Alcool : mésusage et addiction

Psy – HGE
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 74


Dernières mises à jour
– Décembre 2019 : ajout de la RBP de la SFA, nombreux ajouts (Thomas)
Fév. 2019 : mise à jour de la source CDU-HGE, modifications mineures (Vincent)
Oct. 2018 : développement de la thérapie au long cours (Thomas)
– Juin 2018 : ajout des marqueurs spécifiques, modification de la partie clinique (Thomas)
– Mars. 2018 : relecture, publication (Beriel)
– Nov. 2017 : création de la fiche (Vincent)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CNUP 2e édition 2016 (référentiel de psychiatrie)
1B : CDU-HGE 4e édition 2018 – item 74 (référentiel d’HGE – indisponible en ligne – lien vers l’édition 2015)
1C : CEN 4e édition 2016 – item 74 (référentiel de Neurologie)
2 : Mésusage de l’alcool. Dépistage, diagnostic et traitement (RBP, SFA, 2015)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– B) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement

1) Généralité 1A

Déf 2On distingue (voir aussi la fiche Addiction : vue d’ensemble)
– le non-usage (ou abstinence)
– l’usage simple (= usage à faible risque) : consommation en dessous des seuils ET absence de pathologie lié à l’alcool (n’expose pas ou pas encore à des conséquences médicales et/ou sociales)
– mésusage : regroupe l’usage à risque (asymptomatique, mais consommation au dessus des normes), l’usage nocif (troubles présents) et la dépendance (selon les critères CIM-10)

 Seuils de la Société Française d’Addictologie (non valable dans certaines situations comme la grossesse, les hépatopathies, les contre-indications médicamenteuses etc. 1A) :
– Jamais plus de 4 V-St * par occasion lors d’un usage ponctuel
– Pas plus de 21 V-St (homme) / 14 V-St (femme) par semaine
* 1 verre-standard (V-St) = 10g d’alcool pur 

Physiopathologie : L’éthanol, principe actif de l’alcool, exerce une action biologique et comportementale complexe.
– Systèmes de neurotransmission perturbés : cholinergique, sérotoninergique, dopaminergique, GABAergique, glutaminergique, opioïdergique
– Interaction avec les systèmes d’appétence, de motivation et de décision.

Epidémiologie
– 13 % de la population (15-75 ans) déclare avoir eu au moins 1 consommation importante pour rechercher l’ivresse, 1ère ivresse à 15 ans en moyenne.
– 10 millions de personnes consomment ≥ 3 fois par semaine, 6 millions de consommateurs quotidiens (15%).
– Consommation à risque : chronique (3,8 millions) ou aiguë (12 millions).
– 2e cause de mortalité évitable en France : 49,000 décès / an (9% de l’ensemble des décès2, jusqu’à 25% des 20-39 ans).
– 3e Facteur de risque de morbidité mondiale.

2) Diagnostic 1A

Clinique PARACLINIQUE
Dépistage ++
Signes de dépendance (CIM-10)
 Alcoolémie élevée
Augmentation de la transferrine désialylée, des gGT et du VGM

A ) Clinique

  • Dépistage d’un mésusage 2

“Le repérage d’un mésusage de l’alcool est en priorité la mission des médecins généralistes, comme celle de tout professionnel de santé” 2

Population concernée : tout patient, quelque soit son âge (chez l’enfant, demander en premier lieu s’il a déjà expérimenté l’alcool).

Indices :
– sociaux : problème familial, professionnel, …
– cliniques : trouble du sommeil, dépression, anxiété, HTA, dilatation capillaire du visage, yeux rouges (signes non spécifiques)

Questionnaires : 
DETA 0
AUDIT-C ++ (se rapproche des questions de la “consommation déclarée d’alcool 1A)
FACE, AUDIT

DETAAUDIT-CFACE
Questionnaire DETA (en anglais : CAGE)

– Avez vous déjà senti le besoin de Diminuer votre consommation d’alcool ?
– Votre Entourage vous a-t-il déjà fait des remarques sur votre consommation d’alcool ?
– Avez vous déjà eu l’impression que vous buvez Trop ?
– Avez vous déjà eu besoin d’Alcool le matin pour vous sentir en forme ?

2 réponses positives (ou plus) signent un risque de dépendance !

Questionnaire AUDIT-C 

– A quelle fréquence consommez-vous des boissons alcoolisées?
– Lorsque vous consommez des boissons alcoolisées, combien en consommez-vous lors d’une journée type?
– Au cours d’une même occasion, combien de fois vous est-il arrivé de boire six boissons alcoolisées (boissons standards) ou plus ?

0-4 points par question.
Mésusage de l’alcool à partir de 4 points chez l’homme et 3 points chez la femme (seuil inférieur chez le sujet âgé)

Questionnaire FACE (Formule pour Approcher la Consommation d’alcool par Entretient)

– A quelle fréquence vous arrive-t-il de consommer des boissons contenant de l’alcool ? (0-4 pts)
– Combien de verres standards buvez-vous au cours d’une journée ordinaire où vous buvez de l’alcool ? (0-4 pts)
– Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d’alcool ? (0 ou 4 pts)
– Avez-vous déjà eu besoin d’alcool le matin pour vous sentir en forme ? (0 ou 4 pts)
– Vous arrive-t-il de boire et de ne plus vous souvenir ensuite de ce que vous avez pu dire ou faire ? (0 ou 4 pts)

Mésusage de l’alcool à partir de 5 points chez l’homme et 4 points chez la femme

  • Signes d’intoxication aigüe = ivresse

Signes neuropsy
Effet desinhibiteur et euphorisant  : jovialité ou tristesse, logorrhée, desinhibition, temps de réaction allongé
Effet dépresseur : perturbation de la perception, du jugement, des facultés cognitives

Signes physiques
– haleine oenolique
– injection des conjonctives
– syndrome cérébelleux avec dysarthrie et trouble de l’équilibre
– temps de réaction allongé, jusqu’à coma avec mydriase0
– bradycardie0

Schématiquement, on peut distinguer 3 phases selon la gravité et la variabilité inter-individu 0 :
. de 0,5 à 1,5 g/L : euphorie, désinhibition, logorrhée
. de 1,5 à 3 g/l : incoordination motrice, trouble de l’équilibre
. > 3 g/L : coma calme avec mydriase aréactive, bradycardie

Calcul approximatif de l'alcoolémie

L’alcoolémie peut se calculer approximativement par cette formule 0 :

Remarque 0 : l’ivresse pathologique comporte des signes excito-moteurs, hallucinatoires, délirants avec dangerosité potentielle pour le patient ou son entourage. Ce tableau de durée prolongée survient plus fréquemment en présence de comorbidités (troubles de la personnalité antisociale, trouble cérébral organique).

