithiases biliaires 

  • Type 3

Terrain 
– Premiers singes cliniques à 2 ans 
– Age du diagnostic : adulte 

Clinique 
Signes du type 1 plus atteinte neurologique débutant avant l’âge de 20 ans et cyphose thoracique (non reliée au tassement vertébral)
– Atteinte parfois modérée avec ophtalmoplégie comme seul symptôme neurologique 
– Formes plus sévères : ophtalmoplégie horizontale supra-nucléaire, épilepsie myoclonique progressive, ataxie cérébelleuse, spasticité et démence. 

  • Type 2

Terrain 
– Très rare 
– Début chez le nourrisson de 3-6 mois 

Clinique
Hépatosplénomégalie : premier signe chez le nourrisson

Atteinte neurologique sévère
– Initialement : paralysie oculomotrice horizontale ou strabisme fixé bilatéral 
– Secondairement : évolution vers une encéphalopathie rapidement progressive + signes d’atteinte du tronc cérébral (stridor, apnée centrale, troubles sévères de la déglutition, accès d’opisthotonos) ; éveil et contact longtemps normaux.
– Plus rarement et tardivement : spasticité progressive et mouvements choréo-athétosiques, épilepsie myoclonique résistante aux traitements antiépileptiques. 

  • Forme fœtale

– Exceptionnelle 
– Retard de croissance intra-utérin
– Microcéphalie 
– Anasarque fœto-placentaire
– Hépatosplénomégalie 
– Ichtyose 
– Immobilisme fœtal (conduit à une arthrogrypose) 

B ) Paraclinique

Mesure de l’activité de la glucocérébrosidase (ou β-glucosidase acide ou glucosylcéramidase) 
– Seul diagnostic de certitude 
– Mise en évidence du déficit enzymatique 
– ou très exceptionnellement l’activité enzymatique est normale et il s’agit d’un déficit de la saposine C (son activateur)

Recherche des mutations du gène de la glucocérébrosidase
– Doit être réalisée chez tous les patients 
– Plus de 300 mutations décrites 
– Certaines mutations ont une corrélation significative entre le génotype et le phénotype

Mutations concernées 
– N370S (ou c. 1226A>G) : présente à l’état homozygote (25-30% des patients) ou hétérozygote ; elle exclut le risque de MG de type 2 ou 3
– L444P (ou c.1448T>C) : présente à l’état homozygote (6% des patients), ; associée à un très haut risque de développer une MG de type 3
– D409H (exceptionnelle) : présente l’état homozygote dans le type 3 ; expose à la survenue de calcifications valvulaires mitrales et aortiques et d’opacités cornéennes
– Les patients porteurs de 2 mutations « nulles » (responsables d’une absence totale d’activité enzymatique) ne peuvent survivre au delà de la période périnatale (formes fœtale et de type 2 incompatibles avec la vie) 

C ) Diagnostic différentiel

Devant la surcharge lysosomale 3: autres maladies de surcharge lysosomale 

Devant la splénomégalie et la thrombopénie 
– Hypertension portale 
– Infections virales 
– Hémopathies lymphoïdes 
– Maladies auto-immunes 
– Etc. 

3) Evolution 2

A) Histoire naturelle 

– Le type 2 aboutit au décès le plus souvent avant l’âge de 2 ans
– Le type 3 conduit à la mort in-utero ou rapidement après la naissance
– En absence de traitement chez l’enfant et l’adolescent, on observe un décalage de la croissance et/ou pubertaire (70% des cas)

B) Complications 

Syndrome hémorragique
– Lié à la sévérité de la thrombopénie
– et/ou certain degré de thrombopathie
– et/ou à des troubles de la coagulation 

Complications osseuses 
– Atteintes osseuses à l’origine de séquelles parfois invalidantes 
– Surviennent à n’importe quel moment du suivi (rarement chez les patients traités) 

Dysglobulinémies
– hypergammaglobulinémie polyclonale 
– voire gammapathie monoclonale de type MGUS

Complications neurologiques
– Syndrome parkinsonien : risque accru en cas de MG de type 1 
– Neuropathies périphériques : risque supérieur à celui de la population générale en cas de MG de type 1

