Dermocorticoïde

Pharmaco – Dermato
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item 326


Dernières mises à jour
Avril 2019 : Relecture + mise à jour avec le référentiel des enseignants de dermatologie CEDEF 7è édition 2017 – Mise à jour du tableau des molécules et des facteurs influençant la biodisponibilité ; ajout de quelques indications et effets secondaires ; ajout de l’encadré pour la prescription en pratique – autres petites modifications (Beriel)
février 2013 : création de la fiche (Thomas)

Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CEDEF 7è édition 2017 – item 326 (référentiel des enseignants de dermatologie dernière version)


1) Généralité 1  

Molécule d’anti-inflammatoires stéroïdiens par voie locale (ou dermocorticoïdes systémiques) et leur pouvoir anti-inflammatoire

CLASSE niveau d’activite DCI
IV Très fort Clobétasol propionate
III Fort Bétaméthasone valérate ; Bétaméthasone dipropionate ; Désonide ; Diflucortolone valérianate ; Difluprednate ; Fluticasone propionate ; Hydrocortisone acéponate ; Hydrocortisone butyrate.
 
II  Modérée Bétaméthasone valérate ; Désonide ; Difluprednate ; Fluocortolone ; Triamcinolone acétonide. 
I Faible Hydrocortisone

Effets thérapeutiques :
– effet anti-inflammatoire et vasoconstricteur
– effet antiprolifératif sur les cellules épidermiques
– effet immunosuppresseur local

Biodisponibilité des dermocorticoïdes : varie selon différents paramètres
– forme galénique : pommade > crème > gel
– Association à d’autres molécules (acide salicylique favorise pénétration)
– Occlusion : la mise en place d’un pansement ou d’un film imperméable augmente la durée de contact et l’hydratation de la couche, favorisant ainsi la pénétration
– Age : la pénétration est plus importante chez le nouveau-né (faible épaisseur de la couche cornée)
– Topographie de la lésion : paupière/scrotum > visage > cuir chevelu > avant bras > paume des mains > plante des pieds
– Type de la lésion : une peau altérée facilite la pénétration.

2) Principales caractéristiques 1 

  • Indications

Quelques soit l’indication, il ne s’agit que d’un traitement symptomatique !

Pathologies inflammatoires (action anti-inflammatoire)
– eczémas ( atopique / de contact ; dysidrose)
– lichen plan
– lupus érythémateux chronique
– prurigo et lichénification
– piqure d’insecte 0
– coup de soleil 0

Pathologie proliférative (action anti-proliférative et immuno-suppresseur)
– psoriasis
– cicatrice hypertrophiques et  chéloïdes
– pemphigoïde bulleuse

Autres 
– Vitiligo
– Pelade

  • Contre-indications 0

Absolue
– dermatose infectieuse
– ulcération
– acnée / rosacée
– classe III/IV chez le nourrisson ou sur le visage

  • Effets indésirables

Locaux :
– épiderme fin et fragile
– retard de cicatrisation ; pseudo-cicatrices ; télangiectasies ; purpura ; vergetures (atteintes du derme)
– Dermatites rosacéiformes du visage : acné induite ; aggravation ou induction d’une rosacée.
– Infections cutanées : aggravation d’une infection (herpès etc.) ; surinfection secondaire d’une dermatose etc.
– Oculaires (si application prolongée au niveau des paupières) : cataracte ; glaucome
– Effets hormonaux : Hypertrichose ; Hyperplasie sébacée
– Autres : Hypopigmentation ; Granulome glutéal infantile ; eczéma de contact allergique au dermocorticoïde ou à l’excipient, effet rebond, corticodépendance.

Systémique  0 : en théorie, on retouve les mêmes effets indésirables que les corticoïdes systémiques. Mais les doses ne sont pas souvent assez élevées. Les doses seuils sont (à moduler selon les autres facteurs de biodisponibilités) :
– classe II : 60mg/mois

3) Modalités d’emploi 1 

Bilan pré-thérapeutique : aucun

Choix du topique : il faut choisir (selon diagnostic, âge, topographie)
– la classe
– la galénique
– la posologie (en général 1 application par jour)

A retenir pour la prescription en pratique
1- Spécialité ou DCI (selon la classe d’activité)
2- Galénique
3- Rythme : En général 1application par jour
4- Quantité à prescrire selon la surface (nombre de tubes, unités phalangettes)
5- Durée du traitement
6- Evaluation du nombre de tubes utilisés lors des consultations de suivi.
7- Surveillance en fonction de : durée du traitement (court ou long terme) ; effet thérapeutique attendu ; non-amélioration ; effets secondaires éventuels.

Ulcération et érosion des muqueuses

Dermato
Fiche réalisée selon le plan OD


Dernières mises à jour
Mars 2019 : Relecture et mise à jour avec le CEDEF 7è édition 2017 (Beriel)
octobre 2012 : création de la fiche (Thomas)

Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1 : CEDEF 7è édition 2017  (référentiel des enseignants de dermatologie)
:  Bilan de première intention devant une IST (section MST de la SDF, sept. 2006) [non accessible gratuitement ?]
Sommaire
1) Etiologie
– A) Infectieuse
– B) Non infectieuse
2) Orientation diagnostique
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Synthèse

Urgences
Etiologiques Cliniques
Neutropénie

Déf :
– érosion : perte de substance superficielle, ne laissant pas de cicatrice après la guérison
– ulcération : perte de substance profonde laissant une cicatrice après la guérison.
La différence clinique entre ces 2 entités est difficile et peu utile.

 

1) Etiologie

Toutes les étiologies peuvent atteindre les muqueuses buccales et génitales.

  • Infectieuses
L’érosion porte le nom de chancre. Prédomine à la région génitale.
Etio Clinique P araclinique
Herpès Chancre : érosions arrondies ou ovalaires, multiples, coalescentes, à contours polycycliques, à bords inflammatoires et fond érythémateux ou recouvert d’un enduit blanchâtre/jaunâtre
Autres signes : Syndrome pseudo-grippal, vésicules confluentes, ADP inflammatoire satellite, dysphagie (si buccal)
Diagnostic direct : Culture, PCR, Recherche d’antigènes
Diagnostic indirect : Sérologie
Syphilis primaire (3 semaines après infestation) Chancre : Erosion / ulcération muqueuse unique ou rarement multiple de 5-10 mm de diamètre, à fond propre, rosé, induré. Le chancre est indolore. (aspect atypique fréquent)
Autre : ADP satellite
Sérologie TPHA/VDRL
VIH (primo-infection/affection opportuniste)
Aphtoïde
Autre : fièvre, arthromyalgies, exanthème morbiliforme
 Sérologie VIH
Chancre mou (Haemophilus ducreyi)
Ulcération/érosion  multiples, à fond sale, très douloureux
Présence d’ADP inflammatoires évoluant vers la fistulisation en 8-10 jours
Culture
PCR
Maladie de Nicolas-Favre (Chlamydia trachomatis)
pauci symptomatique
ADP régionale évoluant vers la fistulisation en 8-10 jours
Culture
PCR
Donovanose ( Calymmatobacterium granulomatis )
érosion rouge vif, indolore, surélevée
examen direct (corps de Donovan)

Remarques : autres causes infectieuses non IST = varicelle (érosions arrondies ou ovlaires, bien séparées à pourtour inflammatoire), coxsackie, tuberculose cutanée.

  • Non infectieuses
Prédomine à la région buccale

Etio Clinique Paraclinique
Aphtose idiopathique bénigne petite taille, douloureux, fond jaune
Aphtose complexe ≥ 2 aphtes récidivants
Autres : fonction de l’étiologie sous jacente
Iatrogène Aphtoïde 
Anamnèse ++
Traumatisme local unique, douloureux, contours irréguliers, nécrose jaunâtre
Carcinome baso-cellulaire indurée, indolore, saignant au contact. Durée > 2 semaines !
Autres : ADP régionale tumorale
Ponction biopsie + Anapath
Neutropénie Aphtes
Signes d’aplasie
NFS en urgence
Pemphigus Ulcérations post bulleuses, suintantes et fétides recouvertes de croûtes secondairement 0
Autre : Profonde altération de l’état général
Histologie
Cytodiagnostic de Tzanck 0

N.B:
causes d’aphtose complexe 
– entérocolopathie dont la maladie coeliaque et la maladie de Crohn
– carence en fer, folate ou vitamine B12
– maladie de Behçet
– autres maladies de système  (lichen érosif, érythème polymorphe, LED, Wegener)

causes d’ulcérations traumatiques :
– prothèse inadaptée
– traumatisme dentaire
– contact caustique ou thermique

 

 2) Orientation diagnostique

A) Clinique 1

Eliminer l’urgence (rare) : neutropénie

Anamnèse : recherche des FdR d’IST

Clinique : examen
– de la lésion
– des autres muqueuses
– régional (ADP) et général.