  • Signes de dépendance

Comme pour toute addiction, on retrouve :
– des symptômes comportementaux
– une répercussion sociale et/ou médicale
– des symptômes pharmacologiques (sevrage)

Signes d’imprégnation éthylique :
– Bouffissure du visage, télangiectasie et yeux globuleux
– Haleine alcoolique
– Tremblement
– Incurie
– Amaigrissement

Critères de dépendance du CIM-10, dont le syndrome de sevrage :

Syndrome de sevrage alcoolique 1A

“Le syndrome de sevrage est d’intensité limitée et sans complication chez 95 % des personnes alcoolo-dépendantes” 2. Il survient lors d’un arrêt brutal chez (seulement) 2/3 des sujets dépendants, dans le heures qui suivent l’arrêt (réveil ++). Il est maximal dans les premières 72h et peut durer jusqu’à 7-10 jours.

Tableau initial (“syndrome de sevrage simple 0”)
– Signes psycho-comportementaux : anxiété, insomnie, cauchemars, irritabilité, agitation
– Signes végétatifs : sueurs, tremblements, tachycardie, HTA
– Signes digestifs : vomissements, nausées, anorexie, diarrhée
Régression au moins partielle des signes par prise d’alcool ou de benzodiazépines

Complications
Convulsions de sevrage : crises généralisées tonico-cloniques jusqu’à état de mal épileptique. Début précoce le plus souvent (< 48h), parfois retardé (traitement par benzo avec diminution trop rapide de la dose)
Delirium tremens : syndrome confusionnel avec délire onirique ; déshydratation, crise d’épilepsie
Encéphalopathie de Gayet-Wernicke : le risque développer cette encéphalopathie rare, favorisée par une carence en vitamine B1, est augmenté lors du sevrage. Le tableau comporte syndrome confusionnel avec signes oculomoteurs, syndrome cérébelleux statique et hypertonie oppositionnelle 1A,1C.

B ) Paraclinique 0

Mesure de l’alcoolémie (consommation aigüe)
– Alcoolémie élevée
– Alcootest positif

Signes d’appel biologique (consommation chronique)
– Augmentation des gamma-GT et du VGM (anémie macrocytaire, macrocytose isolée)
– Augmentation des CDT (carbohydrate deficient transferrin) ou transferrine désialylée 1B
– Signes de complications (dont augmentation des enzymes hépatiques avec ASAT>ALAT 0)

Les signes biologiques sont d’apparition tardive et ne peuvent pas suffire pour le dépistage ! 2

Marqueurs spécifiques 0 : il existe des marqueurs plus spécifiques d’une intoxication récente et/ou chronique
– Ethanol (sang), ethylglucuronide et ethylsulfate (urine) : consommation récente
– Phosphatidylethanol (sang) : jusqu’à 12j après consommation
– Ethylglucuronide (cheveu) : jusqu’à 6 mois

3) Evolution 1A

  • Complications non psychiatriques
Atteintes Complications
Tumorales Cancer des voies aérodigestives supérieures
Cancer épidermoïde de l’œsophage
Carcinome hépatocellulaire (si cirrhose)
Cancer colorectal
Cancer du sein
Digestives – Foie : stéatose, hépatite alcoolique aiguë, cirrhose
Pancréatite aiguë / chronique calcifiante
– Œsophagite, gastrite
Diarrhée motrice et/ou par atteinte entérocytaire
Neurologiques – Coma éthylique
Troubles cognitifs liés à l’alcool (légers à sévères)
– Démences (Syndrome de Korsakoff , Maladie de Marchiafava-Bignami, Démence alcoolique)
– Encéphalopathies carentielles et métaboliques (Encéphalopathie de Gayet-Wernicke, Encéphalopathie pellagreuse)
– Autres (encéphalopathie hépatique, myélinolyse centro-pontine si correction trop rapide d’une hyponatrémie, atrophie cérébelleuse, crise épileptique le plus souvent généralisée, polyneuropathies sensitivomotrices, Neuropathie optique (NORB), Hématomes cérébraux (hémorragies cérébrales / méningées par trauma crânien)
Cardiovasculaire HTA
Troubles du rythme
– Cardiopathies non-obstructives
Rhumatologique – Nécrose de la tête fémorale
– Ostéoporose
– Ostéomalacie
– Myopathie chronique ++, aiguë 1C
Traumatique – Fractures
Traumatismes crâniens
Hématologique – Macrocytose
– Anémie, thrombopénie, leucopénie
Métabolique – Hypoglycémie, intolérance au glucose
– Hypertriglycéridémie
– Dénutrition
Hyperuricémie et goutte
Dermatologique – Aggravation d’un psoriasis
– Rhinophyma
– Lipomatose de Launois-Bensaude 0
Obstétricale Syndrome d’alcoolisation foetale (dysmorphie, retard mental)
Génitale Dysfonctions sexuelles
  • Complications/comorbidités psychiatriques

Troubles anxieux et dépressifs ++ (mais 80% des dépressions associées sont secondaires), risque de suicide très augmenté
Trouble bipolaire
Trouble de la personnalité (surtout antisocial) 2
Schizophrénie (20-50% d’usage nocif / dépendance dans cette population)

4) PEC

A ) Bilan 2

Evaluation addicto : histoire, parcours de soins, co-dépendances (substance et addiction comportementale). Pour l’alcool, les 2 principaux paramètres sont la consommation moyenne d’alcool et la fréquence des jours de fortes consommation (>=6V-St). Les échelles de sévérité de la dépendance n’ont pas d’intérêt clinique.

Evaluation somatique : cf complications. A noter que les troubles neuropsy sont dépistable par le test d’évaluation neuropsychologique de Montréal (MoCa).