Affections malignes
– Hémopathies surtout lymphoïdes : myélome et lymphome 
– Cancers : carcinome hépato-cellulaire et rénal notamment 

Complications chez patients splénectomisés 
– Complications spécifiques de la splénectomie : risque infectieux, thrombotique, carcinologique) 
– Aggravation de la MG (augmentation du risque d’évènements osseux, de fibrose hépatique voire de cirrhose, de carcinome hépatique et d‘hypertension artérielle pulmonaire

4) PEC 2

A ) Bilan initial

bilan initial
Bilan sanguin
Hémogramme et numération plaquettaire
Thrombopénie +++ : (< 60×109/L dans 15% des cas ; 60 à 120×109/L dans 45% des cas ; 120 à 150 x109/L dans 30% des cas)
Anémie : 36% des cas 
– Leucopénie : rare 

Temps de céphaline + activateur et Temps de Quick
– Allongement du TQ et/ou du TCA (déficit en facteur X, en facteur V, en thrombine, voire déficit plus global)
– Thrombopathie (dysfonction plaquettaire) 

Protides totaux, électrophorèse des protéines sériques et immunofixation
– Hyper-gammaglobulinémie polyclonale 
– Gammapathie monoclonale de type MGUS (rare)

Bilans 
– hépatique : transaminases, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine totale 
– rénal : urée, créatinine, estimation de la clairance de la créatinine 
– phospho-calcique : calcémie, phosphorémie, 25-OH vitamine D

Biomarqueurs de la MG
– mesure de l’activité plasmatique de la chitotriosidase : assez spécifique de la MG, souvent très augmentée (permet de suivre l’efficacité
thérapeutique et aurait une certaine valeur pronostique)
– dosage plasmatique du CCL18 
– dosage de la glucosylsphingosine (ou lypoglucosyléramide) : marqueur performant +++
– ferritine : moins spécifique que la chitotriosidase et le CCL18 ; souvent augmentée (activation macrophagique)

Génotypage du cytochrome CYP2D6 : nécessaire avant toute prescription d’éliglustat

Autres analyses
– Ionogramme et glycémie à jeun 
– Myélogramme : met en évidence les cellules de Gaucher (confirmation enzymatique obligatoire car existence de pseudo-cellules de Gaucher) ; inutile quand le diagnostic de MG est posé
– CRP : élevée en cas de crises osseuses, d’infarctus osseux ou de complication infectieuse
Imagerie 
IRM hépato-splénique


IRM osseuse : de toute localisation symptomatique
– quantifier le degré d’infiltration osseuse par les cellules de Gaucher altérant le signal médullaire normal (hyposignal en T1 et T2)
– apprécier l’extension des lésions, leur caractère récent (œdème d’un infarctus récent) ou ancien 
– suivre le degré d’infiltration au cours de la maladie et sous traitement 
– objectiver des lésions d’ostéocondensation ou ostéosclérose des os plats (en faveur d’un infarctus osseux antérieur) ou des os longs, un amincissement de la corticale, des lésions lytiques, une déformation fémorale en flacon d’Erlenmeyer. 

Ostéodensitométrie : rachis lombaire et col fémoral 
Diminution de la minéralisation osseuse 
– Ostéopénie : Z score > -2 avant 50 ans d’âge et avant la ménopause ou T score entre -1 et -2,5 après 50 ans d’âge et après la ménopause
– Ostéoporose : Z score ≤ -2 avant 50 ans d’âge et avant la ménopause ou T score ≤ -2,5 après 50 ans d’âge et après la ménopause

Radiographies osseuses : rachis, bassin, fémurs, tibias, humérus, et autres localisations symptomatiques

ECG, radiographie thoracique, échodoppler cardiaque 

Autres
– Echographie ou TDM abdominale : en cas d’impossibilité de faire une IRM 
– IRM du corps entier : permet de réaliser en un seul temps une IRM viscérale et osseuse
– Scintigraphie osseuse au Technétium 99m : en cas d’indisponibilité ou de contre-indication à l’IRM 
Cas particulier d’une MG type 2 ou type 3 
– Examen des mouvements oculaires si possible par électro-oculographie (rechercher un ralentissement des saccades non visible à l’examen clinique) 
– Ophtalmoscopie 
– Audiogramme 
– Potentiels évoqués auditifs (exploration du tronc cérébral) 
– IRM cérébrale 
– Electroencéphalogramme  
– Tests neuropsychologiques 
– Echographie cardiaque pour recherche de calcifications valvulaires 

