Coqueluche

!! FICHE NON RELUE !!


Infectiologie Pédia Pneumo
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 159


Dernières mises à jour
Sources
Sommaire

1) Généralité 1

Déf :
Coqueluche : infection respiratoire à Borderella Pertussis, bacille produisant des facteurs de virulence (adhésines et toxines)
Paracoqueluche : forme atténuée liée à Borderella Parapertussis (<5%)

Facteurs de virulence de B. pertussis : entrainent une nécrose de la muqueuse respiratoire
Toxine pertussique => hyperlymphocytose, hypersensibilité à l’histamine
Hémagglutinine filamenteuse => interaction avec les cellules hôtes

Physiopathologie/épidémiologie :
Pays industrialisés : bonne couverture vaccinale, réservoir = adultes
Pays en développement : mauvaise couverture, réservoir = enfants qui ré-immunisent régulièrement les adultes

Transmission interhumaine stricte, par voie gouttelettes ou aérosol

Note : la coqueluche est de pronostic grave chez le nourrisson < 6 mois, et il n’existe pas d’immunité materno-fœtale passive, c’est donc sur la protection de cette population fragile que sont centrées les recommandations.

2) Diagnostic 1

Le diagnostic est épidémiologique ou biologique :

Clinique Paraclinique
Symptômes + cas confirmé dans l’entourage PCR ou culture sur milieu spécifique

A ) Clinique

Anamnèse : 7 à 10 jours d’incubation

Clinique : apyrexie ! La description classique de 3 phases s’observe mieux chez le nourrisson non-vacciné

1) Catarrhe : 7-15 jours

Signes d’invasion non spécifiques : rhinite, éternuements et toux spasmodique
Contagiosité maximale

2) Quintes : 4-6 semaines

Toux en quintes paroxystiques avec difficulté de reprise inspiratoire allant crescendo = chant du coq (plus rare chez le nourrisson), prédominance nocturne ± émétisante, cyanose 1b
Déclenchée par la déglutition, les cris, l’effort, l’examen du pharynx… 1b
Contagiosité de diminution progressive jusqu’à disparition

3) Convalescence

Quintes de moins en moins sévères et fréquentes
Hyperréactivité bronchique résiduelle, quelques semaines ou mois

B ) Paraclinique

Prélèvement microbiologique : aspiration/écouvillonnage nasopharyngé ou mucus de quinte

Indications : patient symptomatique depuis < 21 jours, ou au-delà pour les cas contact

Méthodes : PCR +++, et culture sur milieux spécifiques dans les 15 premiers jours de la maladie (Se=60% en phase catarrhe puis 10% en phase d’état, Sp=100%).

Hyperlymphocytose inconstante, pas de sd inflammatoire. La sérologie n’a plus d’indication.

Radio thoracique : rarement syndrome interstitiel uni- ou bilatéral, distension thoracique ou atélectasie

C ) Diagnostic différentiel

Etiologies des toux subaiguës non-fébriles :
– Infectieuses : mycoplasme ou chlamydia pneumoniae, grippe, tuberculose, sinusite chronique avec rhinorrée postérieure
– Pneumo-allergologique : allergie, asthme, PnP interstitielle diffuse
– Iatrogène : IEC ++, bétabloquants

3) Evolution 1

A) Histoire naturelle

Taux d’attaque élevé lors des contacts proches et répétés : 75%

B) Complications 1b

Coqueluche maligne du nourrisson 1, 1b :
– Hyperlymphocytose majeure (>50.000/mm3) et hyperplaquettose (>600.000/mm3)
– Surinfections bactériennes
– Détresse respiratoire, tachycardie, hypoxie réfractaire jusqu’à défaillance multi-viscérale

Liées à la toux : pneumothorax, prolapsus et hernies, fractures costales, otites barotraumatiques, hémorragies sous-conjonctivales, incontinence urinaire transitoire

Surinfection bronchique ou ORL (fièvre)