Bilan biologique devant un mésusage d’alcool
NFS, TP, ASAT, ALAT, gGT
+/- VHB, VHC si FdR ou perturbation du bilan hépatique
+/- VIH si FdR

Evaluation psychiatrique : Une période d’abstinence ou d’usage simple de 2 semaines min. est nécessaire afin d’établir une causalité entre les troubles présents et l’alcool (et décider l’introduction d’un traitement). Evaluation syst. du risque suicidaire +++

Evaluation sociale classique

B ) Traitement 1A

Objectifdisparition durable du mésusage. On recherche donc idéalement un non-usage, en particulier s’il existe une dépendance sévère ou des complications médicales, ou le retour à un usage simple. Comme pour toutes les addictions, il faut laisser le sujet définir son objectif idéal.

Il existe 2 grandes stratégies
– Arrêt encadré (= sevrage si dépendance) puis maintien ± long de toute consommation
– Réduction progressive, parfois avec des objectifs intermédiaires

La PEC est multidisciplinaire selon les répercussions

  • Interventions psychosociales 2

Intervention brève : entretien court (5-20 min) visant à augmenter le niveau de conscience et de connaissance des troubles liés à la consommation d’alcool. Efficace jusqu’à la dépendance légère

Intervention brève : exemple de l'OMS 2

“Pour l’OMS, une intervention brève peut inclure les éléments suivants :
– restituer les résultats du test de repérage en indiquant au patient que la consommation correspond à la catégorie “consommation à risque”,
– informer sur les risques particuliers qu’il encourt s’il continue à consommer de l’alcool de cette manière,
– faire choisir un objectif de changement de comportement,
– conseiller sur les limites à ne pas dépasser (pas plus de 21 verres par semaine pour les hommes et de 14 verres par semaine pour les femmes),
– encourager en expliquant que chez les personnes ayant une consommation d’alcool à risque, l’objectif est de retrouver un usage social de l’alcool.”

Intervention psychosociale de faible intensité : 
– entretien motivationnel
– programme cognitivo-comportemental en 3 séances
– thérapie conjugale (séance unique)

Intervention psychosociale spécialisée :
– renforcement communautaire (+disulfirame)
– entrainement à l’auto-controle comportemental
– entrainement aux compétences sociales et de coping

Groupes d’entraide (alcoolique anonyme)

  • Prévention / traitement du sevrage

Il doit être planifié, et s’inscrire dans un projet addictologique global.

Modalités
– Ambulatoire : sous surveillance du médecin traitant, CSAPA ou consultations hospitalières
– Hospitalisation en unité de soins addictologique : programmes de quelques semaines à quelques mois, équipes pluridisciplinaires

Contre-indications au sevrage en ambulatoire
– ATCD de complication de sevrage : delirium tremens ou convulsions
– Dépendance sévère : symptômes matinaux intenses, CDA > 30 V-St / jour
– Dépendance aux BZD, ou CI à ceux-ci (IHC, insuffisance respiratoire)
– Echec des tentatives de sevrage ambulatoire
– Terrain vulnérable (sujet âgé, femme enceinte, comorbidité psychiatrique ou non)

Utilisation des BZD non-systématique, selon l’état clinique et les ATCD

Autres mesures
– Vitamine B1 PO systématique
– Hydratation orale : 2 à 3L /24h
– Contrôle du syndrome de sevrage, correction de troubles hydro-électrolytiques si besoin
– PEC des complications du sevrage (crise épileptique, delirium tremens, syndrome de Gayet Wernicke)

Traitement du sevrage – CAT en pratique 2

BZD
La molécule de choix est le diazépam. Il existe 2 types de prescriptions

Prescription à doses fixes : 2 protocoles
– 2-4 x10mg / j pendant 2-3j, puis diminution en 4 à 7j (5mg/j 0)
– 6x10mg le premier jour, puis diminution de 10mg/j

Prescription personnalisée adaptée aux symptômes : +/- dose de charge, puis calcul d’un score de sevrage (échelle CIWA-Ar ou index clinique de Cushman) avant chaque délivrance (éventuelle) de diazepam. Protocole utilisable même en cas de CI aux BZD sous surveillance hospitalière.

Thiamine
– en l’absence de dénutrition : 500mg/j p.o. pendant 5j, puis 250mg/j pendant 2 semaines – en cas de malnutrition : 2x250mg/j i.v. pendant 5j, puis relai p.o. jusqu’à reprise d’une alimentation normale
– en cas de perfusion de glucose : administration préalable de 500mg i.v. (Courte infusion de 30min dans 100mL de NaCl)

Vitamines B6, PP, C, acide folique, zinc et magnésium : apport envisageable chez le patient dénutri, pour quelques jours.  

  • Pharmacothérapie au long cours 2

Indications : Une pharmacothérapie au long cours peut être envisagé en cas de dépendance, selon les 2 objectifs.

Abstinence Réduction de la consommation
1e intention Acamprosate
Naltrexone
Nalméfène
2e intention Disulfiram Baclofène*
3e intention Baclofène*

*hors AMM, encadré par une RTU

Principales caractéristiques

Acamprosate Naltrexone Disulfirame
Mécanisme Actif sur le système glutamatergique Antagoniste opioïde, diminue le plaisir procuré par la prise d’alcool Augmente la concentration en acétaldéhyde : Effet antabuse en cas de consommation d’alcool 
CI 0 Ins. rénale
Ins. hép.
Prise d’opioide 1A
Ins. rénale
Ins. hép.
Varice oes., angor, cardiomyopathie, hyperthyroidie 
Effet indésirable 0 Souvent bien toléré 1A
Diarrhée 
3 premiers jours ++
Nausée-vomissement
Dépression 
Asthénie, dépression
Tox. hépatique2, Neuropathie périphérique2 
+OH => vomissement, tachycardie, chaleur+++ 2
Posologie 2-3x666mg/j (selon poids)
AMM 1an
25mg puis 50mg/j
AMM 3mois
250-500mg/j
Remarques Prolongation hors AMM possible
A arrêter après 4-6 semaine si persistance de la consommation d’alcool
En 2e intention
Min. 24h après la dernière prise d’alcool

Bilan pré-thérapeutique ++0

Nalméfène : antagoniste opioïde, traitement en si besoin (max. 1cp/j)
Baclofène : inhibiteur GABA-B, poso selon patient…

C ) Suivi 1A

Le bilan initial (NFS, TP, ASAT, ALAT, gGT) doit être répéter au moins 1x/an 2

En cas d’abstinence, un suivi biologique peut être utile, via les signes d’appel bio (ou les marqueurs spécifiques0). A noter la normalisation des signes biologiques après l’arrêt :
– gGT : 4-10 semaines
– macrocytose : 3 mois
– CDT : 2-5 semaines 1B

Syndrome d’alcoolisation foetale

Gynéco-obstétriquePédiatriePsychiatrie
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi x


Dernières mises à jour
Avril 2019: création de la fiche (Vincent)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CNGOF 4e édition 2018 – item 26 (référentiel de gynécologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2015)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) PEC

1) Généralité 1A

Déf : le syndrome d’alcoolisation foetale (SAF) est la principale complication d’une alcoolisation chronique et importante pendant la grossesse.

