Addiction au gamma-hydroxy-butyrate / gamma-butyro-lactone

Dépendance au GHB / GBL, Intoxication par la drogue du viol
Fiche MGS
Une Fiche MedG Maladie et Grand Syndrome
Fiche relue par un tiers. Dernière mise à jour le 29 mars 2018.

 Psy
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item
 ECNi 76


Dernières mises à jour
– Mars. 2018 : relecture, publication (Beriel et Thomas)
– Nov. 2017 : création de la fiche (Vincent)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CNUP 2e édition 2016 (référentiel de psychiatrie)
2 : Le dépistage des drogues (Drogue info service, Actualisations Mars 2018)
3 : GHB/GBL – noch die neue Kick (Chambre des médecins de Bade-Wurtemberg – Allemagne, 2015) [en allemand
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement
– C) Prévention

1) Généralité 1

Déf : Tout usage de gamma-hydroxy-butyrate (GHB) / gamma-butyro-lactone (GBL) est  un mésusage. L’addiction au GHB/GBL répond à des critères spécifiques.(Cf. fiche addictions).
Remarque : le GBL est utilisé dans l’industrie et est en vente libre 3

Types et présentations : Ces produits se présentent sous forme de poudre,de capsules ou sous forme liquide. Ils ont parfois un goût salé et savonneux qui disparaît une fois mélangé à une boisson sucrée dans une bouteille en verre.

Physiopathologie 3 : Le GHB est la forme active. Le GBL est une forme inactive hydrolysée par le corps en GHB. Le GHB se lie à des récepteurs spécifiques du système nerveux, avec un effet GABA-agoniste.

Epidémiologie : La prévalence de la consommation de GHB/GBL dans les populations adulte et scolaire est nettement inférieure à celle de l’ecstasy. (Cf. Fiche amphétamines).
Il est surtout consommé lors de soirée ou comme “drogue du viol”. En cas d’addiction, la consommation est pluri-journalière (jusqu’à toute les 2h). 3

2) Diagnostic 1

Le diagnostic d’addiction repose sur les critères spécifiques du CIM10

Clinique Paraclinique
Interrogatoire
Syndrome d’intoxication aigüe
(euphorie, effet aphrodisiaque, ébriété, mydriase)
Syndrome de sevrage
(agitation, hallucination, confusion, tremor)
Test sanguin ou urinaire

A ) Clinique

Comme pour toute addiction, on retrouve :
– des symptômes comportementaux
– une répercussion sociale et/ou médicale
– des symptômes pharmacologiques (sevrage)

  • Signes d’intoxication aigüe

Effet au bout de 15min, durée 3-4h

Signes neuropsychiques :
– Euphorie, désinhibition, relaxation
– Effet aphrodisiaque
– Altération du niveau de conscience, perte de contrôle
– Troubles du cours de la pensée, difficultés d’élocution, incapacité à prendre des décisions
– Amélioration des effets négatives des autres drogues psychostimulantes
– Pas de phénomène de « descente » (si consommé isolément)

Signes physiques :
– Nausées, vomissements
– Sensation ébrieuse
– Hyperthermie
– Si overdose : bradypnée, ataxie, diplopie, mydriase ; coma avec réveil soudain et amnésie rétrograde3

  • Signes d’intoxication chronique

On retrouve les signes relatifs aux complications.

  • Syndrome de sevrage

1-6h après la dernière prise, max. pendant 24h, peut durer 14j

Signes neuropsy :
– Agitation
– Hallucinations surtout auditives et visuelles
– Anxiété, insomnie
– Confusion

Signes physiques :
– Trémor
– Tachycardie, HTA

B ) Paraclinique 2

Le diagnostic d’addiction est clinique.

Une consommation aigüe (+/- récente) peut être détectée par un test sanguin ou urinaire. La détection peut se faire soit de manière qualitative (screening 0), soit de manière quantitative (mesure du taux précis). La durée de positivité dépend du type de consommation et du test, elle est présentée dans le tableau ci-dessous :

test Durée de présence
Sang quelques heures
Urine
quelques heures ( moins de 12 heures)

C ) Diagnostic différentiel 0

Autres addictions. Voir les fiches OD :
syndrome d’intoxication aigüe
syndrome de sevrage

3) Evolution 1

Les complications peuvent survenir dès la 1ère prise, et il n’existe pas de seuil de dose en dessous duquel les risques seraient négligeables

  • Complications non psychiatriques

– AEG : perte d’appétit, amaigrissement, baisse de la libido
– Troubles cardiovasculaires : palpitations, tachycardie
– Troubles neurologiques : trismus, acouphènes, crises convulsives

  • Complications neuropsychiatriques

– Attaques de panique
– Passage à l’acte auto- ou hétéro-agressif
– Trouble psychotique bref
– Trouble dépressif caractérisé
– Troubles cognitifs

4) PEC 1

A ) Bilan

Bilan de la dépendance : histoire, parcours de soins, co-dépendances

Bilan des complications psychiatriques ou non

B ) Traitement

Traitement symptomatique de l’intoxication aigüe (si overdose) 3
– Surveillance en soin intensif
– +/- intubation
– Il n’existe pas d’antidote
– Pas de neuroleptique en aigüe !

Traitement symptomatique du syndrome de sevrage 3
– Benzodiazepine (diazepam 60mg/j)
– +/- Neuroleptique (olanzapine 20mg/j)

Traitement de la dépendance :
– Prise en charge multimodale (TCC)
– Pas de traitement de substitution

C ) Prévention

Elle est identique quelque soit le type de drogue. (Cf. Fiche addiction aux opiacés)




One thought on “Addiction au gamma-hydroxy-butyrate / gamma-butyro-lactone

  1. Pour le sevrage, thérapie systématique ++, risque de délire.
    la dose de diazepam et d’olanzapine donnée ici est la dose max. possible ! En pratique, commencer avec 3x10mg diazepam puis diminution progressive sur plusieurs semaines.
    Possible thérapie de substitution (?)

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