B ) Traitement 

  • Critères d’indication du traitement spécifique chez l’adulte

Le traitement spécifique de la MG de type 1 est indiqué en présence d’un ou plusieurs parmi les critères suivants (chez l’adulte) :
– Thrombopénie symptomatique ou taux de plaquettes < 50×109/L : en cas de thrombopénie comme seul critère pour une indication de traitement spécifique, l’indication reste délicate 
– Anémie symptomatique et/ou taux d’hémoglobine ≤ 10 g/dl 
– Hépatomégalie et/ou splénomégalie symptomatique 
– Atteinte osseuse cliniquement symptomatique, passée ou présente, en rapport avec : crises douloureuses osseuses, ostéonécrose, infarctus osseux, fractures pathologiques 
– Atteinte osseuse radiologique 
– Atteinte d’autres organes (pneumopathie interstitielle, fibrose hépatique, atteinte cardiaque ou toute autre atteinte viscérale) liées à la MG (après exclusion de toute autre étiologie).

Notes : Lorsque le patient ne présente les critères ci-dessus (notamment en cas d’altération de la qualité de vie en rapport avec la MG), la décision thérapeutique doit être discutée au cas par cas de façon pluridisciplinaire.
En absence de traitement spécifique, le patient doit avoir une surveillance clinique et biologique systématique.

  • Traitement médicamenteux spécifique

Objectifs du traitement 
Anémie : Augmenter l’hémoglobine au dessus de 11g/dL chez la femme et au dessus de 12g/dl chez l’homme 

Thrombopénie : Normaliser la numération ou au minimum > 100 x 109/L (protection à l’égard des risques hémorragiques) et corriger le dysfonctionnement plaquettaire (thrombopathie) 

Hépato-splénomégalie
– Réduire et stabiliser le volume hépatique et splénique (retour à un volume normal pas toujours possible) 
– Faire disparaître le retentissement de l’hépatomégalie (distension abdominale) ; éviter l’évolution vers une fibrose hépatique et l’hypersplénisme 

Atteinte osseuse 
– Eliminer ou diminuer les douleurs osseuses 
– Prévenir tout évènement osseux (cliniquement symptomatique ou radiologique) 
– Stabiliser ou augmenter la densité minérale osseuse 
– Diminuer l’infiltration osseuse à l’IRM 

Atteinte pulmonaire : prévenir ou diminuer l’atteinte pulmonaire interstitielle et l’HTAP qui est en général peu sensible au traitement spécifique 

Autre : faire disparaître l’asthénie et normaliser la vie sociale et socioprofessionelle

Moyens thérapeutiques 

Classe thérapeutique molécules indication mode d’action, efficacité posologie et pharmacologie Contre-indications effets indésirables
Enzymothérapie substitutive (ES) imiglucérase (Cerezyme ®)

vélaglucérase (VPRIV®) 
– Indication pour traitement à long terme chez les patients adulte et enfant atteints de la MG de type 1 (pour l’imiglucérase et vélaglucérase) et de type 3 (pour l’imiglucérase) 

– Traitement de 1ère intention

– Seul traitement spécifique autorisé chez l’enfant 
– L’imiglucérase et la vélaglucérase alfa compensent la diminution de l’activité de la glucocérébrosidase : réduction des conséquences cellulaires et du déficit (correction des signes de la MG) 

– Efficacité et tolérance similaires entre l’imiglucérase et ma vélaglucérase.
– Posologie initiale recommandée : 60 U/kg de poids tous les 14 jours par perfusion IV périphérique d’au moins 1 heure (premières perf administrées sous surveillance médicale en milieu hospitalier) 

– Administration à domicile : supervisée par un professionnel de santé ; envisagée uniquement chez les patients ayant reçu ≥ 3 perfusion à l’hôpital sans effets second
aires ( L’autoperfusion par le patient lui même ou un membre de sa famille est possible et nécessite une formation à l’hôpital)