Le terme ‘ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale’ (ETCAF) est préféré à celui de SAF notamment dans les formes avec retard mental isolé.

Voir aussi : Addiction à l’alcool

Physiopathologie : le taux d’alcool foetal est pratiquement identique à celui de la mère en raison d’un passage rapide de l’alcool au travers du placenta. La gravité liée à l’atteinte neurologique, par arrêts ou déviations successives de la migration neuronales, entre la fin du T1 et la naissance de l’enfant.

Le degré d’atteinte foetale est proportionnel à la quantité d’alcool ingérée (mais absence d’effet-seuil !)
– Retentissement foetal démontré pour des consommations importantes > 2 verres-standard / j
– Consommation plus faible : pas de syndrome dysmorphique ou malformatif, possible impact comportemental / risque de troubles affectifs et/ou anxieux
– Alcoolisation aiguë (≥ 4 verres-standard) : pas d’impact démontré si épisode unique en début de grossesse (situation fréquente), troubles cognitifs possibles au T2 / T3

Epidémiologie
– Forme complète du SAF = 1-2 cas / 1000 naissances ; ECTAF = 5 / 1000 naissances
– Environ 20% des femmes déclarent avoir consommé de l’alcool en cours de grossesse, dont une consommation régulière pour 2,5% d’entre elles

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
RCIU modéré, harmonieux
Dysmorphie craniofaciale et sd malformatif
Retard des acquisitions

A ) Clinique

  • Anamnèse

L’interrogatoire, systématique, doit être intensifié dans les situations à risque suivantes
– ATCD de SAF / syndrome malformatif dans la progéniture
– Toxicomanie (30-50% des patientes substituées consomment de l’alcool)
– Violences conjugales, abus sexuels
– Troubles psychiatriques, dépression
– Consommation importante de tabac
– Découverte échographie d’un retard de croissance / de malformations

Score T-ACE : autoquestionnaire validé ayant une meilleure sensibilité que l’interrogatoire pour dépister une alcoolisation maternelle.

  • Examen physique

Association de 4 éléments à des degrés divers.

Retard de croissance modéré (80%) : 5-10e percentile, harmonieux

Dysmorphie craniofaciale : souvent incomplète et difficile à mettre en évidence à la naissance
– Lèvre supérieure mince, philtrum allongé, avec piliers effacés et convexité allant jusqu’au bombement “en verre de montre”
– Ensellure nasale prononcée, nez court par hypoplasie cartilagineuse
– Fentes palpébrales étroites, épicanthys, hypertélorisme
– Ptosis bilatéral, sourcils arqués avec aspect “en ailes de mouette”
– Hypertrichose, synophris (convergence des sourcils sur la ligne médiane)
– Menton effacé avec rétrognatisme
– Oreilles basses et mal ourlées

Malformations (10-30% des formes sévères)
– Neurologiques : spina bifida, agénésie du corps calleux, anomalies cérébelleuses, hydrocéphalie…
– Cardiaques : CIA et CIV ++
– Squelettiques : scoliose, synostose radio-ulnaire, clinodactylie, fentes labiopalatines

Retard des acquisitions à distance, d’intensité variable
Déficience intellectuelle (parfois isolée sans dysmorphie ni retard de croissance, notamment en cas d’alcoolisation plus modérée!)
– Baisse isolée du QI, agressivité, hyperactivité, troubles de la motricité fine et du tonus, retard d’acquisition du langage et de l’écriture

B ) Paraclinique

Les examens complémentaires ne servent qu’en complément de l’interrogatoire, lorsque celui-ci est difficile ou impossible : élévation des GGT, transaminases, VGM (sensibilité de 50%).

C ) Diagnostic différentiel

Autres syndromes malformatifs et causes de troubles du neuro-développement 0.

3) PEC 1A

PEC maternelle
– Consigne = Zéro alcool pendant la grossesse en l’absence d’effet-seuil.
– Information sur les risques encourus, PEC (le cas échéant) d’une carence vitaminique, d’une comorbidité addicto notamment, de violences conjugales
– ± Aide au sevrage par Acamprosate

PEC de l’enfant
– Surveillance échographique rapprochée durant la grossesse
– PEC du handicap social ou fonctionnel ultérieurement (orthophonie, scolarité adaptée…)

Syndrome de sevrage

Psy
Fiche réalisée selon le plan OD
Item ECNi 74, ECNi 75, ECNi 76


Dernières mises à jour
Juin 2017 : création de la fiche (Thomas et Beriel)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
1 : CNUP 2e édition 2016 – item 74, 75, 76 (référentiel de psychiatrie)
2 :  Le dépistage des drogues (Drogues info service, Actualisations Mars 2018 )
Sommaire
1) Etiologie
2) Orientation diagnostique
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Synthèse

!! URGENCES !!

Urgence
Delirium tremens (sevrage alcoolique)
Convulsion (sevrage en benzodiazepine) 0

Déf 0 : syndrome spécifique à la classe pharmacologique d’une substance qui se manifestent après l’arrêt ou la diminution de sa consommation.