Remarque : principales caractéristiques cliniques des chancres

Etiologie Type de lésions Douleurs Terrain
Herpès Polycyclique +++ +/- antécédents
Syphilis indurée, propre
VIH Aphtoïde  +/-
Chancre mou profond, sale ++ prostitution, homme
Maladie de Nicolas Favre pauci-symptomatique homosexuel
Donovanose rouge vif tropical

B) Paraclinique

Selon la localisation :

Ulcération buccale 1 : prélèvement (avec histo + microbio) ssi
– forme atypique
– FdR d’IST
– lésion supérieure à 2 semaines
(si aphtose complexe, bilan selon suspicion)

Ulcération génitale 2 : bilan systématique sauf récidive d’herpès  

Bilan systématique (ulcération génitale)
Prélèvement avec examen direct au microscope à fond noir et culture Herpès
Sérologie syphilis et VIH
+/- selon contexte : examen direct au GIEMSA et culture/PCR chancre mou et maladie de NF.

        C) Synthèse 0

Psoriasis

Dermato
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 114


Dernières mises à jour
– février 2019 : ajout des données du référentiel COFER concernant le rhumatisme psoriasique (Vincent)
– décembre 2018 : précisions sur la lésion élémentaire (benoid)
– décembre 2017
: relecture avec la 7e édition du réf. de dermatologie. Ajouts concernant la physiopathologie et les FdR, description histologique, partie diagnostics différentiels, bilan et mise à jour des données de traitement (Vincent)
– octobre 2012 : création de la fiche (Thomas)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1ACEDEF 7e édition 2017 – item 109 (référentiel de dermatologie)
1B : COFER 6e édition 2018 – item 109 (référentiel de rhumatologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2015)
2
: [pas de RCP/CC] 
Sommaire
1) Généralités
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
3) Evolution
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement


1) Généralité 1

Déf : dermatose érythémato-squameuse chronique d’étiologie inconnue

Physiopathologie : elle met en jeu une interaction entre
– Un trouble de l’homéostasie épidermique (hyperkératisation ++)
– Des phénomènes vasculaires et immunologiques (inflammation T-médiée avec différentiation en sous-populations lymphocytaires Th1 et Th17)

Epidémio
– 2% de la population
– début vers 15-25 ans, possible dès le petit âge.

 2) Diagnostic 1

Clinique Paraclinique
Lésion typique + topographie ± biopsie

A ) Clinique

  • Terrain
FdR génétiques FdR environnementaux (déclenchants)
Gènes associés au HLA (Cw6)
Immunité innée : IL36RN et CARD14 (voie NF-Κβ) impliqués dans les formes pustuleuses !
Immunité acquise : IL-12b, IL-23R
Infection rhinopharyngée (virale, SGA, VIH)
Traumatismes cutanés (phénomène de Koebner) : griffures, vaccinations, chirurgie, coups de soleil

Stress psychologique (choc émotif, trauma affectif) : rôle possible dans le déclenchement et la survenue de poussées
Médicaments : β-bloquants, rebond à l’arrêt d’une corticothérapie générale, rôle des autres médicaments débattu
  • Forme commune

! Absence d’AEG !

Lésion élémentaire
Papule érythémato-squameuse bien limitée, ovalaire ou polycyclique
– Couche superficielle faite d’épaisses squames blanchâtres
– Prurit inconstant (50% des cas).

Répartition :
– Habituellement symétrique, parfois diffus
– Selon la taille des lésions : psoriasis en gouttes, nummulaire ou en plaques
– Topographie : zones exposées aux frottements = coudes, genoux, région lombo-sacrée

  • Topographie particulière

Cuir chevelu : non alopéciant (sauf engainement des follicules pileux dans les plaques), formant des plaques circonscrites. Souvent occipital (si l’atteinte concerne la lisière antérieure, formation d’une couronne séborrhéique)

Ongles : 2 aspects possibles
– Dépression ponctuée punctiforme (ongle “en dé à coudre”) voire onycholyse (décollement distal, zone proximale de teinte cuivrée)
– Hyperkératose sous-unguéale

Autres localisations rares
– Plis (psoriasis inversé)
– Palmo-plantaire : ± fissures douloureuses
– Gland (seule muqueuse pouvant être atteinte) : lésions non-squameuses
– Visage (sébopsoriasis, rare) : topographie séborrhéique, atteinte de la conque de l’oreille et du CAE possibles). Plus fréquent chez l’enfant.
– Zone du siège : chez l’enfant, forme aiguë en gouttes

  • Formes graves

! Avec AEG ou signes extra-cutanés !

Psoriasis érythrodermique : atteinte > 90% de la surface corporelle. Parfois déclenché par une corticothérapie générale.

Psoriasis pustuleux (aseptique) : localisation palmo-plantaire ou généralisée, début brutal avec AEG et fièvre

Psoriasis arthropatique (ou rhumatisme psoriasique) : touche 25% des patients, sa survenue n’est pas corrélé à la sévérité de l’atteinte cutanée (mais topographie particulière ++).

5 tableaux (souvent intriqués ou successifs) 1B

Atteinte Freq. Description
Arthrite des IPD 10-15% Souvent associée à un psoriasis unguéal
Polyarthrite séronégative 20% Symétrique ou asymétrique, tableau proche de la PR avec atteinte des mains (formes tripolaires d’un ou plusieurs doigts possibles) parfois très destructrices
Mono- ou oligoarthrite asymétrique 15-40% Grosses articulations, orteils, doigts (IPP ou IPD ++), parfois dactylite associant arthrite des IPP et IPD et ténosynovite des fléchisseurs
Spondyloarthrite psoriasique 20% Atteinte axiale (rachialgie inflammatoire ± sacro-ilite) associée dans la moitié des cas à une atteinte périphérique. Association significative à HLA B27
ormes sévères avec arthrites mutilantes des mains et des pieds exceptionnel Ostéolyse des phalanges, créant une rétraction du doigt ou de l’orteil « en lorgnette » 

Autres tableaux rhumatologiques 1B
– Onycho-pachydermo-périostite : cf. partie B) Paraclinique
– Orteil de Bauer : atteinte unguéale de l’orteil + arthrite de l’IPD
– Présentation enthésopathique pure (rare) : épicondylite, tendinite achiléenne, calcanéite

NB : le rhumatisme psoriasique peut se surajouter (75%), survenir de manière synchrone avec les lésions cutanées (10-15%) ou bien après (10-15 %, « rhumatisme psoriasique sans psoriasis »). Dans ce dernier cas, il faut savoir rechercher des ATCD familiaux de psoriasis pour orienter le diagnostic !

B ) Paraclinique

Inutile dans les formes communes !

