Diphtérie

Infectio ORL
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 146

Dernières mises à jour
Décembre 2018 : mise à jour de la source Pilly, modifications mineures (Vincent)
Mars 2017 : création de la fiche (Vincent) ; Relecture (MedG)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : ECN Pilly 2018 – item 146 (référentiel d’infectiologie)
2 : Dossier thématique Santé Publique France – diphtérie
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 2

Déf : infection liée à Corynebacterium diphteriae (bacille gram pos.), pouvant être porteuse du gène codant la toxine diphtérique (tox+) responsable des atteintes nerveuses et cardiaques.

Bactériologie : d’autres espèces de Corenybacterium peuvent produire la même toxine et le même tableau.
– C. Diphteriae transmission aérienne interhumaine
– C. Ulcerans : transmission par le lait cru ou les animaux de compagnie
– C. Pseudotuberculosis : transmission par les caprins

Epidémiologie :
– C. diphtériae : pathologie disparue en France grâce à la vaccination. Seuls des cas importés ont été déclaré (de Madagascar, Russie, Cameroun et Pakistan).
– C. Ulcérans : 33 cas déclarés depuis 2003

2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Angine pseudomembraneuse
± signes d’imprégnation toxinique
Culture microbio
PCR

A ) Clinique 1

Anamnèse :
– Incubation < 7j
– Notion de voyage (Europe de l’est, Afrique-Asie) et absence de vaccination

Clinique :
Signes généraux : fièvre modérée, ADP sous-angulo-maxillaires, ± signes d’impregnation toxinique (paleur, tachycardie), coryza unilatéral
Angine pseudomembraneuse : fausse membranes extensives, adhérentes, débordant les amygdales++++

Autre formes 2 :
Diphtérie cutanée : pseudomembranes sur une plaie ou ulcération préexistante
Lympho-adénite : tableau le plus fréquent pour C. pseudotuberculosis

B ) Paraclinique

En urgence !

NFS : hyperleucocytose à PNN 1
Culture microbiologique sur prélèvement pharyngé / plaie cutanée
PCR pour recherche d’exotoxine

3) Evolution 1

  • Complications

Croup en cas d’extension laryngée voire trachéo-bronchique des pseudomembranes, jusqu’à l’asphyxie
Imprégnation toxinique : pâleur, atteinte myocardique, atteinte neuro

  • Pronostic

Taux de décès : 10 %

4) PEC 1

! Urgence !

  • Traitement étiolologique (dès suspicion clinique, après prélèvement)

Amoxicilline + sérum anti-toxine diphtérique puis vaccination

  • Mesures de santé publique

Déclaration obligatoire si le germe est porteur de la toxine
Précautions gouttelettes, éviction jusqu’à négativation de 2 prélèvements de gorge espacés de 24h post-antibiothérapie. Vaccination ± antibioprophylaxie des sujets contact

Angine de Vincent

Infectio ORL
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 146

Dernières mises à jour
Décembre 2018 : mise à jour de la source Pilly, pas de modification (Vincent)
Mars 2017 : création de la fiche (Vincent) ; Relecture (MedG)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : ECN Pilly 2018 – item 146 (référentiel d’infectiologie)

1) Généralité 1

Déf : angine ulcéro-nécrotique liée à une association bactérienne dite « fusospirillaire », rencontrée en cas de mauvaise hygiène bucco-dentaire. Les bactéries en cause sont le Fusobacterium (anaérobie) et un spirochète du genre Borrelia

2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Angine ulcéreuse
haleine fétide
examen direct prélèvement de gorge

Clinique :
– Haleine fétide, mauvaise hygiène bucco-dentaire
– Fièvre modérée, odynophagie latéralisée
– Ulcération profonde, souple, douloureuse et unilatérale avec membranes grisâtres non-adhérentes

Paraclinique : examen direct du prélèvement de gorge (association fusospirillaire)

3) Evolution 1

Risque de complications
> Phlegmon péri-amygdalien
> Sd de Lemierre = thrombophlébite septique jugulaire avec embols pulmonaires : AEG, douleur thoracique, infarctus et abcès pulmonaires

4) PEC 1

Antibiothérapie : Amoxicilline (si CI : métronidazole)

