Scoliose

OrthopédiePédiatrieRhumato
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 44


Dernières mises à jour
Juillet 2019 : relecture, modifications mineures (Vincent)
– Juin 2019 : Création de la fiche (Beriel + Thomas)

Sources

MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
: CFCOT 1ère édition 2017 – item 44 (Référentiel des enseignants d’Orthopédie-Traumatologie ) 
2  : Scoliose structurale évolutive (dont l’angle est égal ou supérieur à 25°) jusqu’à maturation rachidienne, Guide – affection de longue durée (HAS, actualisation février 2008)

1) Généralités 1

Déf 2 : La scoliose est une déformation du rachis dans les trois plans de l’espace (frontal, sagittal et horizontal), non réductible.

Epidémiologie
– La scoliose idiopathique indolore est la plus fréquente (80% des cas)
– Elle concerne la fille dans 80% des cas.
– La lordoscoliose est observée dans la grande majorité des cas, la cyphoscoliose étant exceptionnelle. 

Etiologies
– Idiopathique +++
– Scoliose malformative dite congénitale
– Scoliose neuromusculaire 
– Scoliose dystrophique de la neurofibromatose ou de la maladie de Marfan
– Scoliose tumorale (ostéome ostéoïde) 0

 

2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Gibbosité +++ Radiographie du rachis entier de dos et de profil 

A ) Clinique

La déformation est visible dans le plan frontal. La confirmation de la scoliose repose sur la mise en évidence de la gibbosité (expression clinique d’une rotation des vertèbres autour de leur axe vertical).

> Technique pour mettre en évidence la gibbosité  
– S’asseoir devant l’enfant placé debout de face ou de dos.
– Vérifier le bon équilibre du bassin (épines iliaques antéro-supérieures de face ou fossettes iliaques de dos)
– S’assurer de l’équilibrer des épaules en demandant à l’enfant de joindre les mains.
– L’enfant se penche en avant, mains jointes pour toucher ses pieds.
– Le regard tangentiel permet de voir un relief costal qui correspond à la gibbosité.

B ) Paraclinique

Radiographie du rachis en entier (de dos et de profil en position debout) : Permet de calculer l’angle de Cobb (déterminé par les 2 lignes parallèles aux plateaux vertébraux les plus inclinés par rapport à l’horizontale). Le cliché de profil met en évidence les courbures sagittales.

± Scanner du rachis 

C ) Diagnostic différentiel

Attitude scoliotique : bassin équilibré (compensation d’une éventuelle inégalité de
longueur des membres inférieurs), pas de rotation vertébrale, disparition de la déviation sur un cliché en décubitus.

3) Evolution 1

A) Histoire naturelle

La scoliose évolue en s’aggravant et surtout plus lorsque que la croissance staturale est rapide (période pubertaire +++). Une scoliose d’amplitude élevée (> 30°) peut entraîner des complications à l’âge adulte.

B) Complications

– Douleurs précoces
– Retentissement esthétiques 2
– Troubles respiratoires (diminution de la capacité vitale et du VEMS) 
– Troubles psychologiques (liés à la difficulté à tolérer l’aspect dysmorphique)

4) PEC 2

A ) Bilan initial 

BILAN INITIAL EN CAS DE SCOLIOSE

Anamnèse
– ATCD médicaux ou chirurgicaux personnels ; ATCD
familiaux de scoliose
– Symptômes présents et passés, traitements éventuels et leur influence (des douleurs intenses font penser à une cause non idiopathique)
– Activité sportive
– Date des premières règles (chez la fille)

Signes cliniques
– Poids, taille en position debout et assise (taille du tronc) ; recherche sur un bassin équilibré d’une asymétrie des plis de la taille ou de la ligne des épaules (mesure des gibbosités), d’une translation du tronc, aspect de profil (cyphose, lordose)
– Recherche des caractères sexuels secondaires ; A
nalyse des courbes de croissance dont la taille assise permettent d’évaluer son stade de maturation rachidienne
– Présence d’anomalies cutanées ou de la ligne médiane, de signes neurologiques, de dysmorphies, d’hyperlaxité (scoliose non idiopathique)