En cas de doute devant des lésions atypiques, examen anapath sur biopsie cutanée. Les signes histologiques sont :
– Hyperkératose avec parakératose
– Acanthose (épaississement de l’épiderme)
– Micro-abcès à PNN
– Infiltrat inflammatoire de lymphocytes
– Allongement des papilles dermiques et vaisseaux néoformés dilatés

La radiographie 1B peut permettre de démontrer une onycho-pachydermo-périostite, entité radioclinique pathognomonique
– Association psoriasis unguéal + épaississement douloureux des parties molles + ostéopériostite
– Prédomine sur l’hallux, mais peut atteindre les autres orteils

Sémiologie radiographique du rhumatisme psoriasique 1B
– Association de lésions destructrices (érosion marginale à progression centripète, ostéolyse) et reconstructrices (hyperostose, appositions périostées, enthésophytes, ankylose)
– La sémiologie par articulation est détaillée par le COFER, avec de nombreuses ressources picturales

C ) Diagnostic différentiel

> Pour la forme commune
– Pityriasis rosé de Gibert (disposition “en branches de sapin”, disparition spontanée en 6-8 semaines)
Dermatite séborrhéique
– Eczéma chronique
Lymphomes cutanés (biopsie au moindre doûte)

> Pour les autres formes
– Psoriasis  inversé : intertrigos bactériens et mycosiques
– Psoriasis palmoplantaire : eczéma, lichen, dermatophytose
– Psoriasis érythrodermique : autres érythrodermies
– Psoriasis pustuleux généralisé : certaines toxidermies pustuleuses (pustulose exanthématique aiguë généralisée)
– Rhumatisme psoriasique : polyarthrite rhumatoïde (FR, anti-CCP), autres spondylarthrites 1A, 1B, arthrose digitale érosive, goutte dans atteintes des orteils 1B

3) Evolution 1

Histoire naturelle
– Evolution chronique par poussées (surtout l’hiver, avec facteur déclenchant = environnemental) entrecoupées de rémissions sans cicatrices
– Facteurs de gravité : alcool, tabac, VIH
– Facteurs de résistance au traitement : alcool, tabac VIH et surcharge pondérale

Complications
– Surinfection (candidose > bactérienne)
– Eczematisation
– Syndrome métabolique (le psoriasis est un FdR CV 0)
– Handicap social, syndrome dépressif (même en dehors des formes graves), comorbidités addictives

 => Altération variable de la qualité de vie sans diminution de l’espérance de vie en dehors des formes graves  0

4) PEC 1

A ) Bilan

Bilan de gravité : évaluée cliniquement par
– Une surface corporelle atteinte à ≥ 10% (1 paume = 1%) : psoriasis modéré à sévère
– Un score PASI > 10 : psoriasis modéré à sévère
– Un score DLQI > 10 (index de qualité de vie) : psoriasis sévère

Bilan pré-thérapeutique en cas de biothérapie
– Examen clinique complet, état bucco-dentaire
– Vérifier les vaccination (anti-pneumocoque ++)
– Contraception chez la femme en âge de procréer
– Biologie : NFS plaquettes, fonction rénale et hépatique, quantiféron, EPP, dosage pondéral des Ig, bilan lipidique
– Recherche infectieuse : sérologies VIH, VHB et VHC ; dépistage de tuberculose (quantiféron, radio pulmonaire ± TDM)

Remarque : L’infection VIH est responsable de psoriasis en plaques, pustuleux ou érythrodermique

B ) Traitement

Obj : disparition transitoire des lésions (pas de guérison).

Règles hygiéno-diététique :
– Supprimer OH-tabac (facteur de gravité)
– Bains et émollient (assure une bonne hydratation cutanée et décape les lésions)
– ± Soutien psy

Thérapie : dépend des lésions et de la volonté du patient en fonction du retentissement.
– Forme limitée = traitement locaux
– Forme étendue = photothérapie et/ou traitement généraux
– Forme grave = traitement généraux

  • Traitements locaux 

Traitement kératolytique : incorporation d’acide salicylique dans la vaseline (max. 10%, 20% pour les paumes et plantes, CI chez l’enfant). Si lésion très squameuse, avant traitement étio.

Traitement étio : traitements locaux de durée limitée (uniquement lors des poussées), avec contrôle de la quantité utilisée (nombre de tubes). 2 types, pouvant être associés :
– Dermocorticoïde (classe III sauf visage)
– Analogue de la vitamine D

  • Photothérapie

En cas d’échec des traitements locaux ou en 1ere intention dans les formes étendue, bonne efficacité (70%). Souvent 20 séances à raison de 3 par semaine. 2 types :
– PUVAthérapie : photothérapie par UVA précédée d’une prise de psoralène photosensibisant
– Photothérapie UVB à spectre étroit (moins carcinogène)

  • Traitements généraux

Traitement avec nombreux effets indésirables !

1ère intention : acitrétine (rétinoïde), MTX, ciclosporine
Préférer l’acicrétine ou le méthotrexate dans les formes palmoplantaires invalidantes

2e intention : apremilast si CI ou intolérance à la première ligne de traitement

3e intention : Biothérapies (prescription initiale hospitalière) :
– Anti-TNFα : étanercept, infliximab, adalimumab
– Anti IL-12 et IL-23 : ustekinumab
– Anti IL-17 : sécukinumab, ixekizumab

Remarque : pas de corticothérapie générale = risque de psoriasis érythrodermique

  • Cas particulier du rhumatisme psoriasique 1B

> Mesures générales, traitements symptomatiques : cf. Spondylarthrite inflammatoire

> Traitements de fond

Traitements synthétiques conventionnels (csDMARD) – 1ère intention
– Méthotrexate 15-25 mg / semaine efficace sur l’atteinte articulaire (1ère intention si atteinte cutanée associée)
– Léflunomide 20 mg/j, efficace sur l’atteinte articulaire, peu ou pas sur l’atteinte cutanée
– Salazopyrine 2 g/j, pas efficace sur l’atteinte cutanée, rarement utilisée

Traitements synthétiques ciblés (tsDMARD) – ssi échec csDMARD
– Aprémilast : efficace sur les arthrites périphériques et le psoriasis
– Autres (en cours d’évaluation) : inhibiteurs de JAK…

Biothérapies – ssi échec csDMARD
– Anti-TNFα : efficacité nette, ralentit la progression des lésions radiologiques
– Anti IL-17 : efficace sur les atteintes articulaires périphériques + axiales
– Anti IL-12 et IL-23 : efficace sur les atteintes articulaires périphériques
– Autres (en cours d’évaluation) : anti sous-unité p19 de l’IL-23

> Suivi : se rapproche de celui de la polyarthrite rhumatoïde

Scores diagnostiques dans le LES : critères ACR et SLICC

! Fiche non-relue par un tiers !

Médecine interneImmunoDermato
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item ECNi 190


Dernières mises à jour
– Novembre 2018 : mise à jour de la souce Assim, modifications mineures (Vincent)
– Mars 2017 : création de la fiche (Vincent)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : Assim 2e édition 2018 (référentiel d’immunopathologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2010)
1B : COFER 6e édition 2018 (référentiel de rhumatologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2015)
2 : Protocole national de diagnostic et de soins HAS 2017

Des scores diagnostiques, réalisé grâce à des critères cliniques et biologiques, ont été développés par des comités d’experts. Le diagnostic de LES est retenu s’il existe :
– ≥ 4 critères ACR
– ≥ 4 critères SLICC dont au moins 1 clinique et 1 immunologique
– Ou une histologie de glomérulonéphrite lupique avec des AAN ou Ac anti-ADN

Les critères de l’ACR (1997) sont les critères de classification de référence. La présence d’au moins 4 des 11 critères ACR permet d’affirmer le diagnostic de LES avec une sensibilité et une spécificité de 96%, mais ils “ne doivent pas être utilisés dans un but diagnostique à l’échelon individuel” 2. En particulier, ils ne sont pas pertinents pour identifier un LES chez un patient atteint de SAPL.

CritèreS ACR Définition 1A
%age (suivi) 2
Arthrites Mono- ou poly-arthrite avec signes inflammatoires, sans érosion articulaire 84%
Erythème malaire Erythème fixe, plat ou surélevé sur les éminences malaires, tendant à épargner les plis naso-labiaux 58%
Photosensibilité Eruption cutanée inhabituelle secondaire à l’exposition 45%
Sérites Pleurésie ou péricardite documentée 36%
Atteinte rénale Protéinurie persistante > 0.5 g/24h
Présence de cylindres cellulaires
40%
Atteinte neurologique Epilepsie ou psychose 27%
Ulcérations buccales ou nasopharyngées Peu douloureuses 24%
Rash discoïde Association de 3 lésions :
– Erythème aux bords nets et télangiectasies fines
– Squames épaisses « en clou » dans les orifices folliculaires
– Atrophies cicatricielles
10%
Anomalies de la NFS Anémie hémolytique
Leucopénie < 4 G/L (sur 2 prélèvements)
Lymphopénie < 1.5 G/L (sur 2 prélèvements)
Thrombocytopénie < 100 G/L
8%

40% 1B
50% 1B
Anomalies immunologiques Ac anti-ADN natif
Ac anti-Sm
Ac anti-phospholipides
Ac anti-nucléaire à un titre > 160
90% 1B
10%
30% 1B
>80% 1B

Les critères SLICC (2012), validés par la présence de ≥ 4 critères dont au moins 1 clinique et 1 immunologique, ont une sensibilité de 94% et une spécificité de 92%.