Décompensation de comorbidité chez le sujet âgé 1

Encéphalopathie coquelucheuse : état de mal convulsif + troubles moteurs et sensoriels

C) Pronostic 1b

Encéphalopathie coquelucheuse : 1/3 de guérison sans séquelles, 1/3 avec séquelles et 1/3 de décès

4) PEC 1

A ) Bilan 1b

Critères d’hospitalisation :
– Age < 3 mois
– Signes de mauvaise tolérance ci-dessous (quel que soit l’âge pour les signes en gras)
– Forme compliquée

Signes de mauvaise tolérance chez le nourrisson
– Cardiorespiratoire : quintes asphyxiantes ± cyanose ; apnée, bradycardie
– Neurologique : troubles de la conscience, malaise grave
– Digestif : vomissements ± déshydratation, dénutrition

Dans tous les cas d’hospit., surveillance clinique et des constantes. En cas d’hospitalisation pour l’enfant, il est souvent nécessaire de mettre en place un monitoring par scope cardiorespiratoire voire une nutrition parentérale.

B ) Traitement

  • Antibiothérapie: limitation de la contagiosité et raccourcissement des symptômes si lancée avant la phase de quintes. 1 Elle n’est justifiée que lors des 3 premières semaines de la maladie 1b

1ère intention : macrolides 1b
– Clarithromycine 7 jours PO
15 mg/kg/j en 2 prises chez l’enfant
500 à 1000 mg/j en 2 prises chez l’adulte
– Azithromycine 3 jours PO
20 mg/kg/j chez l’enfant
500 mg/j chez l’adulte

2nde intention : cotrixomazole 1b – 14 jours
30 mg/kg/j en 2 prises chez l’enfant
1600 mg/j en 2 prises chez l’adulte

  • Autres mesures

Oxygénothérapie si besoin.
Corticothérapie ssi forme grave
Alimentation fractionnée ou nutrition entérale à débit constant (NEDC) 1b
Traitement des complications

Anti-tussifs et fluidifiants : pas d’efficacité démontrée, CI chez le nourrisson

C ) Prévention

  • Antibioprophylaxie

Elle doit être menée le plus précocement possible, dans un délai de 21 jours après le dernier contage avec le cas index, de la même manière que l’ATBthérapie. Les modalités sont présentées ici :

Contacts proches Contacts occasionnels
Prophylaxie sauf si vaccination complète récente < 5 ans Prophylaxie chez les sujets à risque non ou incomplètement vaccinés
Même lieu de vie Enfant et personnels des crèches Exposition au domicile de l’assistante maternelle Nourrissons et personnes en contact fréquent Immunodépression Grossesse Insuffisance respiratoire
  • Eviction de l’entourage ou de la collectivité

Durée d’éviction d’un cas index ou suspect ou contact proche symptomatique :
– 21 jours sans ATBthérapie
– 3 jours sous azithromycine
– 5 jours sous clarithromycine ou cotrixomazole

  • Vaccination

Vaccin acellulaire (inerte), calendrier de la fiche vaccinations.

Recommandations : stratégie de cocooning = vérification ± rattrapage vaccinal si besoin des personnes susceptibles d’être en contact avec des patients fragiles > Professionnels
– Tous soignants, actifs ou étudiants, y compris en EHPAD
– Professionnels de la petite enfance
– Assistants maternels, baby-sitters

> Civils
– Adultes avec projet parental
– Pendant la grossesse : conjoint, fratrie
– En post-partum : la mère
– Personnes susceptible d’être en contact avec des nourrissons < 6 mois

  • Notification de cas à l’ARS

Elle n’est pas obligatoire mais recommandée pour des cas groupés (≥ 2) :
– Dans les collectivités : écoles, internats, crèches…
– Nosocomiaux : maternité, hôpital, EHPAD. ± notification au CLIN

haut de page

Une question / une remarque ? Merci de faire vivre MedG !