Consultation dentiste + panoramique dentaire

Angine à SGA

Infectio ORL
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 146


Dernières mises à jour
– Décembre 2018 : mise à jour des sources Pilly et ORL, modifications mineures (Vincent)
– Mars 2018 : relecture avec la 7e édition du réf de pédiatrie. Modifications mineures (Vincent)
– Mars 2017 : création de la fiche (Vincent) ; Relecture (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : ECN Pilly 2018 – item 146 (référentiel d’infectiologie)
1B : CNPU 7e édition 2017 – Angines (référentiel de pédiatrie – non disponible en ligne, lien vers l’édition 2014)
1C : ORL 4e édition 2017 – item 146 (référentiel d’ORL – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2014)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
– A) Histoire naturelle
– B) Complication
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement

1) Généralité 1A

Déf : inflammation des amygdales due à streptocoque groupe A (SGA)

Physiopathologie : contamination par voie aérienne à partir d’un porteur sain (5% de la population) ou malade

Epidémio
– Enfant : 25-40 % des formes érythémateuses et érythématopultacées, jamais avant 3 ans, pic entre 5 et 15 ans
– Adulte : 10-25 % des formes érythémateuses et érythématopultacées

2) Diagnostic 1A, 1C

Clinique Paraclinique
Angine erythémateuse ou érythémato-pultacée TDR +

A ) Clinique

Anamnèse 
– Douleur pharyngée uni- ou bilatérale spontanée, odynophagie, otalgie réflexe
– ± Vomissements, douleur abdominale (chez l’enfant surtout)

Clinique : angine érythémateuse ou érythématopultacé
– Pharynx inflammatoire, amygdales augmentées de volume
– ± enduit blanchâtre punctiforme facile à décoller, sur une muqueuse congestive

Chez l’enfant de plus de 3 ans, certains arguments cliniques sont évocateurs d’angine à SGA (mais un TDR reste systématique) 1B

Angine virale Angine à SGA
Tout age
Début progressif
Fievre et odynophagie modérées
Erythème ± vésicules
± atteinte ORL et respiratoire diffuse, éruption cutanée
Pic 3-15 ans
Début brutal
Fièvre et odynophagie intenses
Erythème intense, purpura du voile
± ADP sensibles

B ) Paraclinique

TDR du streptocoque groupe A (écouvillonnage direct des amygdales ou du pharynx)

Indications : en cas d’angine érythémateuse ou érythémato-pultacée et
– entre 3 et 15 ans, systématique
– après 15 ans, ssi score de Mac Isaac ≥ 2
– si pas d’amélioration à 72h d’un traitement symptomatique 1B

Résultats : en 5 minutes, sensibilité > 90%, spécificité > 95% pour les SGA

Prélèvement avec culture pharyngée 1B : utile dans de rare situations
– échec thérapeutique à 72h d’évolution sous antibiotique
– TDR nég. et FDR de rhumatisme articulaire aigü (RAA)
– traitement par macrolide envisagé dans les zones avec risque de résistance > 10% 1A

Score de Mac Isaac : guide l’attitude thérapeutique après 15 ans. Un score < 2 élimine une origine streptococcique avec une VPN > 95% chez l’adulte.

Critère Points attribués
Fièvre > 38° 1
Absence de toux 1
Adénopathies cervicales sensibles 1
Augmentation de volume ou exsudat amygdalien 1
Age ≥ 45 ans -1

FdR de RAA 1B, 1C
> antécédents personnels de RAA ;
> âge compris entre 5 et 25 ans associé :
– à des séjours en régions endémiques de RAA (Afrique subtropicale, Maghreb, DROM-COM),
– à certains facteurs environnementaux (conditions sociales, sanitaires, économiques),
– à des antécédents d’épisodes multiples d’angines à SGA

C ) Diagnostic différentiel

Angine virale ++
Autre angine d’origine bactérienne : streptocoques des groupes B, C, F et G, gonocoque, scarlatine
Rhinopharyngite (toujours virale)

3) Evolution 1A

A) Histoire naturelle

Evolution spontanément favorable en 3-4 jours le plus souvent mais risque de complications graves justifiant le traitement

B) Complications

Concerne 1% des angines à SGA

  • Complications locales 1C

Phlegmon péri-amygdalien : trismus dans les formes antérieures, déviation de la luette côté opposé à la lésion, dysphonie (voix dite de “patate chaude”)

Adénophlegmon cervical : douleur cervicale puis torticolis fébrile évoluant vers l’abcédation