Critères SLICC Définition
Critères “cliniques”
Lupus cutané aigu / subaigu Aigu : érythème malaire, lupus bulleux, nécrolyse toxique épidermique, érythème maculo-papuleux ou photosensible (sans dermatomyosite)
Subaigu : lésions psoriasiformes ou polycycliques résolutives sans cicatrice ou avec dépigmentation / télangiectasies
Lupus cutané chronique ≥ 1 parmi :
– Lupus discoïde classique
– Lupus hypertrophique ou verruqueux
– Panniculite lupique ou lupus cutané profundus
– Lupus chronique muqueux
– Lupus timidus
– Lupus engelure
– Forme frontière lupis discoïde / lichen plan
Ulcérations Buccales, ou nasales
Alopécie non-cicatricielle Eclaircissement diffus de la chevelure ou fragilité capillaire avec cheveux cassés (éliminer les différentiels: pelade, mdct, carence martiale…)
Atteinte rhumato Synovite touchant ≥ 2 art.
Ou arthralgies avec dérouillage matinal >30 min touchant ≥ 2 art.
Sérites Pleurésie
– Typique > 24h
– Ou épanchement ou frottement pleural
Péricardite
– Douleur typique > 24h
– Ou épanchement ou frottement péricardique
– Ou signes ECG
Atteinte rénale ProtU > 500 mg/24h
Ou cylindres hématiques
Atteinte neurologique ≥ 1 parmi :
– Convulsions
– Psychose
– Myélite
– Mononévrite multiple
– Neuropathie périph. / atteinte des PC
– Sd confusionnel
Anémie hémolytique
Leucopénie (1 épisode suffit) Leuco < 4 G/L
Ou lympho < 1 G/L
Thrombopénie (1 épisode suffit) Plaquettes < 100 G/L
Critères immunologiques
AAN (norme du laboratoire)
Anti-ADN natif (norme du laboratoire)
Anti-Sm
Anti-phospholipide ≥ 1 parmi :
– Anticoagulant circulant
– Faux + au VDRL
– IgA/G/M anticardiolipine à titre moyen ou fort
– IgA/G/M anti-β2-GP1
Hypocomplémentémie Portant sur le C3, C4 ou CH50
Test de Coombs direct positif (en l’absence d’anémie hémolytique)

Notes 1A
– Ces critères permettent d’homogénéiser les études et les traitements, mais manquent de sensibilité en particulier en début de maladie (“lupus-like”).
– Il faut éliminer les diagnostics différentiels de ces critères (ulcération buccale et aphte par ex.) et les autres étiologies pouvant les provoquer, en particulier médicamenteuses
– Critères cumulatifs = pas nécessairement simultanés

Lupus Erythémateux Systémique (LES)

! Fiche non-relue par un tiers !


Médecine interneImmunoDermato
Fiche réalisée selon un plan MGS modifié
Item ECNi 190


Dernières mises à jour
– Novembre 2018 : mise à jour des sources Assim, COFER et CEDEF. Modifications mineures (Vincent)
– Août 2017 : ajout de la source CUEN, intégration du PNDS 2017, réorganisation importante et création d’une fiche séparée pour les critères ACR et SLICC (Vincent)
– Mars 2017 : création de la fiche (Vincent)
Sources
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : Assim 2e édition 2018 (référentiel d’immunopathologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2010)
1B : COFER 6e édition 2018 (référentiel de rhumatologie – indisponible en ligne, lien vers l’édition 2015)
1C : CEDEF 7e édition 2017 (référentiel de dermatologie)
1D : CUEN 7e édition 2016 (référentiel de néphrologie)
2 : Protocole national de diagnostic et de soins HAS 2017
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Synthèse : critères diagnostiques et formes particulières
3) Evolution
– A) Histoire naturelle / pronostic
– B) Complication
4) PEC
– A) Bilan
– B) Traitement

1) Généralité 1A

Déf : maladie auto-immune systémique liée à des dérèglements pouvant concerner l’ensemble des acteurs du système immunitaire, aboutissant à une réaction dirigée contre des antigènes nucléaires.

Physiopathologie : l’auto-immunité lupique s’explique par des dépôts non-spécifiques de complexes immuns dans les organes prédisposés (rein, peau, articulations), et la formation locale de dépôts d’immuns complexes ciblant des auto-Ag spécifiques d’organes (rein, peau…) 1B

Susceptibilité génétique : formes familiales (10-15%)
– Gènes HLA de classe 2 : DR2 et DR3
– Déficits complets en C1q, C2, complets ou non en C4
– Autres polymorphismes impliqués : FcγRII et FcγRIII, PTPN22, STA4…

Facteurs environnementaux déclenchants / aggravants
– Rayons UVB : manifestations cutanées et systémiques
– Médicaments = lupus induit
– Tabac : inflammation chronique
– Infectieux (discuté) : EBV, CMV, parvovirus B19 1B
– Grossesse

Epidémiologie 2
– Prévalence : 41 cas / 100.000 hab en France, incidence : 3-4 cas / 100.000 hab /an
– Prédominance féminine ++ : sex-ratio = 9, probablement lié à un facteur hormonal
– 2/3 des cas surviennent entre 16 et 55 ans 1A
– Prévalence plus forte aux Antilles (127/100.000 en Martinique 2), plus faible dans les populations noires africaines 1B

Etiologies associées : le LES peut s’accompagner d’autres pathologies
SAPL ++
– Thyroïdites (Hashimito) 2
Maladie de Biermer 1B
– Syndrome de Gougerot-Sjogren et autres connectivites 1C
– Syndrome de Sharp = connectivite mixte 0 : arthromyalgies avec Raynaud et doigts boudinés, et titre de FAN élevé (anti-RNP). Peut rester stable dans le temps ou évoluer vers une connectivite mieux définie.

2) Diagnostic

Le diagnostic de LES impose 4 critères ACR ou SLICC, mais les formes débutantes réunissant moins d’items sont parfois appelées syndromes « lupus-like ». 1A

Clinique + paraclinique 2
≥ 4 critères SLICC dont au moins 1 clinique et 1 immunologique / ≥ 4 critères ACR
Ou une histologie de glomérulonéphrite lupique avec des AAN ou Ac anti-ADN

A ) Clinique 1B

Anamnèse : présentation variée, protéiforme !
– Rechercher des facteurs déclenchants / aggravants
– ATCD personnels et familiaux de lupus érythémateux et/ou de pathologies associées

  • Manifestations articulaires et osseuses (60-90%)

> Atteintes articulaires : souvent migratrices et fugaces
– Polyarthrite non-destructrice touchant surtout les genoux, poignets, doigts dont IPD, monoarthrite rare
– Arthralgies des petites articulations (doigts et poignets)
– Ténosynovite des fléchisseurs des doigts
– Sd de Jaccoud (exceptionnel) : déformation des doigts par subluxation

> Atteintes musculaires
– Myalgies, faiblesse musculaire
– Myosites, atrophie musculaire (rare, souvent associé aux Ac anti-RNP)

> Atteintes osseuses (rares) : ostéonécrose de la tête fémorale / humérale, habituellement induite par la corticothérapie

  • Signes généraux (50-80%)

Fièvre, asthénie et anorexie sont des signes d’évolutivité de la maladie

  • Manifestations dermatologique 1C (60-75% 1B)

> Lésions lupiques spécifiques

Lupus érythémateux aigu : photosensibilité +, évolution en parallèle des poussées
– Erythème en vespertilio (« face de loup ») : touche les joues et le nez, épargne les sillons nasogéniens et les paupières, bordure émiettée
– Erosions muqueuses, essentiellement buccale
– ± forme diffuse morbiliforme, papuleuse, éczématiforme voire bulleuse 0
– ± érythème des mains : face dorsale des zones interarticulaires, parfois pulpite érosive

Lupus érythémateux subaigu : photosensibilité +++, évolution indépendante des poussées
– Lésions érythémateuses, maculeuses ou papuleuses
– Evolution : lésions annulaires polycycliques à bords émiettés, ou papulosquameuses d’aspect psoriasiforme, avec dépigmentation séquellaire définitive
– En particulier en présence d’Ac anti-SSA

Lupus érythémateux discoïde = chronique : photosensibilité ±
– Prédomine au visage, autres atteintes possibles (oreilles, cuir chevelu – alopécie, dos des mains et du tronc)
– Association de 3 lésions élémentaires : érythème bien délimité avec télangiectasies ; squames folliculaires “en clou” (hyperkératose), atrophie cicatricielle
– Souvent isolé (atteintes viscérales rares)