Ajustement posologique et espacement des doses
– Posologies de 30-45 U/kg toutes les 2 semaines ont été proposées (formes sans atteinte osseuse +++) 

– Une diminution de la posologie est proposée en cas d’atteinte des objectifs thérapeutiques et leur stabilité depuis plusieurs années (tout changement de posologie est précédé d’une évaluation de la maladie et est suivi d’une surveillance trimestrielle pendant 1 an)

– Espacement des perfusions toutes les 3-4 semaines possible sous surveillance clinique et biologique chez certains patients adultes ayant une maladie stabilisée. 
Hypersensibilité au médicament, à la substance active ou à l’un des excipients.  Traitement souvent bien toléré
– EI les plus graves : réactions d’hypersensibilité, exceptionnels chocs anaphylactoïdes
– EI les plus fréquents (> 10%) : céphalée, vertige, arthralgie, dorsalgie, réaction liée à la perfusion (asthénie, fièvre, hypotension, hypertension, nausées, tachycardie, rash, urticaire) 
– Des anticorps anti-imiglucérase et antivelaglucérase peuvent apparaître (5-15% des cas) mais ne sont pas neutralisants. 1leur recherche n’est plus recommandée, elle reste conseillée à titre systématique en cas de manifestation(s) d’allure immuno-allergique(s) ou d’inefficacité du traitement..
Réducteurs de substrat  Eliglustat (Cerdelga ®)  Traitement à long terme des adultes atteints de MG1 qui sont métaboliseurs lents (MLs), métaboliseurs intermédiaires (MIs) ou métaboliseurs rapides (MRs) du cytochrome 2D6 (95-97% des patients adultes) – Analogue de la céramide qui inhibe la glucocéramide synthase, de façon plus spécifique et plus puissante que le miglustat 
– Les études ont démontré une efficacité non inférieur à l’imiglucérase (médicament de référence) sur une période de 7 ans et une tolérance satisfaisante 
– Efficacité sur le plan osseux également 
– Administré par voie orale 
– 1 gélule de 84 mg d’éliglustat 2 fois/jour (matin et soir) pour les MRs et MIs 
– 1 gélule/jour pour les MLs 
– Précaution diététique : éviter le pamplemousse et l’infusion de millepertuis. 
– Hypersensibilité au principe actif ou à l’un des excipients 
– Patients métaboliseurs intermédiaires (MIs) ou métaboliseurs rapides (MRs) du CYP2D6 prenant de façon concomitante un inhibiteur puissant ou modéré du CYP2D6 avec un inhibiteur puissant ou modéré du CYP3A 
– Patients métaboliseurs lents (MLs) du CYP2D6 prenant un inhibiteur puissant du CYP3A. L’administration de Cerdelga ® dans ces conditions entraîne une augmentation importante des concentrations plasmatiques d’éliglustat.
– Eviter l’utilisation de Cerdelga ® pendant la grossesse ou en cas de cardiopathie pré existante (risque d’allongement des intervalles de l’ECG.
– Les plus fréquents (>10% des patients) : céphalées (17%), arthralgies (14%), pharyngite (13%), infection respiratoire haute (11%), diarrhée (10%), vertiges (10%) 
– EI considérés comme effets secondaires (imputables au médicament) : étourdissement (5%), Céphalées (5%), troubles gastro-intestinaux (<5%), arthralgies (<5%), fatigue (<5%)
Miglustat (Zavesca ®)  – Indiqué en seconde intention pour le traitement des patients adultes atteints de la maladie de Gaucher de type 1 légère à modérée 
– Ne doit être utilisé que pour le traitement des patients chez lesquels l’ES ne convient pas 
Permet de diminuer la synthèse du substrat en inhibant la glucosyl-céramide synthase, enzyme responsable de la première étape de synthèse de la plupart des glycosphingolipides  – 100 mg, 3 fois par jour, per os
– Introduction progressive pour réduire le risque de problèmes digestifs
Hypersensibilité à la substance active et/ou à l’un des excipients  – Troubles digestifs : diarrhée (> 80% des cas) souvent peu sévères
– Tremblements notamment des extrémités (30% des cas) 
– Perte de poids (60% des cas) : 6-7% du poids corporel
– Neuropathie périphérique à prédominance sensitive 
– Etourdissements, céphalées, crampes dans les jambes, troubles visuels 