1) Etiologie MG

Etiologie Clinique Paraclinique
Alcool
– début : qques heures
– fin : jusqu’à 10j
Signes neuropsy : anxiété, insomnie, cauchemars, irritabilité, agitation
Signes physiques : sueurs, tremblements, tachycardie, HTA, vomissements, anorexie, diarrhée
Régression au moins partielle par prise d’alcool ou de BZD
+/- marqueur de la consommation d’alcool
Opiacés
– début : 6h-4j
– fin : 3j – 3 sem.
Signes neuropsy :
– Anxiété jusqu’à attaque de panique
– Irritabilité, agressivité, insomnie
– Craving ++
Signes physiques :
– syndrome pseudo-grippal ++
– anorexie, douleurs abdo, diarrhée, vomissement
– signes neuro-veg. : bâillements, larmoiements, rhinorrhée, mydriase, tachycardie
Sang < 24 heures
Salive < 12 heures
Urines: 1-2 jours
 Amphétamines
– début : qques j.
– fin : plusieurs sem.
 Signes neuropsy :
– Humeur dysphorique jusqu’à depression
– Asthénie, troubles du sommeil, troubles de la concentration
Signes physiques : aucun (?)
Sang : 2-4 jours
Urines : 2-4 jours
Cannabis
– début : 24-72h
– fin : 2 semaines (1 mois pour trouble du sommeil)
Signes neuropsy :
– Irritabilité, agressivité, anxiété, impatience
– Humeur dépressive
– Troubles du sommeil : insomnies, cauchemars
– Diminution de l’appétit / perte de poids
Signes physiques :
– Douleurs abdominales voire vomissements
– Sudation excessive, fièvre, frissons
– Tremblements
– Céphalées
(Selon la consommation +++)
Sang : 2h à 1 mois
Salive : 6h à 8 jours
Urines: 3-70 jours
Cannabinoide de synthèse
– début : ?
– fin : ?
Signes neuropsy :
– Tension intérieure
– Troubles du sommeil : cauchemars
Signes physiques :
– Douleurs abdominales voire vomissements
– Tremblements
– Céphalées
??
Cocaïne
– début : qques jours
– fin : plusieurs semaine
Signes neuropsy :
– Humeur dysphorique, agitation
– Asthenie, ralentissement psychomoteur
– Troubles du sommeil (hypersomnie)
Signes physiques : aucun (?)
sang < 24 heures
Urines : 2 à 14 jours
Cathinones
– début : ?
– fin : ?
Signes neuropsy :
– Anhédonie, anergie, craving (jusqu’à plusieurs semaines!)
– Humeur triste, anxiété, asthénie
– Troubles du sommeil
– Troubles de la concentration
Signes physiques :
– Palpitations
– Céphalées
Test sanguin, urinaire ou salivaire (?)
GHB/GHL
– début : 1-6h
– fin : 14j
Signes neuropsy :
– Agitation
– Hallucinations surtout auditives et visuelles
– Anxiété, insomnie
– Confusion
Signes physiques :
– Trémor
– Tachycardie, HTA
Sang : Quelques heures
Urines < 12 heures
Kétamine
– début : ?
– fin : ?
Signes neuropsy :
– Anxiété
Signes physiques :
– Tremblements
– Palpitations
Test sanguin, urinaire ou salivaire (?)
Substances hallucinogènes
– début : ?
– fin : ?
Signes neuropsy :
– Hallucinations géométriques
– Fausses perceptions de mouvement à la périphérie du champ visuel
– Flashs de couleurs
Signe physique : aucun (?)
Sang : quelques heures
Urines : 1-2 jours
Benzodiazépines
– début : dès réd. de la poso jusqu’à qques jours
– fin : ?!
Signes neuropsy :
– confusion, hallucination (assez spécifiques)
– troubles de vigilance, convulsions, incoordination motrice, coma (rares)
Signes physiques : (fréquents)
– Tremblements
– Anxiété
– Insomnie
– Céphalées
Sang : 6- 48 heures
Urinaire : 1-5 semaines

2) Orientation diagnostique 

A) Clinique MG

Etiologie Début / fin Signes neuropsy Signes physiques
Alcool . Qques heures
. 10j
anxiété, insomnie, cauchemars, irritabilité, agitation sueurs, tremblements, tachycardie, HTA, vomissements, anorexie, diarrhée
Opiacés . de 6h à 4j
. de 3j à 3sem
– Anxiété jusqu’à attaque de panique
– Irritabilité, agressivité, insomnie
– Craving ++
– syndrome pseudo-grippal ++
– anorexie, douleurs abdo, diarrhée, vomissement
– signes neuro-veg. : bâillements, larmoiements, rhinorrhée, mydriase, tachycardie
Amphétamine . qques j.
. plusieurs sem.
– Humeur dysphorique jusqu’à depression
– Asthénie, troubles du sommeil, troubles de la concentration
 Aucun (?)
Cannabis . 24-72h
. 2 semaines (1 mois pour troubles du sommeil)
– Irritabilité, agressivité, anxiété, impatience
– Humeur dépressive
– Troubles du sommeil : insomnies, cauchemars
– Diminution de l’appétit / perte de poids
– Douleurs abdominales voire vomissements
– Sudation excessive, fièvre, frissons
– Tremblements
– Céphalées
Cannabinoides de synthèse ?
– Tension intérieure
– Troubles du sommeil : cauchemars
 – Douleurs abdo,  vomissements
– Tremblements
– Céphalées
Cocaine . qques j.
. plusieurs sem.
– Humeur dysphorique, agitation
– Asthenie, ralentissement psychomoteur
– Troubles du sommeil (hypersomnie)
Aucun (?)
Cathinone
. ?
. Plusieurs sem. pour le craving
– Anhédonie, anergie, craving
– Humeur triste, anxiété, asthénie
– Troubles du sommeil
– Troubles de la concentration
– Palpitations
– Céphalées
GHB / GHL
. 1-6h
. 14j
– Agitation
– Hallucinations surtout auditives et visuelles
– Anxiété, insomnie
– Confusion
– Trémor
– Tachycardie, HTA
Ketamine
?
Anxiété
– Tremblements
– Palpitations
Susbstances hallucinogènes
?
– Hallucinations géométriques
– Fausses perceptions de mouvement à la périphérie du champ visuel
– Flashs de couleurs
Aucun (?)
Benzodiazepine
. dès réd. de la poso jusqu’à qques jours
. ?
– confusion, hallucination (assez spécifiques)
– troubles de vigilance, convulsions, incoordination motrice, coma (rares)
(fréquents)
– Tremblements
– Anxiété
– Insomnie
– Céphalées

B) Paraclinique 2

Pour certaines drogues, le syndrome de sevrage n’apparait qu’une fois la drogue non détectable… 0

Substance Durée de positivité
Alcool MG variable selon marqueur
Amphétamines Sang : 2-4j
Urines : 2-4j
Cannabis (Selon la consommation +++)
Sang : 2h à 1 mois
Salive : 6h à 8 jours
Urines: 3-70 jours
Cocaïne sang < 24 heures
Urines : 2 à 14 jours
Opiacés Sang < 24 heures
Salive < 12 heures
Urines: 1-2 jours
GHB et GBL Sang : Quelques heures
Urines < 12 heures
LSD Sang : quelques heures
Urines : 1-2 jours
Benzodiazépines MG Sang : 6-48h 
Urines : 1-5 semaines

C) Synthèse 0

Importance de l’anamnèse +++. Le patient avoue son addiction lorsqu’il est en sevrage !