Autres atteintes spécifiques (chroniques)
– Lupus timidus : lésions érythémateuses ± infiltrées, papuleuses ou nodulaires non squameuses du visage
– Panniculite lupique : nodules évoluant vers une atrophie cicatricielle « en coup de hache » sur les faces externes des bras et des cuisses
– Lupus à type d’engelures des extrémités
– Lupus verruqueux

> Lésions vasculaires

– Phénomène de Raynaud
– Livedo : diffus, à mailles non-fermées, localisé ou suspendu sur les membres/tronc
– Autres: purpura, vascularite urticarienne, ulcères, télangiectasies périunguéales, hémorragies sous-unguéales en flammèche…

> Autre : alopécie inconstante et réversible (non-cicatricielle) lors des poussées

  • Atteintes pleuro-pulmonaires (15-40%)

Pleurésie séro-fibrineuse à liquide exsudatif
Douleur thoracique, toux, dyspnée
Atteinte interstitielle (rare)

  • Autres signes cliniques

Manifestations rénales (30-50%) : cf. paraclinique et complications

Manifestations cardiovasculaires : cf. complications

Manifestations neuropsychiatriques (20-50%) : cf. complications

Adénopathies non-douloureuses (50%)
Splénomégalie pendant les poussées
Atteinte digestive: HMG, péritonite, rarement hépatite auto-immune ou lupoïde
Atteinte ophtalmo: rétinite (5-20%), atteinte des nerfs oculomoteurs ou du nerf optique

B ) Paraclinique

  • Biologie 1B

Au moment du diagnostic, le bilan s’attache à rechercher les critères ACR et SLICC

> Auto-anticorps : voir aussi item 188 (maladies auto-immunes)

Groupe Anticorps Caractéristiques Fréquence
Anti-nucléaires (AAN) Aspécifique, bonne VPN si titre < 1/160 99%
Anti-ADN Anti-ADN natif Spécifique, taux corrélé aux rechutes, formes sévères et rénales 90%
Anti-histones Lupus induit ++ 50-60%
Anti-ENA (Ag nucléaires solubles) Anti-Sm Spécifique, non-corrélé aux rechutes 10%
Anti-RNP Associé aux myosites et phénom. de Raynaud 30%
Anti-SSA/Ro Lupus néonatal et cutané subaigu 50%
Anti-SSB/La Lupus néonatal
PNCA 0 Spécifique 5% 0
Anti-phospholipides Cf. fiche dédiée
Facteur rhumatoïde IgM Cf. polyarthrite rhumatoïde 20%

> Hypocomplémentémie : C3, C4, CH50

> Atteinte hématologique : hémogramme (cytopénies), haptoglobine, test de Coombs

> Atteinte rénale
– Créatininémie, protéinurie des 24h et sédiment urinaire (protéinurie > 0.5 g/24h, syndrome néphrotique impur) 1D
– Plus fréquente en population pédiatrique et adulte non-caucasienne 1B

> Autres

– VS élevée (80-100% lors des poussées), “dissociée” de la CRP qui s’élève rarement
– Hypergammaglobulinémie polyclonale à l’EPP
– Cytolyse hépatique (60%)

  • Aspects histologiques 1C, 1D

> Biopsie de lésion cutanée 1C (ssi lésions atypiques 1B)

Histologie : hyperkératose, atrophie épidermique, dermite de l’interface (nécrose des kératinocytes basaux), oedème et infiltrat lymphoïde péri-vasculaire et péri-annexiel (formes discoïdes ++)

Immunofluorescence directe : « bande lupique »
– Dépôts granuleux d’Ig (type G, A ou M) et/ou de complément (C1q, C3) à la jonction dermoépidermique
– 90 % des lupus aigus et chroniques, 60 % des formes subaiguës
– Leur présence en peau saine est un argument fort pour une forme systémique

> Ponction biopsie rénale (PBR) 1D : il existe 6 classes dans la description histologique de la glomérulopathie lupique (OMS).

Classe Description Pronostic Fréquence
I Rein normal, dépôts immuns dans le mésangium  

 

excellent

<2%
II GN mésangiale : hypercellularité + dépôts immuns dans le mésangium 15%
III GN proliférative focale (<50% des glom.) :
Prolifération endo ± extra-capillaire ; dépôts immuns mésangiaux ET sous-endothéliaux
Active et/ou chronique
 

 

réservé si forme active

30%
IV GN proliférative diffuse (idem mais >50% des glom.) 50%
V Glomérulonéphrite extra-membraneuse (± prolif. mésangiale), dépôts granuleux extra-membraneux  

bon en l’absence de SN

10%
VI Forme sclérosée diffuse: >90% de glom. sclérosés mauvais <5%

C ) Synthèse : critères diagnostiques et formes particulières

Des scores diagnostiques, réalisé grâce à des critères cliniques et biologiques, ont été développés par des comités d’experts. Le diagnostic de LES est retenu s’il existe 2, 3 :
– ≥ 4 critères SLICC dont au moins 1 clinique et 1 immunologique
– Ou une histologie de glomérulonéphrite lupique avec des AAN ou Ac anti-ADN

  • Formes particulières 1B

> Lupus médicamenteux

L’atteinte est généralement peu sévère, forme cutanée et articulaire ± sérites et signes généraux, le rein est rarement touché. Ces formes de lupus régressent le plus souvent à l’arrêt du médicament inducteur.

Les Ac anti-ADN natifs sont absents ou présents à titre faible +++, mais on retrouve fréquemment des Ac anti-histones

Lupus médicamenteux : > 80 médicaments identifiés, dans 10 classes thérapeutiques
– Antiarythmiques : quinine, quinidine, procaïnamide
– Antihypertenseurs : diltiazem, méthildopa, β-bloquants, énalapril…
– Psychotropes : chlorpromazine, clobazam, lithium
– Antithyroïdiens : propylthiouracile (PTU)
– Anticonvulsivants : phénytoïne, carbamazépine…
– Antibiotiques : minocycline, anti-tuberculeux, autres…
– Anti-inflammatoires / immunomodulateurs : anti-TNFα, interférons-α, pénicillamine…
– Diurétiques : hydrochlorothiazide
– Divers : simvastatine, L-Dopa…

> Lupus durant la grossesse

Les risque maternofoetaux sont nombreux, les poussées évolutives lupiques sont plus fréquentes et les complications obstétricales surtout liées à un SAPL (thrombose chez la mère, prématurité, RCIU, mort néonatale). Le lupus ne contre-indique pas en soi la grossesse, mais des complications graves, une poussée lupique dans les 6 derniers mois devront faire retarder le projet de grossesse.

> Lupus néonatal

Observé lorsque la mère est porteuse d’anticorps anti-Ro/SSA et/ou La/SSB (rarement anti-RNP), le lupus néonatal disparaît dans les premiers mois de vie mais est parfois responsable de formes graves
– Formes cutanées
– Anémie hémolytique, thrombopénie, HMG / SMG
– Bloc de conduction : souvent à 18-24 semaines de gestation (surveillance échographique rapprochée)

3) Evolution 1B

A) Histoire naturelle / pronostic

Evolution : capricieuse, par poussées entrecoupées de rémissions, 90 % de survie à 5 ans

Facteurs de mauvais pronostic 1A
– Atteinte rénale : 20-30% des néphropathies lupiques évoluent vers l’insuffisance rénale chronique dans un délai de 5-10 ans, en particulier si lésions de classe III ou IV à la PBR
Atteinte du SNC en particulier épilepsie et AVC massifs
– Thrombopénie < 60 G/L
– HTA et ses complications vasculaires
– Syndrome des anti-phospholipides associé
– Mauvaise réponse aux traitements

B) Complications

> Complications rénales : 30-50% des cas, favorisées par les Ac anti-ADN-natif avec souvent hypocomplémentémie de consommation.