Infections péripharyngées : complications graves

Infection péripharyngée Clinique / Terrain
Abcès rétro-pharyngé/rétro-stylien Tuméfaction cervicale mal limitée, âge < 7 ans, torticolis, dyspnée
Infections pré-styliennes Tuméfaction cervicale haute et sous-mandibulaire souvent abcédée, trismus, dyspnée
Fasciite nécrosante Cellulite cervicale profonde avec extension aux parties molles jusqu’à médiastinite
  • Complications générales

Syndromes immunologiques : rhumatisme articulaire aigu (RAA) et glomérulonéphrite aiguë (GNA), érythème noueux (nodosités de Meynet 1C), chorée de Sydenham

Syndromes toxiniques : scarlatine, choc toxinique

4) PEC 1A

A ) Bilan

Bilan des complications 1C : TDM cervicale si suspicion de complication locale

Bilan pré-thérapeutique 1A : prélèvement de gorge si utilisation de macrolides pour ATBgramme (10% de résistance)

B ) Traitement

  • Symptomatique 1A, 1B

Antalgique / antipyrétique : paracétamol ++
Pas de corticoïdes ni AINS

Eviction de la collectivité jusqu’à 48h de l’antibiothérapie

  • Traitement curatif : antibiothérapie 1A, 1B

ATBthérapie des SGA documentés par TDR uniquement
– 1ère intention = Amoxicilline 6 jours (50 mg/kg/j chez l’enfant 1B)
– 2nde intention (si allergie péni sans CI des céphalosporine) = Céphalosporine, par exemple Cefuroxime-axétil 4 jours ou Cefpodoxime-proxétil 5 jours.
– 3ème intention (si allergie sévère péni) = Macrolides, par exemple azythromycine 3 jours, clarithromycine ou josamycine 5 jours

Remarque : but du traitement ATB
– diminuer la durée des symptômes de 24h
– prévenir les complications loco-régionales et le risque de RAA (mais pas de GNA)
– diminuer la contagiosité

  • PEC des complications 1C

Phlegmon péri-amygdalien : ponction ou drainage évacuateur, + augmentin 10j

Adénophlegmon cervical : augmentin 10-14j, hospitalisation si persistance à J3

Infection péri-pharyngée : urgence, PEC spécialisée

  • Amygdalectomie 1C

Rare. Les indication dans les angines sont :
– Angine récidivante ou chronique, abcès péri-amygdalien récidivant, obstruction significative (trouble respiratoire, dysphagie, dysphonie…)
– Syndromes post-streptococciques des angines à SGA (sauf la GNA)
– Amygdalectomie à chaud associée au drainage d’un abcès parapharyngé

Angine (OD)

Infectio ORL
Fiche réalisée selon le plan OD
Item ECNi 146


Dernières mises à jour
– Décembre 2018 : mise à jour des sources Pilly et ORL, modifications mineures (Vincent)
– Mars 2018 : relecture avec la 7e édition du réf de pédiatrie. Modifications mineures (Vincent)
– Mars 2017 : création de la fiche (Vincent) ; Relecture (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : ECN Pilly 2018 – item 146 (référentiel d’infectiologie)
1B : CNPU 7e édition 2017 – Angines (référentiel de pédiatrie – non-disponible en ligne, lien vers la précédente édition)
1C : ORL 4e édition 2017 – item 146 (référentiel d’ORL – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2014)
Sommaire
1) Etiologie
2) Orientation diagnostique
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Synthèse
3) Traitement symptomatique

!! URGENCES !!

Clinique Etiologie
Rares complications graves Diphtérie
Angine de Vincent

Déf : inflammation d’origine infectieuse des amygdales ± pharyngite sans rhinite.

Angine chronique 1C : signes inflammatoires locaux et régionaux durant > 3 mois sans réponse au traitement
Angine récidivante 1C : ≥ 3 épisodes par an pendant 3 ans, ou ≥ 5 par an pendant 2 ans

Epidémio : incidence (Fr) = 9 millions / an

1) Etiologie 1A

  • Etiologies virales (80%)