En dehors de l’anamnèse, le diagnostic est peu évident (signes communs, polytoxicomanie ++). Dans tous les cas, l’OD n’a pas toujours une importance capitale car le traitement est identique (symptomatique) sauf pour les sevrages :
– alcoolique : prévention du delirium tremens ++
– benzodiazepines : décroissance ++
– opiacé : éventuellement TSO

Syndrome d’intoxication aigüe à une substance psychoactive

Psy – Urgences
Fiche réalisée selon le plan OD
Item ECNi 74, ECNi 75, ECNi 76, ECNi 332


Dernières mises à jour
Juin 2017 : création de la fiche (Thomas et Beriel)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CNUP 2e édition 2016 – item 74, 75, 76 (référentiel de psychiatrie)
2Le dépistage des drogues (Drogues info service, Actualisations Mars 2018
Sommaire
1) Etiologie
2) Orientation diagnostique
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Synthèse

!! URGENCES !!

Urgence
Signes d’overdose avec trouble de la conscience

Déf 0 : Ensemble de signes traduisant une exposition aigüe à une substance psychoactive (alcool, drogues, médicaments psychoactifs)

1) Etiologie 1

Etio Clinique Paraclinique
Alcool Signes neuropsy : effet deshinhibiteur / euphorisant et effet dépresseur
Signes physiques :
– haleine oenolique, syndrome cérébelleux
– coma avec mydriase aréflective
Alcoolémie élevée
Alcootest positif
Opiacés Signes neuropsy : 3 phases = flash, somnolence, anxiété
Signes physiques :
– myosis serré
– prurit
– dépression respi, trouble cardio, trouble dig.
– coma stuporeux hypotonique
Sang < 24 heures
Salive < 12 heures
Urines: 1-2 jours
Amphétamines Signes neuropsy : effet euphorisant et stimulant
Signes physiques  : syndrome sérotoninergique
– HTA, hyperthermie, tachycardie
– agitation, confusion
– mydriase et RPM conservé
Sang : 2-4 jours
Urines : 2-4 jours
Cannabis Signes neuropsy :
– euphorie modéré
– modifications des perceptions
Signes physiques  :
– altération des coordinations motrices
– hyperhémie conjonctivale
(Selon la consommation +++)
Sang : 2h à 1 mois
Salive : 6h à 8 jours
Urines: 3-70 jours
Cannabinoides de synthèse idem cannabis
Risque d’overdose : convulsion, dépression respi, douleurs diffuses
Urinaire 0
Cocaïne Signes neuropsy : Symptomatologie maniaque suivie de dysrégulation hédonique
Signes physiques :
– tachycardie, HTA, paleur
– mydriase
sang < 24 heures
Urines : 2 à 14 jours
Cathinones selon molécule, idem amphétamine / cocaine / MDMA Test sanguin, urinaire  ou salivaire (?)
GHB/GHL Signes neuropsychiques :
– Euphorie, désinhibition, relaxation
– Effet aphrodisiaque
– Altération du niveau de conscience, perte de contrôle
– Pas de phénomène de « descente » (si consommé isolément)
S
ignes physiques :
– Nausées, vomissements
– Sensation ébrieuse
– Hyperthermie
– Si overdose : bradypnée, ataxie, diplopie, mydriase
Sang : Quelques heures
Urines < 12 heures
Kétamine durée 2-4h
Signes neuropsy :

– Dépersonnalisation, flashback, désinhibition…
– « K hole » : trous noirs avec troubles cognitifs, troubles du comportement, hallucinations et cauchemars proches du bad trip du LSD
Signes physiques :
– Dépression respiratoire modérée et transitoire
– Retard prolongé du réveil
– Coma
– Attaques de panique
Test sanguin, urinaire ou salivaire (?)
Substances hallucinogènes Signes neuropsy :
– Hallucinations, distorsions perceptuelles
– Agitation
Signes physiques :
– Mydriase
– Nystagmus
– Tachycardie, HTA, tachypnée
– Hyperthermie
sang : quelques heures
Urines : 1-2 jours
Benzodiazépines Signes physiques :
– Sédation avec troubles de la vigilance jusqu’à coma
– Mydriase
– Ataxie, dysarthrie
– Dépression respiratoire (au stade comateux)
Sang : 6- 48 heures
Urinaire : 1-5 semaines

2) Orientation diagnostique 

A) Clinique MG

Etiologie Signes neuropsy (recherchés) Signes physiques / “overdose”
Alcool – Effet desinhibiteur / euphorisant
– Effet dépresseur
– haleine oenolique
– syndrome cérébelleux
– coma avec mydriase aréactive
Opiacés 3 phases :
– Sensation de bien être immédiat

– Anxiété
– Troubles cognitifs
– Hypothermie
– Dépression respiratoire
– Troubles cardiaques et digestifs
– Coma hypotone avec myosis serré
Amphétamines
Effets euphorisant et stimulant Syndrome sérotoninergique :
– Hypertension artérielle, hyperthermie, tachycardie
– Agitation, confusion, crise épileptique
– Coma avec mydriase et RPM conservés
Cannabis
– euphorie modéré
– modifications des perceptions
– trouble de l’attention
– augmentation de l’appétit
– altération des coordinations motrices
– hyperhémie conjonctivale
– tachycardie
Cannabinoides de synthèse  idem cannabis idem cannabis mais risque d’overdose
– convulsion
– dépression respi
– douleurs diffuses 
Cocaine
Symptomatologie maniaque suivie de dysrégulation hédonique
– tachycardie, HTA, paleur
mydriase
Cathinones
selon molécule, idem amphétamine / cocaine / MDMA .
GHB/GHL
– Euphorie, désinhibition, relaxation
– Effet aphrodisiaque
– Altération du niveau de conscience, perte de contrôle
– Pas de phénomène de « descente » (si consommé isolément)
– Nausées, vomissements
– Sensation ébrieuse
– Hyperthermie
– Si overdose : bradypnée, ataxie, diplopie, mydriase
 Kétamine  – Dépersonnalisation, flashback, désinhibition…
– « K hole »
 – Dépression respiratoire modérée et transitoire
– Retard prolongé du réveil
– Coma
– Attaques de panique
Substances hallucinogènes
– Hallucinations, distorsions perceptuelles
– Agitation
Mydriase
– Nystagmus
– Tachycardie, HTA, tachypnée
– Hyperthermie
Benzodiazépine
?
– Sédation avec troubles de la vigilance jusqu’à coma
Mydriase 0
– Ataxie, dysarthrie
– Dépression respiratoire (au stade comateux)