Insuffisance rénale chronique
Néphropathie glomérulaire rapidement progressive
Forme chronique évoluant par poussées

> Complications cardio-vasculaires

Péricardites (fréquentes et récidivantes)
Thromboses artérielle ou veineuses : cf. syndrome des anti-phospholipides
Athéromatose accélérée
Vascularite lupique (digestive, rétinienne…)
Endocardite subaiguë (de Libmann-Sacks) : prolapsus de valve mitrale ++ avec épaississement et végétations
Myocardite : troubles de conduction AV, tachycardie sinusale, cardiomégalie et insuffisance cardiaque

> Complications neuropsychiatriques

L’ACR propose une liste de 19 atteintes neurologiques au cours du lupus, parmi lesquelles figurent :
– Pathologie cérébro-vasculaire
– Méningite lymphocytaire aseptique
– Atteinte démyélinisante
– Céphalées
– Dysautonomie
– Myélite, mono- ou poly-névrite, mouvements anormaux type chorée
– Etat dépressif, psychose, confusion aiguë…

4) PEC

A ) Bilan 2

Suivi initial clinique et biologique tous les 3-6 mois ou plus rapproché (mensuel au cours d’une grossesse, d’une forme évolutive), auquel s’ajoutent d’éventuelles autres explorations.

Bilan de suivi systématique d’un LES
NFS, VS, CRP, créatinine
Transaminases, PAL
Ac anti-ADN natif
C3, C4
BU ± bilan rénal si point d’appel : Protéinurie des 24h, sédiment, albuminémie ; PBR si anomalie
Bilan lipidique et glycémie 1 fois par an

Les Ac anti-nucléaires sont bien corrélés au diagnostic mais pas à l’évolution, contrairement aux Ac anti-ADN natif.

B ) Traitement

A l’image de la maladie, le traitement est polymorphe ++, prise en charge multidisciplinaire

  • Mesures générales 1A, 1B

Eviction des facteurs déclenchants (photoprotection, sevrage tabagique…)
Traitement des symptômes et des complications
Prévention de l’athéromatose et des complications liées aux traitements ++

Contraception
– Pas de CI à la contraception oestro-progestative hors poussée et hors SAPL 1A
– Utilisation prudente des oestrogènes (pas de toxicité démontrée mais sur-risque notamment si SAPL), préférer les progestatifs 1B

Vaccination : anti-pneumocoque, anti-HPV chez la femme (si non-réalisée) ± grippe si immunosuppresseurs 2

  • Traitements médicamenteux 2

Le traitement de fond repose sur les antimalariques en 1ère intention, et/ou les corticoïdes s’ils ont été introduits lors d’une poussée (hors AMM). Les principales thérapeutiques du lupus comportent également des AINS notamment pour les formes articulaires / péricarditiques, et des immunosuppresseurs.

Antimalariques de synthèse (chloroquine CQ, hydroxychroloquine HCQ)
– Traitement de fond
– Mécanisme d’action inconnu 1A
– Examen ophtalmo impératif avant de débuter le traitement !

Immunosuppresseurs : formes viscérales graves ou épargne cortisonique
– Cyclophosphamide en perfusions mensuelle (6-12 mois) associées à la corticothérapie (induction)
– Autres : azathioprine, méthotrexate, mycophénolate mofétil (MMF), ciclosporine

  • PEC en pratique 1B

Formes mineures notamment cutanéo-articulaires
– Traitement de fond par AINS, CQ ou HCQ
– ± Corticothérapie faible dose, méthotrexate
– Bélimumab dans les formes réfractaires corticorésistantes ou -dépendantes

Formes pleuro-péricardiques : corticothérapie dose intermédiaire ± colchicine, parfois immunosuppresseurs à visée d’épargne cortisonique

Formes graves (atteinte rénale grave, neuro, cardio, hémato) : prednisone 1-2 mg/kg/j + immunosuppresseurs (parfois IgIV dans les thrombopénies sévères)

Lupus discoïde 2 : corticoïdes locaux, tacrolimus en 2e intention (hors AMM)

Grossesse : on peut continuer à utiliser les corticoïdes, l’HCQ et l’azathioprine

  • PEC de la glomérulonéphrite lupique 1D

Selon les résultats de la PBR

Situation PEC
Classe I et II Abstention thérapeutique
Classe III ou IV active Induction : cortico haute dose + cyclophosphamide (AAM 2) ou MMF (hors AMM 2)
Entretien : MMF ou azathioprine + hydroxychloroquine ± cortico faible dose
Classe V avec sd néphrotique Cortico + (cyclophosphamide / azathioprine / MMF / ciclosporine)
Classe VI Préparation à la dialyse / transplantation

Toxidermie

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Dermato
Fiche réalisée sans plan prédéfini
Item ECNi 322


Dernières mises à jour
– Octobre 2018 : création de la fiche (Vincent)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CEDEF 7e édition 2017 – item 322 (référentiel de dermatologie)
Sommaire
1) Etiologie
2) Diagnostic d’imputabilité
3) 2 classes particulières
– A) Réactions inflammatoires cutanées secondaires aux anti-TNFα
– B) Anti-cancéreux

!! URGENCES !!

Urgence
Angio-oedème histaminique / anaphylaxie
Hypersensibilités retardées graves

Déf : les toxidermies sont un ensemble d’effets cutanés secondaires des médicaments administrés par voie interne, à dose thérapeutique.

Epidémio
– Effets indésirables médicamenteux les plus fréquents : 1-3 % des utilisateurs d’usage courant, 10 % des patients hospitalisés
– 90 % bénignes, 1 cas mettant en jeu le pronostic vital sur 10.000 à 1M d’habitants
– Les plus fréquentes sont les toxidermies érythémateuses (40-60%) et les urticaires (20-30%)

1) Etiologie 1A

Tout médicament peut être responsable d’une toxidermie, ne pas considérer uniquement le « coupable idéal » !

  • Hypersensibilités immédiates
Etiologie Mdct Délai imput. Clinique / Paraclinique
Urticaire Part causes médicamenteuses : < 10 %
Pénicillines, PdC iodés
Minutes, heures Papules prurigineuses mobiles et fugaces ± arthralgie associée (maladie sérique = post-vaccin ou sérum, ou pseudo-maladie sérique post-ATB)
Risque d’anaphylaxie si nouvelle prise
Angio-oedème histaminique (oedème de Quincke) Part causes médicamenteuses : < 30 %
Curarisants, AINS, sérums et vaccins
Minutes Tuméfaction ferme et douloureuse prédominant au visage et au larynx 0, ± signes d’anaphylaxie 1A
Angio-oedème bradykinique Part causes médicamenteuses : ?
IEC, gliptines 1A, ARA2, AINS, aliskiren MG
(IEC même pris depuis > 1 an, déclenchement sur trauma MG) Oedème persistant souvent > 24h, douleurs abdo, diarrhée
Angio-oedème aux AINS (leucotriènes) AINS
  • Hypersensibilités retardées

> Graves

Etiologie Mdct Délai imput. Clinique / Paraclinique
Pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) Part causes médicamenteuses : 70-90 %
Aminopénicillines, pristinamycine, quinolones, sulfamides, diltiazem, terbinafîne, hydroxychloroquine
1-4 jours Erythème scarlatiniforme fébrile puis nombreuses petites pustules superficielles
Hyperleucocytose à PNN
Syndrome DRESS Part causes médicamenteuses : 70-90 %
Anticomitiaux, sulfamides, minocycline, allopurinol
2-8 semaines Erythème étendu avec infiltration du visage et des extrémités avec prurit, fièvre, polyADP, atteintes viscérales (hépatite, néphro-, pneumopathie, myocardite, SAM…)
Hyperéosinophilie > 1500 mm³ et/ou lymphocytose avec sd mononucléosique
Nécrolyse épidermique toxique (sd de Lyell ou Stevens-Johnson) Part causes médicamenteuses : 70-90 %
Sulfamides antibactériens, anticomitiaux, AINS (oxicams), allopurinol, nevirapine
7-21 jours Signes aspécifiques puis érosions muqueuses multifocales et bulles cutanées avec décollement < 10 % (Stevens-Johnson) ou > 30 % de la surface cutanée (Lyell), fièvre et AEG
Leucopénie, signes de défaillance multi-viscérale