Evolution sous ce traitement 
Diminution des biomarqueurs 
– Premier signe d’amélioration sous traitement spécifique 
– Diminution assez franche la 1ère année surtout les 6 premiers mois puis plus progressive
– Leur diminution traduit partiellement l’efficacité thérapeutique

Anémie : objectif habituellement atteint entre 12-24 mois de traitement 

Thrombopénie : certains patients conservent une thrombopénie modérée malgré une ES à dose standard

Hépato-splénomégalie : le retour à un volume normal n’est pas toujours possible (surtout chez les patients traités tardivement)

Atteinte osseuse  : la densité osseuse s’améliore après 24 mois de traitement et peut se normaliser après 8 ans de traitement 

Atteinte pulmonaire : en général peu sensible au traitement spécifique

Vie sociale : une amélioration nette voire une normalisation de la qualité de vie est observée le plus souvent.

  • Autres traitements

Splénectomie 
– Plus d’indication de la splénectomie dans le MG sauf exception exceptionnelle 
– Cas exceptionnels : non réponse à une ES bien conduite avec cytopénie profonde persistante ou rupture splénique. 
– Traitement par Oracilline ® administré chez les enfants jusqu’à l’adolescence et chez les adultes pendant 2 ans après la splénectomie. 
– Vaccination +++ (recommandations du nouveau calendrier vaccinal des patients splénectomisés ou aspléniques)

Greffe de moelle osseuse
– N’est pas indiquée dans le type 1 en raison de la supériorité du rapport bénéfice/risque de l’enzymothérapie substitutive
– Intérêt discuté dans le traitement de la MG de type 3 chez les enfants en bas âge 

Traitement orthopédique 
– Mise en décharge avec port de béquilles en cas d’ostéonécrose des membres inférieurs.
– Ostéosynthèse des fractures.
– Prothèse, arthrodèse.
– Corset, contentions.

Traitement médicamenteux non spécifique 
Antalgiques de niveaux I,II et III : traitement des douleurs osseuses chroniques et des crises douloureuses osseuses, qui peuvent nécessiter des antalgiques de niveau III

Métabolisme osseux 
Biphosphonate per os 
– Indiqué chez les adultes et en cas de tassement vertébraux et d’ostéoporose 
– Association au traitement spécifique (participe à l’augmentation de la densité minérale osseuse en 2 à 4 ans) 
– Non indiqué chez la femme en âge de procréer

Calcium  : apport alimentaire suffisant  

Vitamine D : maintenir un taux de 25 OH vitamine D normal (≥ 75 nmol/L ou 30 ng/mL) par apport de colécalciférol (vitamine D3) ou d’ergocalciférol (vitamine D2)

Antiépileptique : en cas d’épilepsie 

Antibiothérapie 
– Prophylactique avant pose de prothèse auditive 
– Prophylactique en cas de splénectomie chez l’enfant 
– Curative en cas d’exceptionnelle ostéomyélite pouvant survenir notamment après la biopsie
d’un infarctus osseux (geste contre-indiqué)
– Curative, ciblant les bactéries encapsulées en cas d’infection intercurrente chez un patient
splénectomisé.

Médecine physique et de réadaptation, kinésithérapie : prise en charge adaptée aux handicaps fonctionnels persistants après traitement orthopédique.

Correction auditive, oculaire et orthoptique (rééducation des troubles de l’oculo-motricité) pour les MG de type 3

Gestion du polyhandicap (MG de type 2 ou 3) : aménagement de la vie quotidienne et prescription de dispositifs médicaux 

C) Suivi

  • Suivi des patients adultes MG type 1 non traités (sans indication de traitement)