B) Paraclinique 2

Selon la drogue et le type de consommation, la substance ne devient détectable que quelques minutes ou heures après la consommation

Substance Durée de positivité
Alcool Sang : quelques heures 0
Amphétamines Sang : 2-4j
Urines : 2-4j
Cannabis (Selon la consommation +++)
Sang : 2h à 1 mois
Salive : 6h à 8 jours
Urines: 3-70 jours
Cocaïne sang < 24 heures
Urines : 2 à 14 jours
Opiacés Sang < 24 heures
Salive < 12 heures
Urines: 1-2 jours
GHB et GBL Sang : Quelques heures
Urines < 12 heures
LSD Sang : quelques heures
Urines : 1-2 jours
Benzodiazépines MG Sang : 6-48h
Urines : 1-5 semaines

C) Synthèse 0

Attention : souvent polytoxicomanie !

En cas d’overdose avec coma : Importance des diagnostics différentiels ++. L’OD se fait dans un cadre plus général, cf fiche coma.

En l’absence d’overdose : L’OD ne présente pas vraiment d’intérêt pratique (pas de traitement de l’épisode aigüe). On distingue 2 grands groupes

Stimulation, excitation Relaxation, hallucination
Amphétamine
Cocaine
Cathinone
Ketamine
Alcool
Opiacé
Cannabis
Cannabinoide de synthèse
GHB
LSD
Benzodiazepine

Delirium tremens

Psy – Urgences
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 74


Dernières mises à jour
– Juin 2018 : création de la fiche (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CNUP 2e édition 2016 (référentiel de psychiatrie)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 1

Déf : “Etat de confusion agitée et délirante qui signe un syndrome de sevrage [alcoolique] majeur et en constitue une complication très sévère avec risque vital engagé” 1

2) Diagnostic 1

Clinique PARACLINIQUE
Syndrome de sevrage alcoolique
Syndrome confusionnel / délirant
 ± marqueurs de consommation d’alcool

A ) Clinique

Signes du syndrome de sevrage alcoolique

Signes neuropsychiatriques :
– Syndrome confusionnel, propos incohérents, agitation
– Délire onirique avec vécu délirant intense
– Inversion du rythme nycthéméral
– Hallucinations multiples, surtout visuelles avec zoopsies, scènes d’agression

 Signes physiques :
– Fièvre, sueurs profuses, déshydratation
– Modification de la tension artérielle, tachycardie, troubles du rythme
– ± crises d’épilepsie jusqu’à état de mal épileptique (gravité!)

B ) Paraclinique 0

± marqueurs de consommation d’alcool

3) Evolution 1

Risque élevé de décès !

4) PEC 1

Modalités
– Hospitalisation en soins intensifs ou continus
– Chambre éclairée, calme, passage régulier des soignants
– Surveillance des constantes, hydratation, ionogramme, créatininémie, phosphorémie

Traitement
– Vitamine B1 forte dose IV avant toute perfusion de glucose ou de polyvitamines
– Réhydratation IV et correction des troubles hydro-électrolytiques
– BZD de demi-vie longue (diazépam) à forte dose IV jusqu’à sédation

Addiction : vue d‘ensemble

Psy
Fiche réalisée selon le plan MGS
Items ECNi 73, ECNi 74, ECNi 76, ECNi 77


Dernières mises à jour
– Mars. 2018 : relecture, publication (Beriel)
– Nov. 2017 : création de la fiche (Vincent)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CNUP 2e édition 2016 (référentiel de psychiatrie)
2 : Critères d’usage nocif et de dépendance à une substance psychoactive et au tabac selon la CIM-10 (document HAS, 2014)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
3) PEC
– A) Objectifs
– B) Structures de prévention
– C) Structure de PEC hospitalière

1) Généralité 1

  • Définitions

Addiction« Processus par lequel un comportement, pouvant permettre à la fois une production de plaisir et d’écarter ou d’atténuer un malaise interne, est employé d’une façon caractérisée par l’impossibilité répétée de contrôler ce comportement et sa poursuite en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives »

Non usage : Absence de consommation de substances psychoactives.

Usage simpleConsommation usuelle d’une substance sans caractère pathologique. Il est modulable en fonction de l’environnement, des besoins ou envies, des effets négatifs, de la disponibilité de la substance. L’usage simple est définit uniquement pour l’alcool.

Mésusage : Consommation exposant à des risques (usage à risque) et/ou des dommages (usage nocif) et/ou une dépendance. Tout usage de substance psychoactive (sauf alcool et médicament) est un mésusage.

> Usage à risque : Le niveau de consommation expose à des risques de complications aiguës ou chroniques, lesquelles ne sont pas encore présentes (elles ne le seront peut-être jamais).
⇒ L’usage à risque correspond à un facteur de risque plus qu’à un trouble, ce n’est pas un diagnostic CIM-10 contrairement aux deux autres mésusages.

> Usage nocif : Consommation répétée à l’origine de dommages sociaux ou médicaux  pour le sujet ou son entourage.

> Dépendance : Impossibilité de s’abstenir de consommer (perte de contrôle). 