Souvent associé à des signes infectieux diffus ORL/respiratoire et extra-ORL

Etiologie Clinique Paraclinique
Primo-infection VIH Angine érythémateuse / érythématopultacée
FdR infection à VIH
Sérologie
Mononucléose infectieuse (primo-infection EBV) Tous types d’angine (érythémateuse ++, pseudomembraneuse). Si membrane : non adhérente, respectant la luette.
Asthénie, polyADP, purpura du voile
Splénomégalie (50%)
MNI-test ++
Bio : sd mononucléosique et cytolyse hépatique ; signes de complication (AHAI, thrombopénie)
Primo-infection à HSV Angine vésiculeuse
Vésicules périlabiales, gingivostomatite
Herpangine (coxsackie A) Angine vésiculeuse (uniquement sur les amygdales !)
Enfant 1-7 ans, épidémies estivales
Autres étiologies virales +++ * Angine érythémateuse ou vésiculeuse (selon virus)

* Autres viroses par type d’angine :
Erythémateuse / pultacée : rhinovirus, coronavirus, VRS, myxovirus influenzae et parainfluenzae, adénovirus
Vésiculeuse : entérovirus (échovirus, coxsackies), VZV

  • Etiologies bactériennes
Etiologie Clinique Paraclinique
Streptocoque groupe A SGA (20% des angines érythémateuses) Angine érythémateuse / érythématopultacée
Après 3 ans, pic d’incidence à 5-15 ans
± scarlatine (enfant ++)
TDR positif
± Culture sur plvt de gorge si FdR de RAA 1B
Autre streptocoques (groupes B, C, F et G) Angine érythémateuse / érythématopultacée  
Gonocoque Angine érythémateuse / érythématopultacée
Rapports oro-génitaux
 
Chancre syphilitique Angine ulcéro-nécrosante
Rapports oro-génitaux
Ulcération unilatérale peu profonde, indolore, indurée, ADP unilatérale
Tréponème à l’examen direct du plvt de gorge
Sérologies syphilis
Diphtérie (corynebacterium diphteriae, ulcerans ou pseudo-tuberculosis) Angine pseudomembraneuse rapidement extensive, adhérente avec atteinte de la luette
Terrain : vaccin non-à jour, voyage europe de l’est

Coryza unilatéral, ADP satellite
Pâleur, tachycardie
Corynebactéries à l’examen direct + recherche de toxine par PCR
Hyperleuco à PNN
Angine de Vincent (association fusospirillaire = fusobacterium + borrelia) Angine ulcéreuse : ulcération profonde, souple, douloureuse et unilatérale avec mb grisatres non-adhérentes
Mauvaise hygiène bucco-dentaire
Examen direct du plvt de gorge
  • Formes chroniques : cette section comprend des causes non-infectieuses qui ne sont pas des angines à proprement parler 0
Etiologie Clinique Paraclinique
Agranulocytose (médicamenteuse, toute autre cause)
Ulcération bilatérale NFS : PNN < 0,5 G/L
Cancer ORL Ulcération unilatérale
Terrain alcoolo-tabagique

Cancer de l’amygdale : sujet âgé, induration unilatérale profonde ± saignement au toucher, adénopathies de caractère malin
Naso-fibroscopie, TDM 0
Amygdalite chronique de l’enfant 1C Angines blanches à répétition, avec amygdales dures, atrophiques ou molles, productrices d’un liquide louche / purulent
ADP cervicales et asthénie
Sd inflammatoire biologique
Amygdalite chronique de l’adulte 1C Terrain anxieux
Symptomatologie modérée, petites amygdales avec noyau cicatriciel et kystes jaunâtres
  • Remarque : diagnostics différentiels 1C

Angines érythémateuses : Rhinopharyngite (toujours virale) 1A

Angines vésiculeuses
Zona pharyngien (rare) : strictement unilatéral, voile et tiers supérieur du voile respectant l’amygdale
Aphtose : muqueuse gingivobuccale ± voile et piliers. Des formes ulcérées en coup d’ongle ou en pointe d’épingle existent, suspecter une maladie de Behçet associée.
Eruptions bulleuses : pemphigus, maladie de Duhring-Broq

Formes chroniques
Hypertrophie amygdalienne / hyperplasie réactionnelle chez l’enfant
Pharyngite chronique : inflammation de l’ensemble du pharynx, souvent au décours d’une maladie systémique, affection digestive, mycose, médication atropinique
Causes psy : manifestations phobiques, globus hystericus ou sensation de corps étranger

Note : un syndrome coronarien aigu peut simuler une angine par une violente douleur amygdalienne unilatérale, généralement sans sd infectieux.