> Non-graves

Etiologie Mdct Délai imput. Clinique / paraclinique
Toxidermie érythémateuse (ou exanthème maculo-papuleux) Part causes médicamenteuses :
– Enfant : 10-20 %
– Adulte : 50-70 %
Aminopénicillines, β-lactamines, sulfamides antibactériens, antituberculeux, anticomitiaux
4-14 jours après le début du ttt (classique : J8-J9) Lésions polymorphes touchant initialement le tronc ou la racine des membres, prurit fréquent
± Fièvre, signes de gravité
Hyperéosinophilie modérée
Photo-toxicité Part causes médicamenteuses : ?
Cyclines, quinolones, phénothiazines, amiodarone, méladinine
Qq heures après exposition solaire dès les 1ères prises Erythème actinique intense avec pseudo-porphyrie (bulles des mains ou jambes), onycholyse (décollement distal douloureux de la tablette des ongles)
Photo-allergie Part causes médicamenteuses : ?
Phénothiazines, sulfamides, AINS
7-21j Lésions d’eczéma débutant aux zones photo-exposées mais pouvant s’étendre aux zones couvertes, pouvant persister malgré arrêt du ttt (exceptionnel)
Erythème pigmenté fixe Part causes médicamenteuses : proche de 100 %
Paracétamol, AINS
< 48h 1 à 10 macules érythémateuses arrondies de qq cm, douloureuses et infiltrées touchant surtout les organes génitaux ou les lèvres ± évolution en plaques, en bulles
Disparition en qq jours ± tâches pigmentées brûnes ou ardoisées séquellaires

2) Notion d’imputabilité 1A

La recherche étiologique repose sur un faisceau d’arguments, mais aucun n’a une valeur absolue. Pour déterminer le rôle potentiel d’un médicament, on établit le score d’imputabilité qui repose sur l’imputabilité extrinsèque et intrinsèque.

> Imputabilité intrinsèque

Chronologie
– Délais évocateurs (cf. partie 1)
– Evolution : amélioration à l’arrêt / aggravation à la poursuite
– Réintroduction (à éviter!!) : une récidive rend l’imputabilité très vraisemblable

Sémiologie : clinique caractéristique ou non

Facteurs favorisants
– Mono-nucléose infectieuse : exanthème à l’ampicilline (réintroduction possible après l’infection)
– VIH : toxidermies bénignes ou graves
– Réactivation de virus herpétique : syndrome DRESS
– Immunosuppression
– Facteurs génétiques : HLA B*5701 et DRESS à l’abacavir

NB : l’atopie n’est pas un FdR de toxidermie.

Elimination des autres causes : nécessitant un traitement spécifique, ou investigations exhaustives exceptionnellement

Tests : prick-tests pour les hypersensibilités immédiates à la pénicilline ou aux curarisants

> Imputabilité extrinsèque (arguments probabilistes)

La connaissance des médicaments inducteurs fréquents d’un type donné de toxidermie est un argument fort de la démarche d’imputabilité chez un patient prenant plusieurs médicaments.

3) Traitement symptomatique 1A

A) Réactions inflammatoires cutanées secondaires aux anti-TNFα

> Hypersensibilité aiguë : réactions anaphylactoïdes

Elles sont transitoires, d’intensité modérée (prurit, urticaire), et peuvent apparaître dès la 1ère perfusion. C’est une indication à réduire le débit de perfusion si prise IV.

> Réactions inflammatoires retardées

Manifestation cutanée Description
Réactions au point d’injection Délai : qq heures
Placards inflammatoires prurigineux, douloureux, durant 2-3j, tendance à l’amélioration spontanée
Réactions psoriasiformes (5-10%) Délai : très variable
Dermatose érythémato-squameuse nécessitant des soins locaux (dermocortico ± vitD), parfois (< 10%) l’arrêt de la biothérapie
Réactions eczématiformes Délai : variable
Soins locaux (dermocortico) suffisants dans la majorité des cas
Lupus (dermatose d’interface) Délai : variable
Terrain : femme (80%), PR
Apparition d’AAN, atteintes cutanées et articulaires
Sarcoïdose (dermatose granulomateuse) Rare
Vascularites Terrain : femme (80%), PR
Atteinte cutanée souvent isolée, parfois rénale

B) Anti-cancéreux

On distingue 3 mécanismes

> Toxidermie immuno-allergique

Il s’agit des réactions d’hypersensibilité communes à tous les médicaments. Ces réactions sont imprébisibles, non-dose dépendantes, et imposent l’arrêt du médicament.

> Cytotoxicité des anti-mitotiques (alkylants, sels de platine, inhibiteurs de la topoisomérase…)

Il s’agit de réactions aspécifiques prévisibles et dose-dépendantes, par action des antimitotiques sur les tissus à renouvellement rapide (cutanéo-muqueux, digestif, médullaire). L’arrêt du médicament est discuté selon le grade de toxicité.

> Toxicité spécifique des thérapies ciblées

Toxicité cutanée Clinique Traitement Thérapies en cause
Eruption acnéiforme Papules et pustules inflammatoires des zones séborrhéiques, douleur, prurit ATB (cyclines)
Corticoïdes locaux
(+++) Anti-EGFR
(++) Anti-MEK
(+) Inhib. MTOR, inhib. cMET
Syndrome mains-pieds Hyperkératose palmo-plantaire, douloureuse et inflammatoire Corticoïdes locaux
Émollients, kératolytiques
Antalgiques
Prise en charge podologique
(+++) Anti-angioMS*
(++) Inhib. BRAF, inhib. cMET
Paronychies Inflammation péri-inguéale Prévention des traumatismes
Corticoïdes locaux
Orthèses, chirurgie
(++) Anti-EGFR, anti-MEK
(+) Inhibiteur mTOR
Xérose, fissures Sécheresse cutanée, fissures digitales Émollients (++) Anti-EGFR, anti-MEK
Modifications pigmentaires Hypopigmentation cutanée, des cheveux et des poils Aucun (++) Anti-angioMS*, inhib. CKIT, inhib. cMET
Système pileux Alopécie, modifications des cheveux et poils Abstention ou prothèse capillaire (++) Anti-EGFR, anti-MEK, inhib. CKIT, inhib. BRAF
(±) Anti-angioMS*
Photosensibilité Erythème, oedème des zones photo-exposées Photoprotection (prévention) (+++) Inhib. BRAF, inhib. cMET
Oedèmes périphériques Oedèmes péri-orbitaire et des membres inférieurs Contention veineuse ± diurétiques (++) Anti-MEK, anti-angioMS*, inhib. cKIT
(+) Inhib. mTOR
Toxicité endobuccale Ulcérations buccales (« aphtes ») Corticoïdes locaux, antalgiques (+++) Inhib. mTOR
(++) Anti-angioMS*
(+) Anti-EGFR, anti-MEK

* Anti-angioMS = anti-angiogéniques multi-cible (sunitinib, sorafenib)

Toxidermie érythémateuse

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Item ECNi 322


Dernières mises à jour
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1A : CEDEF 7e édition 2017 – item 322 (référentiel de dermatologie)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 1A

Déf : la toxidermie érythémateuse (ou exanthème maculo-papuleux) est un exanthème d’origine médicamenteuse, faisant donc partie des toxidermies.

Médicaments en cause
– Aminopénicillines
– β-lactamines
– Sulfamides antibactériens
-Antituberculeux
– Anticomitiaux

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Exanthème à 4-14 jours du début du ttt, lésions polymorphes touchant initialement le tronc ou la racine des membres, prurit fréquent
± Fièvre, signes de gravité
NFS (± éosinophilie)

A ) Clinique

Anamnèse : début 4-14j après le début du traitement (classique « érythème du 9e jour), atteinte initiale du tronc et de la racine des membres

Lésions dermatologiques : polymorphisme chez un même malade +++
– Macules isolées, avec intervalle de peau saine (éruption morbiliforme)
– Lésions en nappes confluentes (éruption scarlatiniforme)
– Papules / plaques oedémateuses ± avec disposition arciforme
– Purpura pétéchial, majoritairement déclive, en particulier si érythème intense
– Pas d’énanthème habituellement (mais lésions érythémateuses ± squameuses ou fissurées possibles au versant semi-muqueux des lèvres = chéilite)

± Signes associés : prurit fréquent, fièvre modérée ou absente, signes de gravité

B ) Paraclinique

NFS : ± éosinophilie modérée < 1000 / mm³

± Biopsie cutanée (peu spécifique) : nécroses kératinocytaires, infiltrat inflammatoire souvent discret pouvant comporter des éosinophiles

C ) Diagnostic différentiel

Le tableau est celui d’un exanthème, qui peut être d’origine infectieuse notamment chez l’enfant (70-80 % des cas).

Les arguments en faveur d’une origine infectieuse sont : le contage, le syndrome infectieux, la présence d’un énanthème, et le caractère monomorphe de l’exanthème.