  • Types d’addiction

 Addictions liées à l’usage de substances psychoactives :
Tabac
Alcool
– Drogues : cocaine, cannabis, opiacés, amphétamine, kétamine, GHB/GHL, cathinone, substances hallucinogènes
Médicaments: benzodiazépine, “coupe-faim”, opiacé
Dopage

Addictions comportementales :
Jeu pathologique
Achats compulsifs
Addiction sexuelle
Addiction aux jeux vidéo sur internet
Addiction à l’exercice physique
Trouble du comportement alimentaire

2) Diagnostic 1

  • Symptômes communs

De manière générale, on retrouve pour chaque trouble addictif des symptômes comportementaux avec répercussion sociale / médical, auxquels s’ajoutent des symptômes pharmacologiques propres aux troubles liés à l’usage de substances.

Symptômes comportementaux :
– Perte de contrôle progressive
– Impossibilité croissante d’arrêter/ de réduire le comportement
– Envie irrépressible de répéter le comportement (craving)

Répercussions sociales et/ou médicales :
– Social : isolement, marginalisation, stigmatisation, perte d’emploi, séparation, problèmes financiers etc.
– Médical : Selon le trouble.

Symptômes pharmacologiques : (uniquement dans les troubles liés à l’usage de substances)
– Tolérance : Perte d’effets à même dose et nécessité d’augmenter les doses pour obtenir le même effet.
– Sevrage : Selon la classe pharmacologique.

  • Critères diagnostiques

Le diagnostic est posé selon des critères précis. Il existe 3 différents cadres nosologiques utilisés par le collège de Psychiatrie :
les critères d’Aviel Goodman : utilisé pour définir les achats compulsifs et les addictions sexuelles, aux jeux vidéo sur internet et à l’exercice physique
le CIM-10 : utilisé pour définir la dépendance aux substances psychoactives
le DSM-5 : utilisé pour définir le jeu pathologique

Aviel GoodmanCIM-10 2 DSM-5

Aviel Goodman a proposé des critères diagnostiques généraux concernant les addictions (1990). Il faut réunir durablement (pendant ≥ 1 mois ou de façon répété pendant une longue période) les 4 critères principaux (A, B, C, D) et 5 des 9 critères secondaires (E)

A. Impossibilité de résister à l’impulsion de s’engager dans le comportement ;
B. Tension croissante avant d’initier le comportement ;
C. Plaisir ou soulagement au moment de l’action ;
D. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement ;
E. Critères secondaire (≥ 5/9)
– Préoccupation fréquente pour le comportement ou l’activité qui prépare à celui-ci ;
– Engagement plus intense ou plus long que prévu dans ce comportement ;
– Efforts répétés pour réduire ou arrêter ;
– Temps considérable passé à réaliser ce comportement ;
– Réduction des activités sociales, professionnelles, familiales du fait du comportement ;
– L’engagement dans ce comportement empêche de remplir des obligations sociales, familiales, professionnelles ;
– Poursuite malgré les problèmes sociaux ;
– Tolérance marquée ;
– Agitation ou irritabilité s’il est impossible de mettre en œuvre ou de réduire le comportement

Le diagnostic est retenu si ≥ 3 critères CIM-10 sont présents simultanément au cours de la dernière année (dans le cas de l’addiction au tabac, il faut 3 critères simultanés durant ≥ 1 mois, cf. fiche addiction au tabac)

1- Désir puissant ou compulsif d’utiliser une substance psychoactive ;
2- Difficulté à contrôler l’utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation ou niveaux d’utilisation) ;
3- Syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête la consommation d’une substance psychoactive, comme en témoigne la survenue d’un syndrome de sevrage caractéristique de la substance ou l’utilisation de la même substance (ou d’une substance apparentée) pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage ;
4- Mise en évidence d’une tolérance aux effets de la substance psychoactive : le sujet a besoin d’une quantité plus importante de la substance pour obtenir l’effet désiré ;
5- Abandon progressif d’autres sources de plaisir et d’intérêt au profit de l’utilisation de la substance psychoactive, et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer, ou récupérer de ses effets ;
6- Poursuite de  la consommation de la substance malgré la survenue des conséquences manifestement nocive. On doit s’efforcer de préciser si le sujet était au courant, ou s’il aurait dû être au courant, de la nature et de la gravité des conséquences nocives

A) Présence de ≥ 4 des 9 critères suivants sur une période de 12 mois
1. Besoins de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteinte l’état d’excitation désiré
2. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction / d’arrêt
3. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu
4. Préoccupation par le jeu (remémoration d’expériences passées, prévision des prochaines tentatives, problèmes financiers)
5. Joue pour échapper aux difficultés ou soulager une humeur dysphorique (impuissance, culpabilité, anxiété, dépression)
6. Après avoir perdu de l’argent, retourne souvent jouer pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »)
7. Ment pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu
8. Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi, des possibilités d’étude ou de carrière pour le jeu
9. Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu
B) La pratique du jeu n’est pas expliquée par un épisode maniaque

3) PEC 1

A) Objectifs

3 principes :
laisser au maximum le sujet fixer lui-même ses objectifs (afin de maintenir au maximum le lien thérapeutique avec lui)
– atteindre un arrêt durable du mésusage, soit un non-usage (terme à préférer à « abstinence », connoté moralement) soit un usage simple (pour l’alcool).
réduction partielle de consommation (stratégie qui vise à réduire les dommages médicaux et sociaux d’un mésusage) : constitue une étape dans le parcours de soins du patient.

B ) Structures de prévention :

 En milieu scolaire, professionnel, festif etc.

CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) : équipes pluridisciplinaires, PEC des troubles liés à l’usage de substances et des addictions comportementales.
CAARUD (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) : PEC des troubles liés aux substances illicites
CJC (Consultations jeunes consommateurs) : PEC des mineurs ou jeunes adultes majeurs pour les troubles liés à l’usage de substance ou des addictions comportementales

C ) Structures de PEC hospitalière :

Il existe plusieurs structures :
– Consultations d’addictologie
– ELSA (Equipes hospitalières de liaison et de soins en addictologie)
– Structures d’hospitalisation de niveau I, II ou III
– SSRA (Soins de suite et de réadaptation addictologique)

Structures de proximité (niveau I) Structures de recours (niveau II) Structures hospitalo-universitaires (niveau III)
Possibilité de sevrages simples

Consultation addictologie + ELSA ± lits d’hospitalisation

Possibilité de sevrages et soins résidentiels complexes

Consultation addictologie + ELSA + HDJ et hospitalisation résidentielle

Centre régional de ressources et de formation, lieu de recherche