2) Orientation diagnostique 1A

A) Clinique

Les signes communs sont une inflammation oropharyngée et adénopathies satellites

On décrit 4 formes cliniques d’angines, reliées à un nombre restreint d’étiologies.

Forme clinique Description Principales étio
Erythémateuses et érythématopultacées (80-90%) – Pharynx inflammatoire, amygdales augmentées de volume
– ± enduit blanchâtre punctiforme facile à décoller, sur une muqueuse congestive
Viroses bénignes
SGA et strepto non-A

MNI
VIH
Gonocoque
Pseudo-membraneuses Enduit confluent nacré ou grisâtre, sur les amygdales
Diphtérie
MNI
Vésiculeuses Vésicules évoluant vers une érosion recouverte d’un enduit jaunâtre et halo inflammatoire, forme très douloureuse HSV / VZV
Herpangine
Entérovirus
MNI
Ulcéreuses et ulcéro-nécrotiques Erosion amygdalienne ± extension au voile du palais ou au pharynx postérieur Angine de Vincent
Syphilis
Agranulocytose / cancer ORL
MNI

B) Paraclinique

Le bilan est orienté selon le type d’angine ++

BILAN DEVANT UNE ANGINE SELON L’ORIENTATION
TDR du SGA dans l’angine érythématopultacée si :
– Systématique entre 3 et 15 ans
– Si score de Mac Isaac ≥ 2 après 15 ans
– Pas d’amélioration à J3 d’un traitement symptomatique
Prélèvement de gorge pour analyse microbiologique si on suspecte une syphilis, une diphtérie ou une angine de Vincent
NFS, plaquettes si angine pseudomembraneuse ou ulcéro-nécrotique
Autres selon suspicion : dépistage VIH, sérologie syphilis, MNI test…

Note : l’isolement de certaines bactéries sur un prélèvement de gorge ne traduit qu’une simple colonisation (non-pathogènes) : HIb, Branhamella catarrhalis, pneumocoque, staphilocoque, anaérobies…

C) Synthèse 0

3) PEC 1A

A ) Bilan

Bilan de gravité : recherche de critères d’hospitalisation

Critères d’hospitalisation :
– Complications graves de l’angine streptococcique
– Diphtérie (urgence !)
– Angine de Vincent
– Certaines complications de la MNI, gingivostomatite herpétique sévère empêchant l’alimentation

B ) Traitement symptomatique

PEC symptomatique
Antalgique / antipyrétique : paracétamol ++
– Soins de bouche dans les angines vésiculeuses
– ± Moyens locaux dans les formes chroniques 1C : gargarismes, pulvérisation superficielle au laser, radiofréquence, cryothérapie voire amygdalectomie
Pas de corticoïdes sauf certaines complications de la MNI et de la diphtérie
Pas d’AINS

Indications à l’antibiothérapie
– angine à streptocoque du groupe A (documentée !)
– angine de Vincent
– diphtérie
– gonocoque
– chancre syphilitique

Amygdalectomie 1C : rare. Les indication dans les angines sont :
– Angine récidivante ou chronique, abcès péri-amygdalien récidivant, obstruction significative (trouble respiratoire, dysphagie, dysphonie…)
– Syndromes post-streptococciques des angines à SGA (sauf la GNA)
– Amygdalectomie à chaud associée au drainage d’un abcès parapharyngé

Rhinite et Rhinopharyngite

Infectiologie ORL
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 145 146

Dernières mises à jour
Novembre 2018 : mise à jour des sources Pilly et ORL, modifications mineures (Vincent)
Mars 2018 : relecture avec la 7e édition du réf de pédiatrie, modifications mineures (Vincent)
Février 2017 : création de la fiche (Vincent), relecture (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : ECN Pilly 2018 – item 145 (référentiel d’infectiologie)
1B : CNPU 7e édition 2017 – Rhinopharyngite (référentiel de pédiatrie – non disponible en ligne, lien vers l’édition 2014)
1C : ORL 4e édition 2017 items 145 / et 146 (référentiel d’ORL – indisponible en ligne, liens vers l’édition 2014)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
– A) Histoire naturelle
– B) Complication
4) PEC


1) Généralité 1A

Déf : On distingue l’atteinte nasale ± sinusienne diffuse (rhinite) et l’inflammation de l’étage supérieur du pharynx (pharyngite). Cela correspond au rhume banal.
La rhinite et la rhinopharyngite sont 2 entités identiques au point de vue des étiologies, de l’évolution et de la PEC 0.