3) Evolution 1A

L’évolution est généralement favorable en 7-10j après l’arrêt du médicament incriminé. Une fine désquamation est souvent observée en fin d’évolution.

Les signes de gravité doivent systématiquement être recherchés
– Exanthème généralisé, scarlatiniforme, extension très rapide
– Lésions infiltrées, en particulier au visage
– Fièvre élevée
– Poly-adénopathie
– Douleurs cutanées ou muqueuses intenses
– Signe de Nicolsky
– Purpura infiltré ou nécrose, peau grisâtre (souffrance épidermique)
– Atteinte hépatique ou rénale (biologie)

4) PEC 1A

Bilan : bilan hépatique et rénal

PEC
– Hospitalisation en cas de signe de gravité
– Arrêt du médicament incriminé

Pustolose exanthématique aiguë généralisée (PEAG)

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Dermato
Fiche réalisée selon le plan MGS
Item ECNi 322


Dernières mises à jour
– Octobre 2018 : création de la fiche (Vincent)
Sources
MG : Informations issues d’une autre fiche MedG, traitant spécifiquement du sujet
0 : source isolée (prof en cours, site web) ou non identifiable
1A : CEDEF 7e édition 2017 – item 322 (référentiel de dermatologie)
Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 1A

Déf : la PEAG une pustulose d’origine médicamenteuse, faisant donc partie des toxidermies.

Médicaments en cause
– Aminopénicillines
– Pristinamycine
– Quinolones
– Sulfamides
– Diltiazem
– Terbinafine
– Hydroxychloroquine

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Erythème scarlatiniforme fébrile débutant à 1-4j du début d’un traitement, puis nombreuses petites pustules superficielles NFS : hyperleucocytose à PNN

A ) Clinique

Anamnèse : début 1-4j après le début du traitement avec fièvre

Lésions dermatologiques
– Erythème en nappe, scarlatiniforme, prédominant dans les glands plis
– Puis apparition (qq heures) de nombreuses pustules superficielles de petite taille (< 2 mm), à contenu lactescent
– Par endroits, la confluence des pustules peut entraîner un détachement partiel de la partie sous-cornée de l’épiderme
– Atteinte muqueuse inconstante

B ) Paraclinique

NFS : hyperleucocytose à PNN parfois importante

Biopsie cutanée : accumulation de PNN dans la partie superficielle du derme, réalisant des pustules sous-cornées, amicrobiennes

C ) Diagnostic différentiel

La PEAG est souvent prise à tort pour une infection (exanthème fébrile).

Le différentiel avec un psoriasis pustuleux généralisé est difficile
– Début moins brutal
– Evolution plus prolongée
– ATCD de psoriasis
– L’histologie permet rarement de trancher entre ces 2 affections

3) Evolution 1A

Régression rapide à l’arrêt du médicament, les pustules disparaissent en quelques jours avec une désquamation diffuse. La mortalité atteint 2-5 %.

4) PEC 1A

Hospitalisation en urgence
Arrêt du médicament incriminé

Syndrome DRESS

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Sommaire
1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 1A

Déf : le syndrome DRESS (Drug Reaction with Eosinophilia and Systemic Symptoms) est une affection dermatologique d’origine médicamenteuse, faisant donc partie des toxidermies.

Epidémio : les sujets à peau noire semblent avoir un risque accru

Médicaments en cause
– Anticomitiaux
– Sulfamides
– Minocycline
– Allopurinol
– Abacavir (si HLA B*5701, à rechercher avant prescription)

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Erythème étendu avec infiltration du visage et des extrémités débutant à 2-8 semaine du début d’un traitement, avec prurit, fièvre, polyADP, atteintes viscérales (hépatite, néphro-, pneumopathie, myocardite, SAM…) NFS : hyperéosinophilie > 1500 mm³ et/ou lymphocytose avec sd mononucléosique

A ) Clinique

Anamnèse : début 2-8 semaines après le début du traitement

Lésions dermatologiques
– Erythème étendu, jusqu’à l’érythrodermie
– Lésions infiltrées avec oedème du visage et des extrémités (caractéristique ++)

Signes associés
– Prurit sévère
– Fièvre élevé, ADP diffuses
– Atteintes viscérales : hépatite, néphropathie interstitielle, pneumopathie interstitielle, myocardite, syndrome d’activation macrophagique…

B ) Paraclinique

NFS
– Eosinophilie souvent > 1500 / mm³, parfois retardée
– Et/ou lymphocytose avec syndrome mononucléosique

Sérologie : réactivations de virus du groupe herpès (HHV6 ++, HHV7, EBV, CMV)

C ) Diagnostic différentiel

Autres érythrodermies : psoriasis, eczéma, lymphomes T…

Syndromes hyperéosinophiliques primitifs ou secondaires (début moins aigu habituellement)

3) Evolution 1A

La régression est lente, l’éruption cutanée peut durer plusieurs semaines avec d’éventuelles poussées cutanées et/ou viscérales à distance (semaines, mois), souvent associées à des réactivations virales. La mortalité atteint 5-10 %.

4) PEC 1A

Bilan initial
– NFS, bilan hépatique, bilan rénal
– ± Autres selon les signes d’appel cliniques

PEC
– Hospitalisation en urgence
– Arrêt du médicament incriminé

Nécrolyse épidermique toxique – Syndromes de Stevens-Johnson et Lyell

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1) Généralité
2) Diagnostic
– A) Clinique
– B) Paraclinique
– C) Diagnostics différentiels
3) Evolution
4) PEC

1) Généralité 1A

Déf : les syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson font partie des nécrolyses épidermiques toxiques (NET, toxidermies bulleuses), ces 2 syndromes forment un continuum et sont distingués par la surface d’épiderme nécrosé. Ce sont les formes les plus graves de toxidermie.

Médicaments en cause : les mêmes médicaments sont responsables de tous les grades de sévérité
– Sulfamides antibactériens
– Anticomitiaux (carbamazépine, lamotrigine, phénobarbital, phénytoïne 0)
– AINS (oxicams)
– Allopurinol
– Nevirapine

2) Diagnostic 1A

Clinique Paraclinique
Signes aspécifiques débutant 7-21j après le début d’un traitement puis érosions muqueuses multifocales et bulles cutanées avec décollement < 10 % (Stevens-Johnson) ou > 30 % de la surface cutanée (Lyell), fièvre et AEG NFS : leucopénie
Signes de défaillance multi-viscérale

A ) Clinique

Anamnèse : début 7-21j après le début du traitement avec fièvre, brûlures oculaires, pharyngite, éruption érythémateuse douloureuse et non-prurigineuse

Phase d’état : tableau caractéristique après quelques heures / jours
– Erosions muqueuses multifocales et bulles cutanées
– Signe de Nikolsky à rechercher en zone « saine »
– Stevens-Johnson : bulles et vésicules disséminées de petite taille, décollement par confluence < 10 % de la surface corporelle
– Lyell : vastes lambeaux d’épiderme décollé (derme suintant) ou décollable (« linge mouillé »), décollement > 30 % de la surface corporelle

Signes associés
– Fièvre, AEG
– Atteintes viscérales : polypnée avec hypoxémie par nécrose de l’épithélium bronchique

B ) Paraclinique

Biologie sanguine
– Leucopénie
– Signes de défaillance multi-viscérale
– Troubles hydro-électrolytiques (déperditions cutanées)

Biopsie cutanée : épiderme nécrosé sur toute son épaisseur, se détachant d’un derme peu modifié (discret infiltrat lymphocytaire). IFD négative.

C ) Diagnostic différentiel

Erythème polymorphe majeur à distinguer du syndrome de Stevens-Johnson
– Terrain : herpès récurrent (50-60%), pneumopathie à M. Pneumoniae
– Eruption typique en cocarde à centre vésiculo-bulleux, lésions souvent monomorphes
– Distribution acrale souvent symétrique
– Erosions muqueuses fréquentes (définissant le caractère majeur de l’érythème polymorphe)
– Récidives fréquentes

Différentiels du syndrome de Lyell (autres dermatoses bulleuses) : épidermolyse staphylococcique, DBAI, brûlures corporelles

3) Evolution 1A

La ré-épidermisation survient en 10-30j, avec des séquelles fréquentes : troubles de pigmentation, cicatrices muqueuses (synéchies oculaires ++).

4) PEC 1A

Hospitalisation en urgence
Arrêt du médicament incriminé