– Examen clinique : M3, M6, M12, puis 1/an
– Hémogramme : de façon semestrielle à partir de M6 
– Bilan hémostase : de façon annuelle à partir de M12
– Bilan biochimique (ionogramme, bilan hépatique, créatinine, urée, bilan phosphocalcique) : de façon annuelle à partir de M12
– Electrophorèse des protides : de façon annuelle à partir de M12
– Biomarqueurs : de façon annuelle à partir de M6
– IRM ou échographie abdominale : à 3 ans, puis tri- ou quadri annuel
– IRM osseuse (rachis, fémurs, bassin, tibias ou corps entier) : M12, à 3 ans, tri ou quadri annuel 
– Radiographie osseuse  : si point d’appel
– Ostéodensitométrie : à 2 ans, puis tri ou quadri annuel 
– Scanner thoracique, EFR : si point d’appel 
– Echographie cardiaque, ECG : Si point d’appel au cours des 3 premières années puis bi ou tri annuel 
– SF-36 (qualité de vie), score DS3 : de façon annuelle après les 3 premières années

  • Suivi des patients adultes MG type 1 traités

– Examen clinique : M3, M6, M12, 2 fois la 3e année, puis de façon annuelle
– Hémogramme : toutes les 2 semaines de J0 à M3, M3, M6, M12, puis de façon semestrielle
– Bilan hémostase : de façon annuelle à partir de M12
– Bilan biochimique (ionogramme, bilan hépatique, créatinine, urée, bilan phosphocalcique) : M3, M6, puis de façon semestrielle 
– Electrophorèse des protides : de façon annuelle à partir de M12
– Biomarqueurs : M3, M6, M12, M18, M24, puis de façon annuelle 
– IRM ou échographie abdominale : M6, M12, M18, M24, An 3, puis de façon tri annuelle 
– IRM osseuse (rachis, fémurs, bassin, tibias ou corps entier) : M12, An 3, puis tri ou quadri annuel
– Radiographie osseuse (squelette) : si point d’appel 
– Ostéodensitométrie : si point d’appel
– Scanner thoracique, EFR : si point d’appel
– Echographie cardiaque, ECG : si point d’appel (à réaliser surtout en cas de splénectomie et de grossesse)
– SF-36 (qualité de vie), score DS3 : M12, An 3 puis annuel

  • Suivi des patients pédiatriques MG1 et non traités (sans indication de traitement)

– Examen clinique : de façon annuelle à partir de M12
– Hémogramme : de façon annuelle à partir de M12
– Bilan biochimique (ionogramme, bilan hépatique, créatinine, urée, bilan phosphocalcique) : An 3, puis bi-annuel
– Biomarqueurs : de façon annuelle à partir de M12
– IRM ou échographie abdominale :  An 3, puis bi-annuel
– IRM osseuse (rachis, fémurs, bassin, tibias ou corps entier) : An 3, puis bi-annuel
– Ostéodensitométrie : An 2, puis bi-annuel
– Scanner thoracique, EFR : si point d’appel
– Echographie cardiaque, ECG : si point d’appel
– Evaluation neuropsychiatrique : à 3 ans, 6 ans, 12 ans et 18 ans (sauf si points d’appels)
– Qualité de vie : de façon annuelle à partir de M12

  • Suivi des patients pédiatriques MG1 traités

– Examen clinique : de façon semestrielle à partir de M6
– Hémogramme : mensuel de J0-M3, M6, M12, puis de façon semestrielle
– Bilan hémostase : mensuel de J0-M3, M6, M12, puis de façon semestrielle
– Bilan biochimique (ionogramme, bilan hépatique, créatinine, urée, bilan phosphocalcique) : M12, An 2, An 3, puis de façon annuel
– Biomarqueurs : de façon semestrielle à partir de M6
– Anticorps anti-ER : M3, M6, M9, M12, puis de façon semestrielle
– IRM ou échographie abdominale :  M12, An 3 puis bi-annuel
– IRM osseuse (rachis, fémurs, bassin, tibias ou corps entier) : M12, An 3 puis bi-annuel
– Ostéodensitométrie : An 2, puis bi-annuel
– Scanner thoracique, EFR : si point d’appel
– Echographie cardiaque, ECG :  si point d’appel
– Evaluation neuropsychiatrique : Evaluation aux âges clés (sauf si point d’appel)
– Qualité de vie : de façon semestrielle de M6 à An 3 puis annuel 

  • Suivi neurologique spécifique de la MG type 3

– Examen clinique : M3, M6, M9, M12 puis de façon semestrielle 
– Examen mouvements oculaires : De façon semestrielle à partir de M6
– Examen neurologique : De façon annuelle à partir de M12

 

 

 

 

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