Péricardite aiguë

Fiche MGS
Une Fiche MedG Maladie et Grand Syndrome
Fiche relue par un tiers. Dernière mise à jour le 9 septembre 2016.

CardioInfectieux
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 233


Dernières mises à jour
– septembre 2016 : relecture avec la cardio 2e édition, modifications mineures (Vincent)
– octobre 2012 : création de la fiche (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : SFC 2e édition 2015 (référentiel de cardiologie)
2 : [pas de RCP/CC]
Sommaire
1) Généralités
– Etiologie
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
3) Evolution
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement


1) Généralités 1 

Déf :  Inflammation aiguë des feuillets péricardiques avec création d’un épanchement.

  • Etiologies

Infectieuses : 
– virale : typique à début brutal, terrain = homme jeune. Les virus en cause sont nombreux (entéro-, écho-, adéno-virus, CMV, VIH, VHC, influenza…)
– purulente : tableau sévère chez sujet âgé / immunodéprimé
– tuberculeuse : tableau subaigu

Non-infectieuse  :
Post-SCA : précoce (1 sem.) ou sd de Dressler à distance (2-12 sem.)
– Néoplasique : souvent métastatique (hémopathies malignes, cancer pulmonaire, sarcome de Kaposi…) ou rarement mésothéliome péricardique primitif.
– Autres : maladie auto-immune (lupus, sclérodermie, PAN, PR, …), radique, insuffisance rénale terminale, syndrome post-péricardiotomie, hypothyroïdie, RAA, …

Remarque : la péricardite idiopathique est l’équivalent d’une péricardite virale, elle regroupe 90% des cas

 2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Douleur précordiale typique ETT : épanchement

A ) Clinique

Anamnèse :
– douleur thoracique
– fièvre présente d’emblée, syndrome grippal
– dyspnée, toux sèche, dysphonie

Douleur de péricardite typique :
– siège = précordiale
– irradiation = peu
– type = brûlure, constriction
– intensité = variable mais prolongée
– chronologie = augmente à la toux et l’inspiration profonde. Diminue à l’antéflexion. Pas de facteur déclenchant.
Examen clinique : 
– frottement péricardique : bruit systolo-diastolique, du froissement de la soie au craquement du cuir neuf
– signes droits si importante – compliquée

B ) Paraclinique

ECG de repos : Peut être normal. Evolution typique en 4 stades

Stade Chrono Aspect ECG
1 1er jour Sus-décalage diffus de ST, concave vers le haut, souple, sans miroir
Sous-décalage PR
2 2e jour Retour iso-électrique de ST avec aplatissement de T
3 1ere semaine Négativation des ondes T
4 dans le mois Retour à la normale

Bio : syndrome inflammatoire

RxT : Souvent normal. Peut montrer une cardioMG symétrique si épanchement abondant

ETT : systématique. Montre souvent un épanchement

3) Evolution 1 

Histoire naturelle : souvent évolution simple de la péricardite virale. Les autres étiologies sont plus à risque !

Complications :
– Péricardite récidivante (30-50%)
Tamponnade : signes droit
– Myocardite : tropo élevée
Péricardite chronique constrictive

4) PEC 1 

A ) Bilan

  • Recherche étiologique

Bilan initial :
– Hémoculture si fièvre
– RxT et ETT

Autres si signes d’appel :
– Intradermoréaction à la tuberculine
– TDM thoracique ou IRM cardiaque
– Ponction péricardique pour analyse biochimique, cytologique et microbio

  • Bilan de gravité

En plus de l’état clinique :
– bilan bio initial = bilan inflammatoire, tropo, iono-urée-créat
– RxT, ETT

Critères d’hospitalisation :

Etiologique : toute orientation vers une étiologie autre que virale

Clinique / paraclinique : tamponnade ou FdR de tamponnade
– fièvre
– symptômes depuis plusieurs semaines
– patient immuno-déprimé, sous AVK
– post trauma-cardiaque
– myocardite associée
– résistance au traitement médical symptomatique > 7j
– épanchement péricardique important (>20mm)

B ) Traitement

Pour la péricardite virale / idiopathique

RHD : repos au lit !

Médicaments : 2 types
– Anti-inflammatoire (AINS) ou Aspirine pendant 1 mois avec diminution progressive.
– Colchicine : seul ou en association avec l’ibuprofène. Meilleur résultat (notamment sur le taux de récidives) mais plus de CI.




One thought on “Péricardite aiguë

  1. On remarque que la fièvre est un critère de gravité (critère d’hospitalisation). Or elle est très souvent présente initialement dans les causes virales / idiopathiques, qui ne sont pas trop à risque… Doit-on comprendre “fièvre persistante” ?

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