Imagerie
– Radiographies du rachis en totalité (de la base du crâne au bassin complet inclus) de dos 2  et de profil en position debout (après compensation d’une éventuelle inégalité de longueur des membres  inférieurs) permettant de préciser siège(s) et sens de(s) courbure(s), son importance par le calcul de l’angle de Cobb, la rotation vertébrale, les mesures de l’équilibre sagittal et le degré de maturité osseuse (stade de Risser) ; 

– Autres radiographies pour détermination de l’âge osseux
– ± Scanner, IRM et Scintigraphie osseuse

Autres :  ± Explorations fonctionnelles respiratoires et neurologiques (en fonction des données recueillies) 

 

B ) Traitement

  • Moyens généraux 

Education du patient et de son entourage : initiée dès le début de la prise en charge et renforcée à chaque consultation.

Modification du mode de vie : lutte contre l’excès de poids ou la dénutrition ; prévention de l’ostéoporose ; ± régime adapté au corset ; favoriser la pratique d’activités physiques ou sportives.

  • Moyens thérapeutiques

Traitement orthopédique (corset ou plâtre)
– L’objectif chez l’enfant est d’amener la scoliose en fin de croissance à une angulation qui ne sera pas supérieure à l’angulation initiale.
– Il est indiqué pour les scolioses d’au moins 20° dont l’évolutivité est documentée ou les scolioses de plus de 30° sans preuve évolutive (seul temps thérapeutique de ces dernières)
– Les indications sont modulées en fonction de la topographie de la scoliose, de l’importance de son angulation, de son caractère réductible, de l’âge et du stade de
maturation osseuse.

Traitement chirurgical 
– L’objectif est de réduire et de fixer la déformation dans les trois plans de l’espace.
– Le traitement chirurgical est réservé pour les cas d’échecs du traitement orthopédique, de scolioses qui poursuivent leur évolution, ou de scolioses d’angulation sévère chez le petit enfant ;
– Les indications sont posées au cas par cas, en fonction de l’histoire de chaque scoliose, et les techniques opératoires déterminées en fonction des localisations, mais aussi de l’expérience des équipes chirurgicale.

Kinésithérapie 
– Elle est prescrite en association avec le traitement orthopédique ou le traitement chirurgical.
– Le but est d’entretenir les amplitudes articulaires vertébrales et costo-vertébrales, de renforcer les muscles érecteurs du rachis, d’entretenir la fonction respiratoire et de travailler la statique vertébrale. 

C) Suivi

  • Objectifs

Apprécier l’évolution et réévaluer périodiquement le projet thérapeutique et ses objectifs
Surveiller l’efficacité, la tolérance et l’observance d’un éventuel traitement
Poursuivre l’éducation thérapeutique du patient et/ou de sa famille
Limiter l’irradiation délivrée par les examens radiographiques

  • Rythme des consultations 

En période de croissance : tous les 6 mois pour adapter la stratégie thérapeutique. En cas de fort risque évolutif, ce délai peut être raccourci à 4 mois.

À l’âge adulte : tous les 5 ans, après un accouchement et plus fréquemment en cas d’aggravation anatomique ou fonctionnelle. 

SUIVI EN CAS DE SCOLIOSE
Clinique
– Recherche de symptômes douloureux, d’une gène fonctionnelle, date des premières règles
– Taille du patient debout et taille du tronc
– Examen du tronc : mesure et évolutivité de la gibbosité
– Surveillance du stade de maturation sexuelle
– Examen neurologique musculaire et articulaire
– Ajustement et tolérance de l’éventuelle orthèse (évaluation cutanée, digestive, neurologique et psychologique)
Imagerie
– En période de croissance : radiographies du rachis debout de face en totalité (de la base du crâne au bassin complet inclus) tous les 6 mois
– En fin de maturation un bilan radiologique face et profil de référence pour la surveillance ultérieure
– Autres examens en cas d’apparition de nouveaux symptômes

N.B : La prescription et la réalisation des examens d’imagerie doivent être envisagées selon les principes de justification et d’optimisation des doses délivrées. 

D) Prévention 1

Elle est secondaire. Il s’agit d’un dépistage précoce en vue d’une instauration au plus tôt du traitement dans le but de stabiliser la courbure et de conduire l’adolescent à la maturité pubertaire avec une déformation rachidienne de la plus faible amplitude possible.




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