Physiopathologie/épidémiologie
– Contagiosité de type contact ++ et gouttelettes 1A
– 0-4 épisodes non-compliqués / an chez l’adulte sain, 4-5 / an chez l’enfant jusqu’à 7 ans 1C

Etiologies : ces affections bénignes sont presque exclusivement le fait d’une infection virale, les espèces en cause sont extrêmement nombreuses (liste non-exhaustive) 1C :
– Rhinovirus (>120 espèces chez l’homme 1A)
– Adénovirus
– Coronavirus
– Influenzae / para-influenzae
– Virus respiratoire syncytial (VRS)
– Entérovirus

2) Diagnostic 1A, 1B, 1C

Clinique
Obstruction nasale, rhinorrhée et toux (< 15 jours)
Fièvre (< 3 jours)

A ) Clinique

La symptomatologie des rhinites et rhinopharyngites virales est très variable selon les individus et entre différents épisodes chez un même individu.

Symptômes ORL (bilatéraux) : peuvent durer 10 à 15 jours
– Obstruction nasale 1A, sensation de « plénitude » / céphalées frontales 1C
– Rhinorrhée claire puis purulente
– Erythème pharyngé et amygdalien, hypertrophie des cornets inférieurs à la rhinoscopie ± rhinorrhée postérieure chez l’enfant (tapis de mucopus) 1C
– Toux
– Tympan congestif sans bombement inflammatoire 1C

Syndrome pseudo-grippal :
– Fièvre classiquement modérée et durant < 3 jours
– Myalgies

Chez le nourrisson :
– Diarrhée et douleur abdo 1A
– Détresse respiratoire possible avant 3 mois (respi. nasale exclusive) 1B
– Adénopathies sous-angulomaxillaires 1B, 1C

B ) Paraclinique

Aucun examen complémentaire

C ) Diagnostic différentiel 1C

Rhinite allergique : printanière, rhinorrhée claire abondante et salves d’éternuements ± conjonctivite et prurit palatin

Différentiels des obstructions nasales en pédiatrie
Malformations de la face (en particulier chez le nourrisson < 6 mois) : atrésie des choanes uni- ou bilatérale, hypoplasies des orifices piriformes, autres

Fibrome nasopharyngien : rare tumeur bénigne, survenant chez le garçon après 10 ans. Tableau de rhinorrhée progressive et épistaxis récidivant, lié à une tumeur très vascularisée de la paroi latérale de l’orifice choanal.

Cancer du rhinopharynx non-exceptionnel

3) Evolution 1A, 1B

A) Histoire naturelle

Incubation : 48-72h 1B
Résolution spontanée en moins de 10 jours dans 99% des cas 1A

B) Complications

> On évoquera une surinfection bactérienne devant une persistance de la fièvre > 3 jours ou des symptômes ORL > 10 jours.
Sinusite bactérienne aiguë (1%)
Otite moyenne aiguë purulente
– Conjonctivite purulente
– Autres 1C : complications cervico-médiastinales (adénophlegmon, laryngites…)

Le caractère purulent de la rhinorrhée et l’existence d’une fièvre < 3j ne sont pas des critères de surinfection bactérienne ! 1B, 1C

> Rarement chez l’enfant : complications propres à la fièvre. 1B

4) PEC 1B, 1C

! Pas d’antibiothérapie en dehors des surinfections bactériennes !

Traitement symptomatique :
– Lavage des fosses nasales au sérum physiologique +++. Aspiration des mucosités au mouche-bébé le cas échéant (prévient les complications ORL) 1C
– Antalgie / antipyrexie : paracétamol (si gène fonctionnelle)
– ± Vasoconstricteurs par voie nasale chez l’adulte ssi obstruction invalidante 1C (CI avant 15 ans 1B / non-recommandés du fait d’une balance bénéfice-risque défavorable 1A)

Adénoïdectomie : En cas d’hypertrophie adénoïdienne responsable de troubles fonctionnels persistants (obstruction chronique des VAS). Essentiellement chez l’enfant. 1B

L’éviction d’une collectivité d’enfants n’est pas obligatoire ; sa fréquentation n’est cependant pas souhaitable à la phase aiguë de l’infection (reco HCSP 2012) 1B